Chapitre 1:

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« Esther Lebriant ! »

La voix haut-perchée de ma prof de maths, me réveilla brutalement.Comme d'habitude je m'étais assoupie durant cette heure calvaire de mon emploi du temps. Madame Raflon dont l'énorme visage rougissait,s'apprêtait à me réprimander quand la sonnerie retentit. Je me dépêchais de sortir pour échapper aux griffes du gros chat enragé et retrouver mes deux meilleurs amis : Hannah et Ange.

J'aperçus au bout du couloir la silhouette imposante de Ange et les longs cheveux roux d'Hannah. Je courais vers eux, lorsque je percutai quelqu'un. Je n'eus pas besoin de me relever la tête pour savoir qui se dressait devant moi. Sa chemise blanche impeccablement repassée, son parfum enchanteur et son cahier rouge ne le trahissait jamais : Marx Voliakov, le plus illustre personnage du lycée.Toutes les filles succombaient à son charme, tous les garçons l'enviaient et pour cause : ses yeux d'un bleu intense qui nous déstabilisent en un seul regard, sa parfaite dentition digne d'un prince charmant, sa peau rosée, ses cheveux de jais toujours décoiffés , et son accent russe le rendaient irrésistible. Je me sentis rougir, des frissons parcouraient mon corps, je dois avouer qu'il ne me laissait pas indifférente. Je m'excusais en bafouillant,puis je partis voir mes amis qui regardaient la scène.

« Salut !S'écria Ange. Un large sourire était imprimé sur son visage à la peau basanée, ses yeux noisettes tombant légèrement contrastaient avec son expression enjouée, il me dominait de toute sa hauteur. Il n'était pas un joueur de basket pour rien ! Il s'apprêtait à rajouter quelque chose lorsqu'il fut coupé par Hannah.

-T'as vu comment il te regardait ! » S'exclama Hannah, ses yeux verts émeraudes brillants d'excitation, je ne pus me retenir de sourire, mon amie m'exaspérait. Pourquoi un gars comme lui s'intéresserait il à une fille comme moi ? Je ne suis pas si banale que ça et ce n'est pas mes cheveux gris dû à une dépigmentation précoce qui diraient le contraire. Mais au lycée j'étais transparente le genre de fille que personne ne remarque sauf peut-être à cause de la couleur de sa chevelure et à son style décalé. Ce jour-là, mes cheveux étaient détachés, ils m'arrivaient aux épaules,une mèche rebelle tombait sur mes yeux bleu-nuit. Mes joues étaient rougies par le courant d'air créé par la porte restée ouverte et mes lèvres étaient légèrement rosies par le beurre de karité que je venais d'appliquer. Je portais un short en jean délavé rappé au niveau de ma cuisse droite, un t-shirt blanc ayant appartenu à mon frère Nathan et par dessus un gilet rouge au motif ethnique trop grand pour moi. J'achetais mes vêtements dans la boutique en face de chez moi,les habits étaient rarement à ma taille ce qui expliquait mon style vestimentaire négligé, au grand désespoir d'Hannah . Cette dernière, pouvait passer des heures entières au centre commercial de la ville. Je m'apprêtais à riposter quand une voix m'interpella.

« Esther !Son accent soviétique me fit frémir.

-Oui ?Demandais je d'une petite voix quasi inaudible. Il était à présent en face de moi, lui aussi me dominait de toute sa hauteur .Comment connaissait il mon prénom ? Tous les scénarios possibles et inimaginables se bousculaient dans ma tête. Mon pouls accélèrait de plus en plus vite. Comme si il lisait dans mes pensées, il répondit :

-Je connais très bien Nathan, il m'a déjà parlé de toi et puis ton prénom est marqué sur le cahier que tu as laissé tombé en me bousculant !

Qu'est ce que j'étais bête , je ne croyais quand même pas, qu'il m'observait en cachette et qu'il se décidait enfin à venir me parler . A cette pensée, je sentis le rouge me monter au joue.

-Merci...Bafouillais-je,en prenant mon cahier de maths. Je suis désolée pour tout à l'heure.

-Ce n'est pas grave,je n'ai rien de cassé et toi non plus, c'est le principal. Répondit-il, un sourire en coin, puis il se gratta la nuque signe de gêne chez lui. Et, je voulais te demander, si, tu pouvais m'aider pour le devoir de madame Raflon.

-Bien sur ! Répliquais-je sans réfléchir, j'étais vraiment idiote,je venais d'accepter d'aider Marx à faire un devoir que moi-même je ne comprenais pas, je décidais donc de me rattraper.

-Par contre, je ne suis pas une perle en maths ! Me rattrapais-je

-Ce n'est pas grave, à deux on réussira et puis je dois passer voir ton frère donc je ne ferais pas la route pour rien. » Me répondit-il avec un sourire malicieux. Je soupirais, ce garçon ne s'intéressait à moi que parce qu'il connaissait mon frère et qu'il espérait améliorer ses notes. De rage, je le laissais s'éloigner.Alors que je m'apprêtais à le suivre ,puisque nous partagions les mêmes cours, Jacques, le surveillant, m'interpella.

« Esther,suis moi tes parents t'attendent dehors !

-Ah bon ? Pourquoi ?

Jacques fronça les sourcils, ce qui marqua les petites rides qui commençaient à se former sur son front. Ses yeux étaient cachés par d'épaisses lunettes qui lui donnaient un regard de mouche. Sa frêle silhouette et son teint blafard le rendait vulnérable. Dans l'établissement, personne ne le respectait, sauf moi, car derrière son image de personne apeurée et traumatisée se cachait une personne exceptionnelle et très cultivée. J'aimais beaucoup parler de livre avec lui. Il me comprenait, lui aussi prenait soin des romans comme de personnes vivantes. Mais ce jour-là, je sus à son air grave, que ce qu'il m'attendait était important. Je le suivis à travers les couloirs vides à la peinture défraîchie. Je vis quelques retardataires essoufflés courir jusqu'à leur salle de classe. Si je ne m'inquiétais pas autant, j'aurais trouvé se silence plaisant, j'adorais le silence et la solitude, bien que je sois une personne très sociable, cela m'apaisait. Mais, plus je m'approchais du hall, plus mes mains devenaient moites et plus la boule nichait dans mon estomac grandissait. Mes parents étaient là, de dos, mon père caressant le bras de ma mère. Lorsque je vis leurs yeux rougis , je compris. Mon père voulu m'expliquer mais je lui en empêchait, je ne voulait pas le faire souffrir d'avantage. Mon père était un homme calme, sensible, ses cheveux d'habitude très bien coiffés, étaient ébouriffés, son t-shirt blanc couvert de peinture et son vieux pantalon fripé montrait que la nouvelle l'avait dérangé pendant son travail.Le chemisier de ma mère était froissé, quelques mèches sortaient de son chignon, ses lunettes avaient atterries sur le sommet de son crâne. J'ai hoché la tête en signe de compréhension et ils se sont remis à pleurer. Moi, je les ai regardé, sans verser une seule larme, je ne pleurais jamais.Je ne voyais en quoi de l'eau salée pouvait changer quelque chose.Papy Victor était mort et c'était tout ce qui comptait.
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Voici le premier chapitre de Destins Croisés, désolé si celui ci est assez long mais je voulais vraiment vous plonger dans l'ambiance de cette histoire et vous faire entrez dans la tête d'Esther! Il se passe peu de choses dans ce début mais ne vous inquiétez pas, il y aura bcp plus d'aventure dans les chapitres suivants ! Sur ce , merci !

Destins croisésStories to obsess over. Discover now