La création

97 6 1
                                        


Le lien qui maintient l'être humain en vie est invisible.A partir de ce constat, il n'y a aucune raison de croire ou de ne pas croire. Au delà des élucubrations scientifiques ou spirites, chacun de nous sait qu'il y a de l'inexplicable et de l'inexpliqué. Il est des jours où on se sent différent du reste du monde, à part; en tout cas ceux qui me suivent.

Cette vision de la vie,de sa personne,  de son être, nous pousse un jour à entrer dans la Dissidence...

-Ils voudront te prouver que tu as tort, mais incarne la Vérité coûte que coûte! et tu triompheras toujours.

-Qui sont-ils?

-Les jaloux,les frileux, les anxieux , les forces anti-vie qui peuplent ce monde.

-Comment faire pour les reconnaître, c'est très imprécis comme réponse.

-Tu les reconnaîtras lorsque tu entreras en contact avec eux . Ils sentent la peur, ressemblent à la haine, ont un arrière goût d'amertume et de regrets, sont intouchables et leurs paroles vont te briser le cerveau par leur disharmonie...

PRouuuuuum, Proummmmmm, Prouuuummm... un fort bruit métallique assourdissant qui provient de l'arrière de  sa tête comme si une armée d'hommes frappée sur un rideau de fer.La lumière de la pénombre suffit à agacer son oeil à demi ouvert qui souffre comme s'il avait reçu une panacée de coups de poing avant de se fermer.Il ne veut pas se lever son corps est aussi lourd qu'une tonne de plomb.Il n'a plus 10 ans mais 29  et le poids de ses excès pèse déjà sur son physique.Des douleurs dues à de vieilles blessures faites à l'entrainement par bêtise et ignorance.



Il ne sait pas quelle heure il est , mais il doit être tôt le soleil n'est pas encore levé.

Il a 29 ans mais la vie l'a déjà marqué physiquement et mentalement.

Il a cru en tout très vite et ne croit plus en rien.

Il a essayé de toutes ses forces d'être le meilleur dans les domaines que son milieu lui ont fait connaitre.

Il a cru en la méritocratie.Il a eu des bonnes notes à l'école même si ce n'était pas dans l'air du temps à son époque.Il n'a pas connu les flirts avec les jeunes filles de son âge, elles ne le voulaient pas car elles le classaient dans la catégorie intello bien qu'il fût mignon comme garçon.Il s'est surpassé sportivement et a cru au pouvoir de l'esprit sur le corps jusqu'à se briser muscle par muscle, os par os, tout seul comme un grand.Il était fier de se faire rejeter et n'en ressentait aucun dégoût, il suivait les préceptes des hommes qui l'ont marqué comme une vérité sacrée, sa vérité.

Il a toujours pensé que seul les grands hommes subissaient les grandes épreuves, car seul eux pouvaient endurer la souffrance .

Rien n'avait servi, il était dans ce lit, seul...sous sa couette, avec cette bande de fous, cette horde d'animaux sans âmes qui tapaient à sa porte comme pour investir sans autorisation, son dernier rempart , son temple sacré, qui le protégeait du monde.

Il ne se lève pas , il est trop fatigué, il veut rester au lit, il est déjà mort...

Son portable se met à sonner, avec la sonnerie la plus épouvantable qu'un opérateur ait pu créer pour nous obliger à répondre.

Il sort son bras gauche de sous la couette, et tend ce dernier de tout son long vers sa table de chevet.Tatouées en long, deux séries de lettres mises en parallèle: NO PAIN NO GAIN.

Vestige de croyances passées qu'il a voulu graver sur lui comme une trace indélébile de sa philosophie.Ce bras est le prolongement de sa plus grande erreur face à  son interprétation de la vie. Aujourd'hui il se tatouerait: EVEN WITH PAIN NO GAIN ( même en souffrant tu n'obtiens rien).

Il était devenu l'incarnation de cette maxime.

Devenu fataliste, il vivait au jour le jour tout en ayant un espoir caché pour une rédemption.

- Qu'est ce que tu fous! Ca fait 5 minutes que je frappe à ta porte comme un dingue!

- Désolé.

-On a une femme qui a agressé son mari à Domo les Bains , ça urge, bouge toi, je sors la bagnole.

-J'arrive.

Tel un automate il s'éjecte du lit, enfile son uniforme avec une rapidité mécanique.

"Mais qu'est ce que je fou là? je suis seul, je suis crevé, j'ai froid et je dois m'emmerder avec ces histoires de dégénérés.Il manquerait plus qu'elle me plante cette folle..."

29 ans et il ne voyait déjà plus d'échappatoires à cette vie qu'il trouvait si ennuyeuse.

Il sort en courant de l'appartement, histoire de s'essouffler pour faire croire à son collègue qu'il avait fait au plus vite.Alors qu'il avait pris le temps de se chauffer une chocolatine au four pendant 2 minutes 30 secondes exactement, pour qu'elle soit moelleuse

. Ca peut durer longtemps ces histoires de disputes conjugales , il voulait pas crever de faim pendant des heures...

De toute façon il avait compris depuis bien longtemps que la vie était un théâtre, dans lequel la plupart des hommes joue un rôle d'automate auquel il n'était pas préparé. Mais ce qu'il ne pensait pas c'est qu'un jour il deviendrait l'un d'eux.



distinctionWhere stories live. Discover now