Prologue

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Il devait être dix-huit heures quand un bruit de serrure se fit entendre au niveau de la porte d'entrée d'une grande maison. À peine la porte fut elle refermée, qu'un sac atterrit à même le sol dans l'entrée du salon. Après cela, seuls les pas d'une personne pressée retentirent. Une jeune femme courrait dans le couloir, ses longs cheveux noirs et bouclés s'agitaient, alors quelle continuait sa course dans les escaliers. Une fois à l'intérieur d'une chambre qui semblait être la sienne, elle ferma la porte et n'hésita pas à se laisser lourdement tomber sur le lit qui trônait au centre de la pièce. Après quelques instants, alors que le silence se faisait un peu plus dérangeant à chaque instant, un sanglot résonna, puis un autre et se furent bientôt des pleurs interminables qui se firent entendre. Cette scène, elle se répétait tous les jours, elle en devenait même banale. Depuis plusieurs mois, en rentrant du lycée, elle pleurait. Certes ce n'était pas sa faute, mais elle ne faisait rien pour arranger les choses. Ses yeux marrons remplis de larmes et rougis par les pleurs refusaient de lui faire voir la réalité en face, ce n'était pas de sa faute. Léna n'était pas le genre de fille qui confient leurs secrets ou qui demandent de l'aide. Pour elle, réclamer de l'aide serait une preuve de faiblesse, et elle se trouvait déjà bien assez faible ainsi. En entendant une voiture dans l'allée du jardin, elle se redressa et essuya ses yeux ainsi que ses pommettes pour cacher la preuve de sa tristesse. Une fois assise en tailleur, elle tendit le bras pour attraper son ordinateur. A peine avait il finit de s'allumer qu'une petite tête brune se fit entrevoir par la porte.

"Je peux entrer?"

La jeune femme releva la tete et sourit doucement.

"Oui Louis, entre"

Le plus jeune vint alors se blottir contre sa sœur aînée. En le voyant agir ainsi, la plus agée sentis son cœur se serrer, ampli d'un sentiment de soulagement et de tristesse. C'est alors quelle se laissa emporter par ses pensées. Son Louis, son petit frère, son unique raison de sourire, elle savait qu'il lui sauvait la vie, car apres tout, c'était pour lui qu'elle s'accrochait a celle-ci. Ils avaient toujours été tres proches l'un de l'autre, jusqu’à ce que cette histoire commence, depuis, elle semblait le fuir un peu. Ce n'était pas le seul dont elle se détachait, que ce soit dans sa famille ou dans ses amis d'enfance, il arrivait bien souvent qu'elle coupe les ponts sans donner de raison valable. Pourtant, le pourquoi de cet éloignement existait bel et bien et cela faisait de sa vie un enfer. Tout avait commencé à son entrée au lycée. Au départ ce n'étaient que des regards insistants, qui se transformèrent en remarques désobligeantes. C'était une bande de filles,  elles étaient neuf au total, taille mannequins, cheveux blonds, lisses, elles étaient tout le contraire de Léna.  Celle-ci semblait se moquer de leurs commentaires, après tout, elle n'était pas si grosse que ça. À son entrée en terminale, Lena eut la fâcheuse surprise de se retrouver en classe avec ces neuf filles. Suite à des commérages, des rumeurs, il ne fallut que deux mois pour que la classe entière se retourne contre elle. Commença alors sa descente aux enfers. Une photo d'elle prise dans les vestiaires, des surnoms affreux, des rumeurs qui courent, des insultes, parfois quelques gifles ou des coups de pieds. Elle ne savait plus comment arrêter tout ça, c'était devenu bien trop important.

"Tu sais, si tu as besoin de parler tu peux me dire ce qui va pas Lena… Je sais que quelque chose te travaille et j'arrive pourtant pas a savoir ce que c'est…"

La voix de son jeune frère la fit sortir de ses pensées. Elle lui sourit et passa une main dans ses cheveux pour les ébouriffer.

"T'inquiète pas! Tu verras quand t'auras 17 ans, les cours, les devoirs les disputes entre amis, je suis juste un peu sur la lune mais t'en fais pas ça va aller"

Au fur et a mesure qu'elle parlait, elle vit la moue inquiète de Louis se transformer en un sourire, ce qui la rassura. Il hocha la tete et finit par quitter la pièce. Léna fut soulagée, elle commença par consulter les messages qu'elle avait reçu dans la journée. Une paire de messages anonymes, son cœur se serra. Après de longues minutes d'hésitation, elle finit par ouvrir le premier, elle savait déjà ce qu'elle allait trouver a l'intérieur. Comme toujours, de la haine concentrée en quelques phrases. Sentant un frisson d'effroi lui parcourir le dos et une pression s'exercer au plus profond de son cœur, elle le supprima. Ne sachant que faire avec le deuxième message, elle décida de le laisser pour plus tard. Si jamais quelqu'un venait a lui demander à quel moment elle avait laissé tomber, elle aurait surement répondu que tout s'était effondré à la minute où elle avait croisé leurs regards, mais c'était faux. Elle avait décidé d'abandonner le jour où, elle seule,  s'était dit que finalement, elle était peut être aussi grosse que ce que disaient les autres.

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