Depuis ma plus belle enfance que je me souviens, j'ai jamais connu de grandes joies, enfin si, mais pas pour longtemps (on comprendra vite pourquoi).
Je me rappelle de cette cour de récré où je courrais le plus vite possible, où j'hurlais, où je criais aux éclats de rire. J'courrais pour sauver ma vie au loup touche-touche à l'époque. A 5 ans, le tier de mes amis étaient des garçons. Ne me demander pas pourquoi, j'était un garçon manqué. Je jouais aux voitures, j'était toujours punie dans le couloir avec les plus bad des petits enfants. La maîtresse de mon école maternelle disait toujours que j'aimais faire ma loi, que je me laissais pas emmerder par personnes et que c'était un de mes points négatifs. Il y a quoi de mal à pas vouloir suivre les moutons du groupe ? A ne pas vouloir suivre les idéologies des autres et d'avoir son propre avis ? A être ce mouton indépendant, pensant et agissant à son propre compte. Evidemment, même à l'école primaire et au collège, cette façon de fonctionner n'a plu qu'à peu d'autres. L'énorme frustration quand tu savais que tu allais sans doute te faire frapper plus ou moins gentiment, juste parce que tu n'as pas voulu donner ton goûter. A l'époque, ma vie ne tenait qu'à un goûter donné ou gardé dans ma poche.
Puis là,
une nouvelle aire c'est ouverte à moi : le lycée.
Le lycée c'est cette endroit où tu perds tout tes compatriotes, où tu seras muté avec seulement 2-3 connaissances survivantes. Cette endroit où tu redémarres de 0 et où personnes ne te connait. J'ai jamais eu beaucoup de bons amis ou des meilleures amies car ils ou elles, finissaient toujours par me laisser tomber pour de la naïveté puérile mais j'avais des liens d'amitié à droite à gauche, que du jour au lendemain j'ai perdu à cause du lycée.
Je suis passé par la popularité des cour d'écoles pour passer dans un chemin de cailloux où personnes ne connaît pas même ton âge et ton adresse.
Seule.
Tu te débrouilles pour reconstruire ta place, ton empire. Oser aller chercher de l'eau à la fontaine sous les regards fixants des plus âgés et des plus débiles pour certains. Sous le snobisme des pétasses pensant que leur nom est marqué sur le coin de la table, salopée par de la mousse au chocolat. Ça, c'était l'entrée dans le monde de l'adulte en formation... L'ado quoi. Mais j'aime dire ça car au lycée, tu es en mutation et non considéré comme un « adulte » ce qui est cool car tu as pas encore à penser à tout plein d'inconvénients. Ou presque.
Jamais j'aurai su que je tomberai sur LE truc le plus relou du monde, LE truc le plus détruisant du monde : l'amour, les sentiments, et le garçon pour qui tu craques pour la première fois.
Bon ok, je l'avoue, y en a eu quelques uns avant l'arrivée au lycée : en principe, 5 personnes maximum ou voir 10 rentrent et ressortes dans ta vie sans que ça t'importe le moindre petit nerf de désolation. Tu connais les 3 premières amourettes avec qui une fois l'histoire terminé tu te remets en amitié sans que ça paraisse bizarre. Viens ton amour de jeunesse, que parfois tu retrouves plus tard, mais y a pas de grandes statistiques qui le démontre.
Et là,
tu connais et rencontre une personne dont tu as appris à connaître les moindres détails, où t'a le cœur qui a effectué la mise à jour 2.0 sans que tu comprennes comment ça marche. Un truc change et tu vois plus les choses identiquement qu'auparavant : Le Premier Amour. C'est pas forcément la personne avec qui on sort en premier, mais la première personne avec qui nos sentiments se sont développés différemment et avec qui tu as envie de vivre passionnément quelque chose de grand. Dans notre génération, on appelle ça « un crush » ou un « bae ultime » qui signifie chez beaucoup de personnes « Bah j'Attend Encore » car la personne ne nous a pas encore remarqué.
En référence, mon Premier Amour était le prince charmant que je voulais depuis petite. Grand, plutôt fort (pas pour tout), Blond aux yeux bleus (la base) et enfin un look vestimentaire avec un soupçon de streetwear dans la peau que j'aimais beaucoup. Je me doutais pas une seule seconde qu'il allait changer ma vie avec un sourire.
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Gaia
Teen Fiction«Qui ne tente rien, n'a rien» c'est ma phrase préférée depuis que j'ai appris que du jour au lendemain on pouvait tout perdre. Que ce soit des personnes ou des objets comme un stylo, un bracelet ou un avenir, chaque chose peut nous échapper des doig...
