CHAPITRE. I

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Elle.


On m'appelle « La bourge »

Ce surnom me décrit parfaitement : vêtements chics, grande maison, majordomes, langage correct et j'en passe. La fille à papa et à maman qui était remplit de tunes.

Mais ça n'a pas toujours été comme ça, pendant mon enfance, quand mon géniteur était encore là, on vivait comme des gens normaux, dans une petite maison. Mon père se fichait d'être pauvre ou riche, la normalité lui plaisait bien, il travaillait comme un fou pour que moi et ma mère ne manquions de rien.

D'ailleurs, en parlant de ma mère, je me suis posé souvent cette question : « Qu'est-ce que mon père fichait avec ce genre de femme ? »
Il était complètement son opposé. Elle ne pensait qu'à l'argent. C'est sûrement une des raisons qui a fait qu'elle s'est mariée avec Marc, mon beau-père aujourd'hui. Pendant le mariage, ma mère nous avait confié qu'il lui avait tapé en plein dans le cœur. Mensonge, moi je dirais plutôt dans le porte-monnaie.

Ma place n'était pas à leurs côtés. Cette famille superficielle pleine aux as, je n'en veux pas.

Je me trouve à ma dernière année de lycée, ce qui veut dire que bientôt je pourrais partir, m'éloigner de tout.


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7H48


Je ne me suis pas réveillé de la façon la plus délicate à cause d'une assiette brisée et quelques cris qui ont contrarié mon sommeil. J'ai pu distinguer la voix de ma mère qui s'adressait aux employés. C'était une habitude le matin, je m'y suis donc habituée.

Je me lève difficilement de mon lit, j'ai horreur de me lever tôt. Je me faufile dans le cabinet de douche et laisse couler l'eau froide sur la totalité de mon corps une fois sec, je me prépare comme chaque matin et descends les 4 étages qui séparaient ma chambre et la cuisine. Le matin, j'étais souvent seul, ma mère travaillait déjà, Marc également, il était toujours pris à cause de son travail, je le voyais que très peu.

Une fois ma brioche engloutit et un verre de jus d'orange, je me dirige vers la grande porte d'entrée, pris mon sac et chaussa mes DocMartens blanches. À peine la porte ouverte, le vent frais de la saison venait m'agresser. C'était le début de l'automne et il faisait déjà très froid dehors. Je voyais déjà les écharpes autours du cou des autres lycéens qui passaient.

« Mademoiselle Éléna ! »

Arrivé au portail, j'entends quelqu'un m'appeler de derrière, c'était Louis, un des majordomes qui avait pour devoir de m'accompagner et de veiller sur moi. Il était collant et je n'avais pas besoin de lui, j'ai des jambes et je sais m'en servir. Je continue donc mon chemin en accélérant le pas sans prêter attention à ce qu'il pouvait dire.

Après plusieurs minutes à marcher, aucun signe du lycée. Je baisse ma tête pour voir l'heure de mon téléphone et remarque que j'avais pris le mauvais côté. 5 minutes partie plus tôt, pour être 5 minutes en retard, génial.

Je m'apprête à faire demi-tour quand ma tête rencontre un torse, ce qui me fait tomber sur les fesses. À peine les yeux relevés vers l'inconnu, je sens son regard me transpercer, des iris d'un vert profond sont plongés dans le bleu de mes yeux.


Son regard me décrit, regarde mon corps de haut en bas et s'arrête au niveau de ma poitrine qui lui provoque un petit rire. Je n'ai peut-être pas des formes généreuses, mais ma poitrine n'est pas inexistante non plus.


- Je peux savoir pourquoi est-ce que tu ris ?

Il me reluqua à nouveau, ce qui commença à m'énerver.

- La politesse tu connais ?  Ma voix devenait plus forte et plus énervée.

- Tu viens de me foncer dedans et c'est moi qui manque de politesse ? Finit-il par dire avec un sourire en coin.

- Es-ce une raison pour se foutre de moi ?

Il me regarde d'un air amusé, je vois ses pupilles se balader une nouvelle fois sur mon corps, ce qui me gêne. Sans m'attarder, je le bouscule pour passer et lui lance un regard mauvais, quel pervers.
J'avais 20 minutes de retard. Si ce crétin ne m'avait pas foncé dedans, j'aurais pu éviter le billet de retard. Heureusement que j'étais une bonne élève et bien vue par les professeurs, sinon ça m'aurait coûtée une bonne heure de colle.
Le favoritisme.

Une fois arrivé en classe, je m'assois à ma place habituelle, au fond prêt de la vitre. Je n'avais pas d'amis et je n'en avais pas besoin, je savais très bien qu'ils voulaient faire ami-ami juste pour l'argent. Cette première heure de cours était terriblement longue malgré mon retard. Mes pensées étaient souvent perturbées par le pervers de ce matin, j'espère ne pas le recroiser de si tôt.

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⏰ Última actualización: Aug 24, 2016 ⏰

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