Je t'écris sur nos chemins d'exil.
De nuit comme de jour, nous marchons dans l'espoir de réussir à fuir nos périls. Je pose un pied devant l'autre sans plus y réfléchir, et dans cette vie que je n'ai pas choisi, c'est comme si tout devenait automatique.
Je me demande pourquoi nous n'avons pas le choix. Je me demande si toi, partisan du on n'a toujours le choix, pourrait le comprendre. La mort n'est un choix pas plus qu'elle n'est une solution. Mourir c'est s'échouer sur une plage après avoir ramé des heures. C'est baisser les bras avant que l'espoir lui-même ne cesse. Peut-être qu'accepter l'idée de la mort, c'est l'être déjà un peu.
T'es tu déjà posé ces questions, toi, dans ton appartement d'occident. As-tu déjà un jour imaginé les tirs de roquettes, constamment. Les bombes qui explosent chaque seconde un peu plus près de chez toi. As-tu déjà ressenti l'injustice comme je peux la ressentir. Je ne l'espère pas. Ou peut-être que si.
Ce n'est qu'une courte pause dans notre long périple d'apatrides, certains boivent, d'autres dorment, les rares mères chuchotent des mots doux à l'oreille de leurs enfants, et moi j'écris.
Je t'écris nos souffrances, notre quotidien actuel et celui passé. Je t'écris nos bonheurs et nos malheurs. Mais avant tout, je t'écris nos vies. Ces vies qui tentent de se maintenir sous la chaleur et la soif, sous la faim et le désespoir. Nous qui ne voulions rien d'autre que se lever le matin et observer l'ascension du soleil sur les collines désertiques de nos villes.
J'essaie comme je peux de voir au bout du tunnel, il n'est pas éternel. Enfin, je l'espère.
Des gens tombent à chaque instant, la plupart se relève, je vis avec la peur de rester écroulée.
Que se passera-t-il à l'arrivée ?
Ne nous oublie pas.
Rasha.
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Un pas après l'autre
Short StoryLongtemps, Rasha a erré sur Terre la tête dans les nuages, insouciante. Jusqu'à ce printemps, jusqu'à ce que tout explose, que sa bulle éclate et que le monde s'écrase sur ses épaules minces. Longtemps, Rasha a espéré que tout s'apaise et que la pai...
