Il est sept heures du matin, Lyse, la domestique arrive dans la chambre d'Audrey. Puis d'un grand geste sec, elle ouvre les rideaux avec un large sourire en disant :
- Bonjour, mademoiselle De Labranche, il est temps de se lever ! Audrey mit sa tête sous son coussin et après avoir émie quelque grognements, elle leva brusquement sa tête de sous son oreiller, et déclara :
- Vous avez bien raison, m'a p'tite Lyse, je suis encore jeune et en bonne santé, alors je vais me lever et aller courir dans l'herbe verte. D'un grand saut, elle sorti de son lit, mit sa robe de chambre et courut dans les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée de la grande Villa des De Labranche. Sans même avoir pris le temps de mettre ses pantoufles, la jeune fille sautillait sur le carrelage glacé de la grande salle à manger. Elle salua son père d'un léger geste de main accompagné d'un petit « Bonjou».
Arrivée sur l'immense pelouse étincelante, illuminée du soleil levant, Audrey courut nue pieds sur l'herbe fraîchement arrosée par la rosée du matin. Prise d'un sentiment d'euphorie, ses joues rougirent. Mais sa belle mère qu'elle appelait Vipaire, se trouvait en bas de la pente, elle lui fit signe de descendre. La belle mère d'Audrey s'appelait Adèle Dash, elle avait gardé le nom de son défunt mari. La mère d'Audrey avait accouché dans le même mois que madame Dash mais la mère d'Audrey mourut après l'accouchement. George, le père d'Audrey, se marie avec madame Dash cinq ans plus tard et leurs filles Audrey et Blanche devinrent très proches. Mais Audrey n'aimait pas sa belle mère c'était une femme pâle de visage, avec les yeux noirs de cernes, le dos cambré, de longs cheveux bruns qu'elle attachait avec une longue natte et toujours vêtue sobrement. Elle donnait souvent des ordres à Audrey mais jamais à Blanche. Blanche était mal entendante alors tout le monde de la famille parlait la langue des signes. Audrey surnommait amicalement sa sœur Blanchotte car elle la voyait comme un modèle de vertu, c'était pour elle la pureté incarnée, elle faisait également référence au teint extrêmement pâle de sa sœur.
Cette dernière lui apporta une lettre du cousin de Georges, Le duc Cantbriche qui les invitait à un bal. Les filles furent très excitées, elles se firent très belles, Audrey portait ses beaux cheveux blonds vénitiens relevés attachés avec une broche. Blanche elle, portait ses cheveux détachés et parfaitement peignés accompagnés d'une grande parure sertit de diamants, et portaient toutes deux de magnifiques robes brodées de soie.
Leurs grands yeux verts étincelaient de bonheur. Arrivées au bal les jeunes filles dansèrent très longtemps dans la nuit et chaque fois que la musique redémarrait à nouveau les joues d'Audrey rougissaient de plus belle et toutes les minutes Audrey regardait comment allait sa sœur et Blanche restait calme, assise dans un coin et regardait les amateurs de danse. Elle gardait toujours sur son visage la pâleur de son teint. La pudeur de sa sœur intriguait quelque peu Audrey qui était de nature très spontanée et exubérante.
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La vie est belle
Short StoryDeux sœurs, deux vies, deux destins, mais pas les mêmes chances.
