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Prologue.

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Immobile, les yeux livides, je regardais le torrent de pluie s'abattre sur le bitume noir et poussiéreux de ce qui servait de rue pour les usagers chanceux de posséder une bagnole.

- Ah que je les envie, ces fumiers. Pensais-je tout en regardant la longue trainée de pluie se diriger à la vitesse d'un pilote de Formule 1 vers l'égout, situé face à mes deux pieds placés de façon symétrique.

Je pensais à chacune des molécules composant ce liquide. J'esquissais un sourire lorsque mon esprit vint à comparer cela à des millions de spermatozoïdes se bousculant pour rejoindre l'ovule.

- Pff. Ricanais-je avec un sourire en coin, se dessinant sur mon visage. N'importe quoi, moi. Ajoutais-je en portant ma main droite à mes cheveux comme pour me masser le crâne.

Quoiqu'il soit, le brassage de l'eau venait de libérer certaines gouttes, bien dégueulasses au fur et à mesure de leur traversée sur le goudron qui venaient se projeter sur mes pompes.

- Putain ! Grognais-je tout en me reculant du caniveau.

Voilà donc à quoi se résumait ma vie : vivre dehors en évitant de me salir avec la pluie.

- Chouette. Ironisais-je intérieurement.

- Hm. Je manque à mes devoirs de bon citoyen. Laissez-moi me présenter. Je m'appelle Hadan, ça se prononce ADANE et j'ai la vingtaine. Je n'ai toujours pas d'emploi et je vis comme je le peux. Un ami a eu la gentillesse de m'héberger un moment... Trois jours pour être exact. Ce qui ne m'a même pas laissé le temps de chercher un travail. A qui la faute en même temps ? C'est moi qui ai décidé de me prendre en main. Enfin... Non. Pas exactement... Disons que j'ai arrêté mes études à l'âge de 16 ans et mes parents ne supportaient plus de me voir glander sur le canapé devant la console à bouffer des chips. Natures, soit dit en passant. Ce sont mes préférées. Enfin bref. Je dis bien qu'il "a eu" la gentillesse de m'héberger étant donné que sa pétasse de copine s'est pointée le troisième jour alors qu'elle l'avait largué comme une merde. Je vous laisse imaginer la suite. Monsieur a préféré la reprendre et me jeter dehors comme une sous-merde. Bon. Certes. J'exagère un peu. Il ne m'a pas flanqué à la porte comme un chien. Disons que j'avais bien vu qu'à l'arrivée de sa blondasse, il y avait une personne de trop dans l'appartement et ce n'était pas elle... Je l'ai surtout bien saisi quand il s'est mis à me regarder en tenant sa copine comme si nous avions passé un contrat qui stipulait que quand elle se pointerait de nouveau, je devais disparaître en un claquement de doigts. Sous ces airs de gentil garçon, je voyais bien qu'il voulait que je dégage au plus vite. A croire qu'elle allait nous prendre pour deux gays et que cela l'effrayait. Quand je pense que c'était mon meilleur ami. Bah putain ! Mon cul, ouais ! Un moins que rien ! Une merde ambulante ! Une bonne grosse merdasse de malade !

- Enfin bref. Soupirais-je. Maintenant que je suis à la rue, je n'ai pas d'autre choix que de vivre comme un clochard en attendant de trouver un travail et un petit studio. Finalement, je vais finir par me démener comme mes parents avaient toujours voulu que je le fasse. Quand j'y repense, il aurait pu me donner un peu d'argent, ne serait-ce que pour m'acheter de quoi manger. J'ai l'impression d'être parti comme un voleur ou plutôt d'avoir été chassé comme un voleur ! Heureusement qu'elle ne s'était pas pointée quand je coulais un bronze. C'est tout juste si j'avais dû sortir avec ma merde au cul, ici. Cette pensée, autant qu'elle me rendait nerveux, me faisait également rire. Tout cela était l'imagination plutôt what the fuck de mon esprit et j'en étais stupéfait.

La pluie continuait de tomber davantage.

- 21 heures passées. Soupirais-je. Mine de rien, cela m'emplissait d'un sentiment d'abandon. Comment peut-on laisser son meilleur ami, seul, sous la pluie à une heure pareille, en plus ?! Il doit avoir un cœur de pierre. Non. Il ne doit pas avoir de cœur tout court. Ou bien, n'est-il tout simplement pas humain. C'est peut-être un martien, qui sait ? Commençais-je à délirer.

La liste meurtrière. [Non terminée - Correction prochaine].Stories to obsess over. Discover now