- Prologue -

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7 heures du matin. Mon alarme sonna, je pris mon portable et descendit du lit. Je ne mangea rien. J'allais directement me laver et j'enfilai un sweat noir à capuche, un jean gris et des Vans noires sans vraiment y prêter attention. Je me regarda un instant dans le miroir de la salle de bains. Mon teint était blanchâtre, mes yeux clairs étaient dénués de profondeur et retombaient sur d'énormes cernes. Aucune émotion ne jaillissait de mon visage, je ne sais d'ailleurs pourquoi je me regardais dans ce miroir aujourd'hui même. Après m'être regardée pendant cette fraction de minute qui m'avait semblé être une éternité, je descendis les marches et entra dans la cuisine et, sans vraiment réfléchir,  je pris deux ou trois couteaux et une boîte de médicaments pour le cœur qui appartenait à ma mère. J'enfouis tout cela au fond de mon sac Eastpak noir parmi mes affaires et je sortis de chez moi pour me rendre au lycée.Pendant le trajet, j'écoutais de la musique sans toujours penser ni m'inquiéter de quoi que ce soit.

J'arrivai devant la grille et franchissait le seuil de ce sinistre établissement sous des sifflements et des hurlements insultants que je considérais comme des encouragements pour mon plan. J'esquissai un sourire en passant devant ces bêtes qui continuaient d'hurler à toute haleine. Je traversa le couloir sans prêter attention à toutes ces personnes ni les regarder. Je ne pensais toujours à rien.

Aujourd'hui, mon esprit était vide. Je m'apprêtais à sortir du couloir lorsqu'une main avec un poignet ornée d'une montre Daniel Wellington et d'énormes bracelets me prit par le col de mon pull et me plaqua avec haine contre le mur d'un couloir isolé, où personne ne put nous repérer. Je reconnu Lucy Rons, accompagnée de Kate et de Milady, ses deux moutons. Oui, je vois Kate et Millady comme les deux moutons ou bien même comme les toutous de Lucy, on ne va pas se le nier, celles-ci passent leur temps à la suivre sans vraiment se faire leur propre avis des choses. Lucy commença à m'assaillir de divers coups, que ce soit de poings, de pieds, de crachas, et j'en passe... Kate et Milady filmaient tout ce que Lucy me faisait en éclatant de rire à n'en pas finir. Comme à mon habitude je subissais les coups sans agir, je ne pensais toujours à rien. Mon regard vide contemplait le plafond sans vraiment s'occuper de ces filles. J'entendis contre ma volonté Lucy me balancer à la figure : « Alors, Luna, on ne se défends toujours pas ?! Tu me fais bien pitié à ne jamais agir, à te laisser faire telle une marionnette ! Mais bordel ! Tu vas arrêter de te soumettre un jour ?! Bon, je pense que non ! Tu es de la pire espèce, Luna, tu es un déchet, voilà tout, et ces déchets méritent de vivre au déclin de la société, d'être mise à l'écart du monde ! Ils ne méritent aucune attention de la part d'autrui, ni de briller parmi les moutons! ». Dès lors qu'elle eût terminé de me cracher tout ce qu'elle avait sur le cœur, j'eus envie de lui dire que « briller » en société ou bien être aimée par tout le monde ne me faisait maintenant ni chaud ni froid. J'eus aussi envie d'éclater de rire. Normalement, une fille dans un cas comme le mien aurait envie d'hurler de rage, d'éclater en sanglots, de se sentir au plus mal de son existence mais non. Je dois avouer que je me sentais plutôt bien. C'est Lucy et ses amies qui attisaient ma pitié. Elles pensaient que j'étais toujours la même personne que celle que j'étais auparavant. Eh bien non. J'ai peut-être été leur souffre-douleur pendant un bout de temps, mais aujourd'hui, c'est moi qui vais m'amuser ! J'éclatai de rire sans réussir à me retenir en pensant à tout cela. Lucy me frappa encore plus fort en me disant sur un ton enragé pourquoi je riais, que je devais pleurer, et tatati et tatata.

Sous les coups je réussi à courir vers les deux portes aux extrémités du couloir et à les verrouiller. « Ce n'est que le début... » chuchotais-je. Lucy et ses toutous se mirent à me courir après en me disant de ne pas fuir sans comprendre que je les avais enfermées. Je réussi par la suite à ouvrir mon sac et à prendre les couteaux de justesse avant qu'elles ne me rattrapent. Lucy, Kate et Milady s'arrêta net en voyant mes couteaux et me regardaient avec de grand yeux écarquillés. Je couru vers ces filles et les assaillirent de coups de couteaux principalement dans le crâne, dans le cœur, dans les yeux ou bien dans la gorge. «Arrête Luna, tu es devenue folle!! », « Ne fais pas ça, on s'excuse!! », « Je ne t'imaginais pas capable de faire ça ! » hurlaient-elles en recevant mes coups. Je continua encore et encore de donner des coups sans m'arrêter pour être sûre qu'elles meurent.Pendant de nombreuses minutes, celles-ci gueulaient comme pas possible pendant que je continuais mon acte, sans penser à la gravité de mes mouvements, sans non plus avoir pitié d'elles, sans pleurer.

Au bout de ces quelques minutes, le calme fut revenu,j'étais restée assise par terre, devant leurs corps. Je les épiais. J'avais tué des trois filles. Mon regard était toujours aussi neutre. Elles étaient toutes les trois à terre, leur teint changea, leur expression aussi. « Tu vois, Lucy, je suis passé à l'acte,moi aussi. Je me suis défendue, et pour de bon. » Ai-je chuchoté en regardant Lucy. Des regrets ? Je n'en avais pas. La police, la prison ? Cela m'était complètement égal. J'entendis des pas s'approcher de ce couloir, des personnes avaient sûrement entendu les cris. Je cessa de regarder Lucy et me tourna d'un bond vers mon sac. Je le pris et sorti vite la boîte de médicaments pour le cœur. Je versa tous les médicaments dans la paume de ma main et l'orienta sur ma bouche pour tout avaler. « Mon projet fut un succès, j'ai réussi à les tuer ! Je rêvais tellement de les tuer depuis tout ce temps ! Tout a été réfléchi, tout finit bien ! Ahhhh..Ahhahahahahh !! » m'écriais-je en riant d'une voix très haute et émue. J'étais tellement contente que ça se soit déroulé comme je l'avais prévu ! C'est sur ces pensées que le tournis prit le dessus. Je n'arrivais plus à respirer, à tenir debout, plus rien.Je tomba à terre, à côté des trois cadavres sans réussir à me relever. Ce fut la fin, je sentis mon âme quitter mon corps, je perdis connaissance, je quitta ce monde qui n'avait guère envie de moi. Enfin... Je mourus.

DécadenceWo Geschichten leben. Entdecke jetzt