Chapitre un

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J'ai toujours adoré la plage. Le sable, le soleil, les glaces et le bronzage. Dès que le temps me le permettait, je partais me baigner. J'adorais la sensation que me procurait la mer. L'eau froide et salée qui entre en collision avec le sable chaud et doux, le bruit que font les vagues une fois que leur course se termine, l'odeur de la crème solaire. Tout ça c'était pour moi un rêve. Tout l'été j'étais sur la plage en train de me promener, de rigoler, de manger une gaufre en salissant partout autour de moi, enfin bref la plage était ma vie entière. D'ailleurs j'ai toujours eu de la chance, j'ai longtemps vecu vers la côte d'azur, donc quand je voulais aller nager, je n'avais pas besoin de faire un long voyage. J'ouvrais la porte de ma maison et j'avais sous mes yeux le plus beau paysage existant.

Pourtant un jour, je devais avoir aux alentours de douze ans, pas plus, je me promenais avec mes parents au bord de la mer quand je me suis faite pincée par un crabe, ce jour-là aura certainement été le pire de ma vie entière, j'ai pleuré, j'ai crié et j'ai paniqué. Je n'arrivais plus à me calmer, je ne sais pas si c'est parce que j'ai vraiment eu mal ou si j'ai simplement eu peur mais je ne pourrais jamais oublier cette journée-là, parce qu'après cet incident, je n'ai plus jamais remis un pied sur du sable. Je passais presque toutes mes journées coincées à la maison, quand ma famille décidait de passer une journée à la mer, j'étais la première à refuser, quand mes amis voulaient faire une balade sur le bord de la plage, je restais toujours chez moi. J'ai petit à petit pris l'habitude de ne pas aller dans l'eau. La mer qui avant était une vraie passion pour moi s'est transformée en mon pire cauchemar en moins d'une seconde. Mes parents me trouvaient au début ridicule et se moquaient de moi mais quand j'ai commencé à faire des crises de panique lorsque l'on m'obligeait à aller à la plage, ils ont compris que ce n'étais pas quelque chose de temporaire. C'était devenu une phobie. Ils ont tous fait pour me faire comprendre que j'exagérais,mais la tête de mule que j'étais ne les écoutait pas. Ils ont renoncé au bout d'un mois, quand l'hiver est arrivé. Je pense qu'ils étaient persuadés que lorsque le beau temps reviendrait, je serais la première à partir me baigner et que j'oublierais rapidement cette histoire, mais ils ont eu tort, je n'ai pas remis un seul pied sur une plage depuis cet incident. Mais maintenant, quand je pense à ce que j'ai fait, j'ai simplement envie de pleurer. Tout ce dont je rêve en ce moment c'est d'être avec mes amis, assise sur le sable chaud, la mer devant moi en train d'admirer le coucher du soleil, c'est vraiment mon unique souhait. Et pourtant je ne peux plus le faire, à la place je dois rester allongée sur un lit inconfortable durant des heures avec comme seule occupation un cahier presque remplis et un crayon mordillé et comme seul décors une chambre blanche sans vie et une fenêtre non ouvrable en bois. Et oui, je suis coincéedans un hôpital, à Paris en plus. Au début j'y restais quelques heures par semaines mais mon cas s'est aggravé et je suis désormais coincée là pour une durée indéterminée mais certainement longue vu que j'y suis depuis déjà deux semaines. Mes parents viennent me rendre visite chaque soir après le travail mais n'empêche qu'entre temps je m'ennuie. La plus pars du temps je dors mais quand je ne suis pas fatiguée je n'ai rien à faire à part écrire. Je ne dis pas que je suis une écrivaine professionnelle ou quoi que ce soit, pour être honnête je ne saurais jamais écrire une phrase sans faire de fautes d'orthographe ou de langue mais je n'ai vraiment rien d'autre à faire alors je n'ai pas vraiment le choix. Je pourrais dessiner aussi mais je souffre déjà assez à l'hôpital alors pas besoin de faire du mal à mes yeux. La plupart de mes journées ici se résument à manger, dormir, écrire, je suis tombée dans une routine interminable. Quelques  fois je rêve des moments que j'ai passé à Nice avec ma famille quand j'étais plus petite, je me vois en train de courir sur le sable, sauter dans l'eau, manger des glaces et quand je me réveille, je n'ai qu'une seule envie, pleurer. J'ai l'impression que ma vie d'avant est tellement loin, qu'elle n'a même pas existé. Et ça me fait mal, vraiment. Il y' une semaine à peine j'ai rêvé du jour ou ce fichu crabe m'a pincé, comment j'aurai pu savoir à ce moment-là que je me serais refaite pincée par un crabe mais que cette fois ma vie entière serait en danger ? Je n'étais qu'une gamine quand pour la première fois quand je me suis faite piégée par cette créature rouge et maintenant, je ne suis qu'une adolescente avec cette créature encrée en moi qui me ronge la vie petite à petit. La vie est putain d'injuste et les crabes sont putains d'horribles.

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Voilà le premier chapitre, j'espère qu'il vous a plu. Je sais qu'il est assez court mais plus on avancera dans cette histoire, plus les chapitres seront longs.
De plus, j'ai reçu une bonne dizaines de messages disant que la réaction de la jeune fille (Isabelle) face au crabe était assez exagérée et que personne n'aurait eu une phobie de la mer si il avait été piqué par un crabes. Donc je voulais simplement expliquer que cette réaction est une métaphore. En effet, cette reaction « exagérée » est la même reaction qu'elle aura au futur une fois qu'elle découvrira qu'elle aura un cancer. La phobie de la mer et le fait de ne plus jamais vouloir y retourner est une métaphore. Quand, lors de son adolescence, elle sera faite piquée par le crabe (cancer), elle développera une sorte de phobie des hôpitaux.
Enfin bref, vous verrez tout ça dans les futures chapitres.
J'espère que vous avez compris et si vous ne l'avez pas, vous pouvez toujours m'envoyer un message et je vous l'expliquerai mieu.
Merci beaucoup pour le support, et n'oubliez pas qu'à la moindre erreur (orthographe, compréhension...) ou même à la moindre remarques (chapitre que vous n'avez pas aimé, scène inutile...) vous pouvez toujours me le dire, je suis là pour apprendre et pour m'améliorer et vous êtes là pour lire une histoire qui vous plaît.
Merci beaucoup pour votre soutiens. Cette histoire me tient vraiment à cœur et j'espère que vous allez l'aimer.
❤️❤️

Pincée par les crabesTempat cerita menjadi hidup. Temukan sekarang