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- Lose Yourself -

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Les rayons du soleil commençaient à décliner. Il faisait froid. Les gens de pressaient dans les rues. Il y régnait une agitation permanente.
On voyait les femmes juchées sur leurs hauts talons, emmitouflées dans leurs jolies vestes de fourrures, pour la plupart, synthétiques. Les hommes, eux, se tenaient bien droit dans leurs costars trop grand et mal taillés ; leur cravate leurs serraient le cou.
Les enfants étaient rares. Probablement à étudier pour espérer avoir un avenir dans ce "beau" monde. Ou peut-être affalés devant leur télévision à regarder des programmes absurdes ou à s'empifrer d'une multitude de cochonneries. De toute façon, leurs parents n'étaient pas là pour les surveiller. Ils étaient bien trop "occupés".
Voilà à quoi ressemblé cette belle société. Une société où l'apparence importait plus que le fond d'une personne. C'est une société où l'argent, la popularité et l'égocentrisme ont remplacé les valeurs humaines fondamentales tel que le partage, la politesse ou même le respect.

A quelques kilomètres à peine de ces personnes tout aussi similaires les unes que les autres, les femmes n'étant distinguées que par la couleur de leur rouge à lèvre et les hommes par celle de leur cravate, ce trouvait les banlieues.
Des banlieues défavorisées, surplombées par les immeubles éclairés de la ville. Des banlieues dans lesquelles il était plus facile de rentrer que de sortir. Des banlieues où l'anarchie était totale, où il n'existait aucune loi ormis celle du plus fort.
La police ne pénétrait plus dans ces rues. La drogue, l'alcool et la prostitution étaient devenus monnaie courante. Les armes étaient devenus, à leur tour, des objets que chacun était en mesure de posséder. Cette banlieue ne connaissait aucune limite. Les libertés étaient infini et pourtant inexistante.
La principale population de cette ville était d'origine sud-africaine. Les blancs étaient rares.
Un fossé, puis un gouffre s'étaient creuser entre les riches et les plus démunis. La fragmentation sociale était extrême.

Ces rues sentaient l'urine. Les poubelles débordaient.
Dans ces rues, où la crasse et la laideur se mêlaient à toute sorte de débris, déambulait un jeune homme de couleur clair et de taille moyenne. Il avançait avec non chalance. Son bonnet et sa capuche recouvraient un casque de musique. Il écoutait probablement du rap. Il portait un jogging ample qui dissimulait des muscles fins et déliés.
Pour une fois, ses mains ne disparaissaient pas dans ses poches démesurées. Non, elles bougeaient au rythme de la musique. Ses yeux regardaient dans le vague. Il rappait en silence sous la lumière des lampadaires. Le rap était, à cette époque et dans ces rues, l'unique moyen d'expression. Quand quelqu'un rappait, tout le monde tolérait ses paroles. Mais quand quelqu'un parlait, il risquait sa vie à chaque mot.

Le jeune homme entra dans un immeuble éclairé. On entendait une foule bruyante. Il se dirigea vers les bruits de celle-ci. On lui tendit un micro dont il se saisit. Il se retrouva sur scène.
Un homme de couleur noir se mit à enchaîner toutes sortes de propos vindicatif comme le voulait la règle. Quand il eu fini, ce fut au jeune homme de rétorquer. Il était là, sur scène, là où il avait toujours voulu l'être, au coeur de la battle, devant cette foule... Et pourtant, aucun mot ne sortit la bouche ouverte, le coeur battant aucun mot ne sortit.
D'un mouvement lâche il rendit son micro. Il eu honte. Toutes sortes d'insultes, raciste et autres, fusèrent. Il s'enfuit. Ses amis le rattrapèrent.
"- Nolan ! Y s'est passé quoi mec ? Tu peux pas partir comme ça !
- Laissez moi. J'ai merdé.
- Faut que t'y retournes !
- Non.
- Vas leurs montrer de quoi t'es capable !
- Non !
- Nolan ! T'as un don gros ! Partage le ! Prouve le !
- Non ! C'est fini ! J'arrête !!!"
Son ami s'arrêta. Nolan partit.
Il grimpa en haut d'un immeuble et se coucha sous les étoiles. Toute la nuit il écrit, il rappa.

L'aube se levait. Nolan était déjà en chemin. Il se dirigeait vers l'usine.
À son entrée, un homme était affalé par terre, une bière à la main, le visage abîmé.
"- Voilà à quel prix ils ont de jolies grosses voitures ! Lança t- il "
Nolan continua sa route, il entra dans l'usine.
Son visage était neutre. Mais il sentit monté en lui une profonde révolte.
La semaine prochaine, il retournera chanté.

Le soir arriva. Il était plus déterminé que jamais. Son voeu était simple : s'en aller. Partir.
Il pouvait remonter sa réputation et se faire remarquer.
Maintenant, il était là. Devant le public qui l'avait hué.
Il ferma les yeux. Il se lança. Il n'entendait plus rien. Sa musique l'emportait. Une atmosphère se mit à régner. Il dégageait la révolte, l'espoir.
"Écoute, si tu avais une chance, une opportunité,
D'obtenir ce que tu as toujours voulu, en un instant.
La saisirais-tu ou la laisserais tu simplement passer ?
Tu ferais mieux de te perdre dans la musique, dans l'instant.
Il est à toi, ne le laisses pas passer.
Tu n'as qu'un seul coup, ne rate pas une chance de t'envoler.
Cette opportunité n'arrive qu'une fois dans une vie.
Tu peux faire tout à ce que quoi tu tiens très fort mec."
Il était essoufflé. Le silence régnait dans la salle. Un homme leva ses mains. Il applaudit.
Il avait atteint le public.

Trois jours après, il sortit de chez ses producteurs. Du haut du building, il regarda sa banlieue au loin. Malgré son passé, c'était elle qui lui avait tout appris, qui l'avait mené à son but. Il ne le savait pas mais elle resterai sa principale source d'inspiration vers sa popularité mondiale.
Il se retourna, un léger sourire au lèvre. Il avait un peuple, une opinion à défendre et des inégalités à dénoncer.

Il remis sa capuche. Cet homme n'était personne. Mais il allait devenir le symbole du rap et le porte parole de la jeunesse. Mais aussi l'espoir numéro un d'une jeunesse oubliée.
Il avait réalisé son rêve.

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