Thomas

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L'université de gestion et finance du 15 eme arrondissement de Paris. Ça impose le respect lors des repas de famille où les parents vantent les études et les aptitudes de leurs enfants. Mon père adorait répéter à tous dans quel prestigieux établissement il m'avait placé. Ce qu'il « oubliait » de dire, c'était ma moyenne générale et ma motivation, toutes deux proches de zéro. La seule chose dans laquelle j'excellais sur ce campus, c'était pour démarrer des soirées en entraînant le plus de personnes possible, surtout des inconnus. On s'éclate plus lorsqu'on est sûr que personne ne nous reconnaîtra le lendemain. Ce soir, comme toujours, tout le monde était déchaîné, l'alcool se répandait plus vite que ce foutu Covid et l'air suffocant de fin de printemps servait au plaisir des yeux des garçons, qui concentraient leurs regards sur les jupes courtes et les décolletés plongeants. Alors que je trinquais avec toutes les personnes qui croisaient ma route, je jetais des coups d'œil à mon téléphone où mon père essayait de m'appeler. Chaque coup de téléphone me faisait bien rire, alors que la bière bon marché me faisait déjà tourner la tête à cause de la chaleur du temps et de l'ambiance. Un message s'est affiché sur l'écran de mon téléphone :

J'ai bloqué tes comptes bancaires.

Ça faisait déjà plusieurs fois que mon père me menaçait avec ça. Ma mère l'a toujours fait changer d'avis, alors j'ai fourré mon portable dans ma poche et ai repris une autre gorgée d'alcool avant de ploter les filles devant moi à l'aveugle en me déhanchant sur une musique à rendre tout le campus sourd. Je me suis pris une claque à un moment, ce qui a bien fait rire tout le monde, moi y compris. Mon pote Arthur est venu me ramasser et m'attirer à une table un peu plus loin où il y avait Greg, Lucile et Ashley, notre petit groupe habituel. Lucile s'est penchée, au grand plaisir de mes yeux, révélant son décolleté et son nouveau tatouage sur sa poitrine, aussi naturel que ses ongles vert phosphorescent. Elle sourit, moqueuse, et se vante, la voix étourdie par sa troisième bière.

- Les gars ... Je l'ai.

- Quoi ? ai-je répondu dans un haut-le-cœur.

- Je vous avais dit que j'avais une tante un peu ...

Lucile louche à moitié en grimaçant.

- Folle, traduit Ashley.

- Ah la sois-disant voyante, précise Arthur.

Lucile leva les yeux au ciel en riant et posant un gros grimoire sur la table.

- Oui c'est ça. La voyante. J'ai chourré son livre. Ce soir on invoque les morts.

Je ne sais pas si c'est l'alcool ou un vrai intérêt, mais on est tous les cinq allés s'enfermer dans ma chambre du campus. Ashley et Lucile avaient déjà tout prévu et ont sorti des bougies, des ossements et d'autres trucs qui nous ont fait vomir, Arthur et moi. Alors que l'on s'est tous installés en rond, Greg, le plus raisonnable ou le moins drôle d'après moi, a commencé à douter.


- On ne devrait peut être pas faire ça ... Et si...

- Et si quoi ? L'ai-je coupé. Tu a peur que le diable nous tue tous ?

- Non ... Mais ...

Les filles ont commencé à glousser, faisant fuir Greg, vexé et rouge de honte qui sort de la chambre en claquant la porte. Avec mon sourire moqueur, je me suis tourné vers Arthur.

- Tu est bien silencieux depuis tout à l'heure. T'a peur ?

Arthur leva la tête, essayant de reprendre une posture confiante. Il balbutia un micmac de mots incompréhensible avant de fuir vers la salle de bain, continuant de vider son estomac, faisant grimacer les filles. Arthur est ressorti des toilettes, blanc comme un linge sous les ricanements des filles et moi, alors qu'il luttait pour rester éveillé en s'asseyant de nouveau sur le cercle.

- On peux commencer, s'impatienta Ashley.

- Ouais à toi l'honneur, ai-je répondu en levant les yeux au ciel déjà lassé.

Elle a commencé à prendre le livre et à lire des formules maladroitement. Lucile et moi avons échangés un regard blasé. J'ai arraché le livre de ses mains.

- On ne va pas y passer la nuit. Oh la gourde .... Elle lisait la table des matières.

Ashley rougit légèrement d'embarras. J'ai regardé les différentes pages écrites en un latin étrange et lu à voix haute, en articulant comme si l'alcool ne m'engourdissait plus.

On est resté silencieux ... Rien. Nous nous somme tendu lorsqu'un« boum » à retentit dans la pièce. C'était Arthur qui c'était évanouis à cause de l'alcool, ronflant contre le sol. Ashley s'est levé, a ramassé son petit copain et est sortit de la chambre, nous laissant seuls Lucile et moi.

- Bon ... On fait l'amour ?

Lucile a levé les yeux au ciel et c'est dirigé vers la porte.

- Amuse toi bien avec ta main droite, a t'elle craché avant de sortir avec un déhanché exagéré et envoutant.

J'ai souri à sa remarque et je sais qu'elle aussi. C'était notre truc : s'envoyer sur les roses jusqu'à ce que notre envie prenne le dessus sur notre orgueil. Notre relation était libre et piquante, tout ce que j'aime. Je n'avais qu'à attendre un peu qu'elle change d'avis et revienne dans mes bras.

Je suis resté assis comme un débile, espérant peut-être qu'un démon sorte du sol. Alors que je m'apprêtais à me lever, les bougies se sont emballées. Les flammes ont grandi et envahi le cercle que l'on avait tracé grâce à je ne sais quelle matière ressemblant à une pâte noire. La chaleur était écrasante alors que le feu devenait d'un bleu dangereux et que le sol tremblait sous mes pieds, faisant tomber des étagères les livres de cours et les restes de bouteilles à moitié bues. Malgré cette atmosphère apocalyptique, je restais immobile à fixer l'intérieur du cercle. Je ne sais pas si c'était la peur, l'alcool, l'adrénaline ou bien quelque chose de plus mystique, mais je restais comme un idiot, les pieds collés au sol à fixer le brasier devant moi.


Une silhouette a commencé à apparaître au centre du cercle. J'ai plissé les yeux. Je voyais des formes de femme. Des formes généreuses et très agréables à regarder. L'apocalypse, c'est arrêté et tout est redevenu calme. Les bougies vacillaient légèrement dans une atmosphère calme et tamisée. Je me suis approché prudemment de la silhouette, une démone à la peau d'un violet bleuté foncé recroquevillé au sol dans un sommeil innocent. Sa couleur de peau étrange n'en était pas moins envoûtante tout comme chacune de ses courbes naturelles et parfaitement bien dessiné, mise en valeur dans une légère robe aussi douce et souple que de la soie, mais à l'allure de dentelle fine, créant des arabesques noir sur sa peau. J'ai tendu la main pour dégager son visage de son épaisse tignasse noire aux discrètes mèches violettes. Bordel, son visage était encore plus captivant que son corps. Le clou du spectacle a été lorsqu'elle a ouvert les yeux, révélant deux grands iris vert émeraude, plus intense que n'importe quelle pierre précieuse. J'ai souri, plus que je ne l'aurai voulu en admirant la créature.

- Magnifique.



Coloc d'enferHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora