Chapitre 6

17.6K 1K 22
                                        


La porte s'ouvrit à la volée, je découvris la belle brune aux cheveux courts qui se dirigea comme une furie vers Zack. Elle semblait anxieuse. Sans se soucier de ma présence, elle se planta en face de Zack.

- Zack, je suis désolée de vous interrompre. Jackson va débarquer d'un moment à l'autre. Il est infernal depuis qu'il a trouvé sa Luna. Enfin plutôt perdu. Je préfère te prévenir.

Zack semblait embêter par les propos de Théa, je n'arrivais pas vraiment à décrypter son expression. Théa semblait désespérée, elle ne cessait d'enrouler une mèche autour de ses doigts. J'étais pour ma part à bout de souffle, Jackson j'avais failli l'oublier celui-là. Mon regard ne cessait de revenir de Théa à Zack. Zack dit d'une voix calme qui laissait transparaître son énervement.

- J'espère qu'il ne fera pas des siennes. Je suis désolé Vaness, on va devoir couper court à notre discussion. Je te laisse l'occasion de visiter la maison. J'aurai préféré rester avec toi, mais mon devoir d'Alpha est d'éviter que Jackson fasse trop de dégâts.

Il semblait embêté par les révélations de Théa, il se leva avec précipitation et sortit de la pièce avec Théa. Je mis plusieurs minutes à réaliser la situation, Jackson n'allait pas tarder et je devais à tout prix l'éviter sans éveiller les soupçons de sa soeur. Avec ma maladresse nationale, mes chances risquaient d'être compromises. Puis il me vint à l'idée qu'il valait mieux cacher mon odeur. Je me levais d'un bond comme si cette idée avait réveillé quelque chose en moi, ma tante aussi loin que je me souvienne a toujours eu une méfiance envers les loups-garous. Je sortis du bureau pour me hâter à trouver la cuisine. A cette seule pensée, mon ventre se mit à gargouiller. Depuis combien temps n'avais-je pas mangé ? Un jour ou deux, en tout cas mon ventre ne semblait pas content.

J'ouvris une première porte que je refermais aussitôt lorsque je vis une araignée descendre de sa toile. Je faillis hurler de panique, mais je dus me taire pour ne pas attirer l'attention. Oui, j'ai peur des petites bêtes, ne vous moquez pas. Espérant être plus chanceuse cette fois-ci, j'ouvris une seconde porte qui s'avéra être la bonne. Cette pièce était lumineuse, une rangée de fenêtre se trouvaient au dessus du plan de travail blanc. Sur ma gauche, se trouvait un réfrigérateur gris dernier cri. Sur ma droite, se trouvait une table rectangulaire avec des chaises devant une grande baie vitrée. On pouvait aisément regarder dehors. Je continuais d'inspecter la pièce, sur le plan de travail se trouvait l'objet de ma convoitise, les épices étaient alignées les unes à côté des autres. Je me dirigeais vers celles-ci et je pris le poivre. Je secouais celui-ci sur ma peau, je n'avais pas intérêt à ce que l'on me découvre ainsi. Le poivre permettait de se rendre invisible à un loup, le loup privé de son odorat pouvait vous confondre en l'un des leurs.

Quelques minutes plus tard, j'étais prête à passer au four, j'étais épicée. Mon ventre quant à lui, me faisait savoir son mécontentement. Je lui demandais de se taire, c'était impossible la faim me guidait. Je baissais les armes et je me dirigeais dans le réfrigérateur dans lequel je trouvais de quoi me préparer un sandwich. Je pris ce qu'il me tombait sous la main, au final mon sandwich devait contenir à la fois du salé et du sucré en passant par le jambon tout en allant à la confiture. Oui, j'aime manger sucré-salé. Contente de mon chef d'œuvre qui n'en était pas un, je regardais mon sandwich avec fierté.

Il me fallut moins de temps pour le manger que pour le préparer. Je me léchais les doigts pour en déguster la dernière des miettes. A présent, j'avais soif. J'ouvris un placard et saisi un verre lorsqu'un bruit de verre qui se brise me fit sursauter. Je me retournais et vis la baie vitrée éclatée en mille morceaux. Un sentiment de peur s'empara de moi quand je compris qu'un loup se ruait vers moi. Il était élancé dans sa course, j'étais frêle et humaine. Je ne faisais clairement pas le poids.

Je ne pouvais pas en supporter plus, je fermais les yeux même si je tremblais. J'attendais que l'impact se produise, je comptais silencieusement en tentant de garder mon calme. Au bout d'une minute, je me rendis compte qu'il ne se produisait pas et qu'un museau me reniflait. Surprise, je fis un bond sur le côté en ouvrant les yeux. Comment se faisait-il qu'il ne m'ait pas déchiqueté en mille morceaux ? Je pensais ma fin proche et il y a quelque secondes, il semblait vouloir me tuer. Je plantais mes yeux dans les siens et je vis qu'il ne me ferait aucun mal.

A présent, j'examinai la bête. Il semblait beaucoup plus grand quand il m'avait foncé dessus, assis, il était à peine plus grand que moi. Il avait des yeux couleur marron de la même couleur que les miens et un pelage noir très sombre. En examinant son pelage, je faillis fondre en larmes en découvrant qu'il était blessé. En fonçant dans la baie vitrée, du verre était resté accroché à sa peau. Il saignait, je me précipita vers le plan de travail où je trouvais une serviette que j'humidifiai. Sans appréhension, je m'approchais de lui et je commençais à enlever les bouts de verres au fur et à mesure. Parfois, je l'entendais grogner comme s'il avait mal.

Une fois tous les bouts de verres retirés, un sentiment de soulagement pris possession de moi. Je regardais le loup dans les yeux et lui demandais la bénédiction en posant ma main sur son museau. Il me répondit favorablement, je passais mes bras autour de son cou comme pour lui faire un câlin. C'était sans compter sur l'arrivée d'un deuxième loup, il ressemblait comme deux gouttes d'eau au loup dont j'avais rêvé le jour de la rentrée.

Comme quelques minutes auparavant, le loup eut le même comportement que celui contre lequel je m'étais lovée. Il se rua sur moi enfin sur nous, cette fois, je n'avais pas peur. Il s'arrêta à deux pas de nous, il grognait fortement. La peur refit surface, le grognement des loups ne me rassurait pas. Le loup de mon rêve n'avait rien de rassurant, il montrait ses dents. J'avais terriblement peur. Le loup au pelage noir se posta devant moi.

J'étais à la fois apeuré et rassuré, j'avais peur pour ce loup dont je ne connaissais rien. La porte de la cuisine se brisa en mille morceaux et je vis deux loups se précipiter sur nous. Je reconnus Zack qui devait être en compagnie de Théa. Elle était aussi belle en humaine qu'en louve. Zack se posta entre les deux loups et émit un grognement qui me glaça les os.







Alpha-ment vôtreWhere stories live. Discover now