Mamba Noire

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Toutes les semaines, avec des amis sur Discord, on se lance un défi d'écriture. Et voici le premier, j'espère que ça vous plaira ˆˆ (en attendant de poster la suite de TBIM hum hum)

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Nerveux, je triture le petit carton de papier blanc entre mes doigts. Je l'ai trouvé sur le pas de ma porte cet après-midi. Il n'y avait rien d'autre. Juste ce mot et cette écriture fine et un peu tremblante.

Rendez-vous au parc forestier de Cover, à 23h

S'il y a bien une chose qu'il faut savoir sur moi, c'est que je suis de nature curieuse. Très curieuse. Alors, évidemment qu'une invitation aussi énigmatique allait me pousser à commettre une terrible erreur. Comme prendre la voiture et attendre à l'entrée du parc, à vingt-deux heures cinquante, qu'un inconnu ne me rejoigne.

Adossé contre le capot, je contemple l'étendue du ciel bleu nuit et sa palette d'étoiles. Au-delà de la curiosité, je ne comprends pas moi-même ce qui m'a amené ici. Après tout, il existe une très forte probabilité pour que je finisse à la une des magazines de faits divers. Je vois déjà d'ici le titre de ma fin.

"Noah, 25 ans, est retrouvé assassiné dans le parc forestier de Cover. Selon les enquêteurs, il aurait succombé à sa curiosité et se serait fait trancher la gorge par un fou psychopathe."

Je ricane à cette pensée mais je suis aussitôt interrompu par un bruit qui déchire le silence de la nuit. Un bruit assourdissant qui fait se hérisser les petits cheveux dans ma nuque. Des pas.

Voilà, je l'avais prédit, je vais mourir. Je tire ma révérence ! Dites à ma mère et à ma sœur que je les aime et de ne surtout pas fouiller la pile de magazines qui traîne dans mon placard, je... Je les gardais pour un pote. J'espère seulement trépasser avec panache !

Les pas, courts et rapides, se rapprochent. Bien que mon instinct de survie me hurle de déguerpir, mes jambes sont ancrées dans le sol, tétanisées par l'angoisse. Je n'ose même pas tourner la tête. Mon souffle se bloque dans ma gorge. Puis, plus rien.

Je tends l'oreille, à l'affût du moindre son mais rien. Le silence total. Ça ne devait être que mon imagination. Soulagé, je me détends légèrement jusqu'à ce qu'une poigne lourde s'abatte sur mon épaule.

- AAAAAAHHHHHHHH !

Mon hurlement déchire le calme du parc, arrache les oiseaux à leur sommeil. Certains se mettent à piailler en prenant leur envol, conférant à la scène une ambiance encore plus lugubre.

- Nom de Dieu ! Arrête de gueuler comme une gonzesse, tu veux qu'on se fasse repérer ou quoi ?!

La main, précédemment sur mon épaule, se pose sur ma bouche pour étouffer mon cri. Je me débats et fini par me dégager, non sans mal, de cette prise. Alors que je m'apprête à rétorquer, les traits de mon agresseur, que je discerne à travers l'obscurité, me coupent dans mon élan.

Les poings sur les hanches, une vieille dame, d'au moins quatre-vingt ans, se dresse fièrement sous les rayons de la lune. Ses cheveux blancs, courts, sont maintenus par un bandana bordeaux. Au coin de ses lèvres ridées, un sourire malicieux se dessine, et dans ses yeux d'un bleu délavé, scintille une espièglerie enfantine.

- Vous êtes qui ? je m'exclame, la respiration sifflante.

- Oh, mon pauvre Gus, la guerre ne t'a pas épargné à ce que je vois. Ca t'a bousillé le cerveau aussi, constate-t-elle, les traits froissés par la mélancolie.

Je fronce les sourcils d'incompréhension. Je suis complètement largué. Qui est Gus ? Et qui est-elle, bon sang ?

Je porte les doigts à mon front que je frotte nerveusement. Mon autre main sur ma hanche, je commence à faire les cent pas, marmonnant entre mes dents des mots incompréhensibles.

Recueil OSStories to obsess over. Discover now