"J'aimeras tellement être elles."
Voila ce que je me suis dit quand j'ai ouvert l'application Instagram sur mon téléphone et que j'ai tapé "Thinspiration". Qu'est-ce qu'une Thinspiration me direz-vous? C'est la chose la plus conne qui n'a jamais été inventé : des photos, de filles minces, belles, parfaites, utilisées pour que nous nous en inspirions et pour que nous pleurions devant nos cuisses pleines, notre petit ventre rond et nos bras potelés. Utile n'est-ce pas?
Alors, voilà, j'avais trouvé un nouveau but dans ma vie, moi qui n'en avais pas tellement : j'allais devenir comme cette photo. Mais comment faire? C'est simple, quelques photos plus bas, et je trouvais des conseils en image pour manger sains et me muscler.
J'ai donc pris un carnet, et j'ai écris :
"Jour 1: 15 abdos, 20 squats. Jour 2 : 25 abdos, 40 squats..." Et ainsi de suite jusqu'à arriver à un programme de 30 jours. Il n'y avais pas que le sport évidement, j'ai du rectifier un peu mon alimentation : plus de pain, fromage, sucre, chocolat, gâteau, matière grasse..." Et encore, je n'avais pas encore enlevé grand chose comparé à ce qui va suivre.
Et puis j'ai sué, j'ai commencé à avoir faim, tout le temps, et j'adorais cette sensation. J'aimais voir mon entourage manger des choses grasses et bourrées de sucre pendant que moi je me régalais d'une pomme. La petite voix commençait à faire sa place dans ma tête, doucement, surement...
"Ne mange pas ça, c'est trop gras" "NON, pas ceci, tu vas tout prendre dans le gras du ventre"
Sont ensuite entrées dans ma vie les calories, merveilleuses choses. Grâce à une superbe application et à une balance j'allais pouvoir mesurer, calculer et contrôler chacun de mes repas, super! Bien sur, je ne laissais plus ma mère, ni mon père rentrer dans la cuisine, j'étais devenu intransigeante et tyrannique.
Je ne voyais meme pas que je fondais, petit à petit. Ca à commencé au niveau des fesses, moi qui avait un joli derrière d'italienne, je me retrouvais plate comme une limante. Mais qu'importe, j'étais prête à sacrifier mon fessier pour un ventre plus plat et des abdominaux en béton.
Bien sur, l'eau ne coulais pas tranquillement, évidement qu'il y avait des écarts inévitables, ce qui, je ne le savais pas encore, s'appel Boulimie. Et dans ces moments, c'étais la guerre civile, moi contre un autre moi même, la fameuse petite voix.
"Espèce de grosse vache! Quelle conne tu es! Putain t'es capable de rien hein? Tu sais rien faire d'autre que t'empiffrer et ça se voit! Regarde moi ton vieux ventre, on dirais qu'il va exploser tellement il est remplit de cette infâme nourriture! T'as intérêt à rattraper tout ça sinon tu vas finir grosse moche, mal foutue, personne ne va vouloir de toi et tu finiras seule, à jamais"
Alors non, je ne me faisais pas vomir, pas encore, à la place, je courrais. Je courrais jusqu'à tomber par terre et jusqu'à ce que le nombre de calories dépensées frôle les records.
Et puis, le mois de challenge finis, je n'aie bien sur pas arrêté, j'ai recommencé, mois sur mois, challenge sur challenge, toujours plus intensifs, plus restrictifs, plus inhumains.
ŞİMDİ OKUDUĞUN
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Kurgu Olmayanl'histoire de mon plongeon dans l'anorexie mais pas que, l'histoire de mon combat, et de ma victoire
