Chapitre 1

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11/05

Cette journée commence comme toutes les autres.

Les quelques rayons de soleil qui arrivent à percer le fin tissu de mon rideau éclairent assez la pièce pour me piquer les yeux. Mes paupières sont pourtant fermées, mais l'étoile me fait bien comprendre qu'il est l'heure pour moi de me lever. Elle, et aussi l'alarme de mon réveil qui vibre près de mon oreille.

Déjà épuisée de ce sommeil non réparateur, je me suis glissée hors de mes draps inconfortables, laissant mon corps, qui connaissait déjà la direction à prendre, me diriger. Mon cerveau n'a pas eu besoin de lui transmettre plus d'indications que je suis déjà dans cette miteuse salle de bain, installer en face de mon lavabo.

Ça me démange.

Le sifflement de l'eau me replonge dans ce cauchemar éveillé. Je m'appuie contre le lavabo, les yeux fermés, plongé dans des souvenirs que je m'exaspère à essayer d'oublier. Pourtant, lorsque je relève mes yeux, ils rencontrent son reflet vert dans le miroir. Je jette mes mains sous l'eau qui coule depuis quelques minutes, tentant de faire disparaitre les taches de mes mains et fuyant ce reflet maudit.

Sors de ma tête.

Pourquoi ne sort-il pas de ma tête ? Pourquoi son visage ne quitte-t-il pas mon esprit ? Pourquoi ses yeux sont-ils ancrés dans ma mémoire ?

- Aïe

Je retire brusquement mes mains de sous le filet d'eau brulant et observe mes mains blesser, réalisant ce que je faisais. La peau de mes doigts pèle, mes paumes sont rêches et rouges. D'un coup sec, je coupe le courant d'eau, sortant enfin de cette cage me servant de salle de bain, déjà énervée.

Je vais être en retard.

Je fixe les vêtements posés sur la chaise non loin de moi, trop propres pour la machine, mais pas assez pour avoir leur place dans le petit placard, qui ne demande pourtant qu'à être rangé, et qui déborde sur le sol de la pièce principale du studio que je loue. Je saisis le premier pantalon et le premier t-shirt qui me viennent, qui se trouvent être un cargo gris et un t-shirt moulant blanc. Ça fera l'affaire.

J'attrape mes clés et une veste et sors de mon appartement, musique à fond dans les oreilles.

**

- Un cappuccino, s'il vous plaît, et avec ceci, je vous prendrais un pain au chocolat.

- Très bien, est-ce que ce sera tout ce qu'il vous faudra ? Je demande avec une voix bien plus aiguë que mon timbre de voix naturel.

- Oui, merci.

- Quatre euros cinquante, s'il vous plaît.

- Par carte.

Mes doigts ce sont mis à pianoter sur le petit TPE situer à côté de ma caisse pour que les chiffres « 4,50 » s'affichent enfin sur l'écran face à la cliente. Mon regard s'est figé un instant sur les touches du petit boitier de paiement, créant un blanc dans mon esprit qui fonctionne normalement à mille à l'heure.

Je suis fatiguée.

« Paiement accepté » s'affiche sous mes yeux vides, mais je ne me reconnecte à la réalité que lorsque le bout de papier détaillant le paiement sort de la machine. Il m'a fallu plusieurs clignements d'yeux rapides pour reprendre totalement conscience du lieu où je me trouve. Je propose à la dame son ticket, elle refuse et je m'attelle à ma commande.

J'aime ce travail, il est reposant. J'ai la chance de pouvoir travailler dans une petite entreprise et nous ne sommes que deux à gérer la boutique. Pourtant, l'idée de passer le reste de ma vie dans ce café ne me réjouit pas spécialement. Je crois que j'aimerais voyager. Loin d'ici, loin de ce monde, loin de tout et de tout le monde.

A last coffeeStories to obsess over. Discover now