_ Benni, fais de la place à ton frère.
Marie écarte, elle tâte entre les fruits les légumes la tête ronde et plate de ses bébés, ses glaces.
_ Mais Maman
L'aîné râle : a laccueil froid.
Se bouge le cul s'enclave, au fond du monde, au fond du bac, pour que Baptiste ait son espace. Ait ses regards, ses yeux de mère. Sa part de larmes.
Les frères le soir s'endorment, blottis bloc à bloc claqués muets. Murés sous la lueur grinçante du plafonnier. Sont réchauffés les gelés, cajolés : de pardons.
_ Maman vous a aimés, les garçons.
Elle remonte l'éventreuse au salon, et pleure ou ne pleure pas. Cela dépend des soirs.
Son autel à la cave,
les loups à sa porte.
Les vendredis les samedis les dimanches il y a Louie. Son enfant vivant. Elle s'en occupe, lui joue la mère lui joue la femme. Elle joue elle joue,
lui ne sait pas.
Il erre, cherche ses bras.
Marie c'est une maman de la semaine. Ce sont les lundis les mardis qu'elle se sent le plus à l'aise, les mercredis les jeudis qu'elle sait mieux faire. Et qu'elle caresse oui ses bébés le jour des heures, entre les viandes ; les desserts.
Les week-ends, elle elle s'égare. Heurte son fils dans les couloirs.
Elle brasse et coule,
tente de l'aimer.
_ Mon père, Marie, dit que tu bois.
_ Mon père, Marie, dit qu'il t'aima.
_ Puis, que tu as tué son fils
_ Puis, que tu as tué mon frère.
_ Dis Marie, mon frère : tu l'as tué ?
_ Oui.
J'ai lâché ça comme ça. Comme une vérité.
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BéB
Short StoryÀ la Une, une manchette : "La maman qui congelait ses bébés condamnée à 23 années de réclusion criminelles" Une mère jugée pour deux infanticides. Dix ans après une première condamnation pour les mêmes faits. Ça intriguerait n'importe qui. "Parfoi...
