Les choses sont comme elles sont. Comme il est prévu qu'elles doivent être. Car le grand créateur, dans toute sa splendeur a prévu pour chacun de nous, un plan. Je laisse faire. Je ne me plains pas.
Voilà dix ans que je ne rap plus. Je m'y fais. Même si parfois il m'arrive de regarder mes prestations sur Youtube. Me rappeler la belle époque. L'époque où j'étais une star du rap. Mon ascension fut aussi fulgurante que ma déchéance. Je n'en veux plus à personne. J'assume. Les gens me demandent parfois si retomber dans l'oubli, dans l'anonymat n'est pas trop dur. Je leur réponds qu'au début on plonge en même temps que sa carrière, que s'est dure. Qu'on passe par des périodes sombre, très sombre, mais que quant ont a la foi, on finit par se relever. On essaie de recommencer à nouveau quelque chose. La vie est un éternel recommencement.
A l'époque j'étais très jeune, à peine sorti de l'adolescence. Je venais de la banlieue, comme la plus part des rappeurs de nos jours, et je suis musulman. J'avais été élevé avec un père pieu mais peu enclin à s'occuper de ses enfants, n'étant là que pour donner des coups ou élever la voix. Une manière pour lui d'évacuer, en plus de l'alcool, le stress d'un boulot qu'il n'aimait pas et les frustrations de ne pas avoir la vie qu'il avait rêvé en s'expatriant. Ma mère était une femme soumise à son mari. Un peu trop soumise, se qui avait tendance à exciter la colère de mon père lors de ses emportement orageux. Il la battait. Un environnement macho et misogyne comme celui dans lequel je vivais ne pouvais installer en moi, forcément, qu'un tas de préjugés et d'intolérance. J'avais la haine, j'avais la rage. J'en voulais à la vie, alors j'écrivais. J'écrivais pour retranscrire, évacuer, à l'instar de mon père, toute l'amertume que j'avais en moi et en la vie. Mon rêve ? Devenir rappeur. J'ai réussis au moins ça. Les études n'étant pas mon fort, j'ai vite abandonné pour chercher du travail.
La gloire venant,je me suis senti invincible. Je me suis permis toutes les excentricités que je pouvais. Le bling-bling à n'en plus pouvoir. Pendant trois ans j'étais sur un petit nuage. J'avais déjà effectué une première tournée, pour mon seul et unique album. Le second étant avorté suite à cet incident. Le jour où tout a dérapé. Sur un plateau télé où j'avais été invité, un chroniqueur, qui apparemment ne m'aimait pas, me posai des questions toutes plus provocantes les une que les autres. J'avais décidé de le prendre sur le ton de l'humour, pour ne pas m'emporter et me décider à mettre une correction en direct à ce salopard. Finalement, excédé je finis par être dominé par mes émotions et j'insultais copieusement le journaliste, sauf que je ne maîtrisais pas la diplomatie et que mes injures furent équivalente à celle que j'aurais balancé dans la rue.
Le lendemain dans la presse à scandale, et toutes les autres, on n'avait retenu plus qu'une partie de mon speech : « Sale petite pédale ! Va te faire foutre, pédé ! ». Se fut les gros titres de bon nombre de journaux. Je fumais, je buvais, je m'enfonçais dans la déprime et l'ivresse. Je ne sortais plus, je ne voyais plus personne, sauf mon petit-frère qui venait m'apporter de quoi me nourrir et remplir mon frigo. Contrairement à moi, malgré que nous avions eu la même éducation et vécu dans le même environnement, mon frère était de nature calme et compatissante. C'est le plus intelligent et il est clair qu'il sera amené à nous sortir la tête de l'eau à ma mère et moi.
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Les Anges pervertis
Short StoryUne autre nouvelle, à propos de show business, de religions et d'homosexualité. J'ai écris cette histoire à l'époque du scandale du groupe Sexxion d'Assaut lorsqu'ils avaient tenu des propos homophobes. Je suis un peu nul pour résumé mes écrits...
