Epilogue - Le dernier survivant

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Six ans plus tôt
La pluie tombait depuis si longtemps que le sable du terrain n'en était plus vraiment.
Sous les projecteurs, il formait une boue sombre mêlée de traces de pas, de sang et de lignes blanches presque entièrement effacées. La forme du calamar dessinée au sol ne ressemblait plus qu'à la silhouette grossière d'un corps ouvert.
Deux hommes restaient debout.
Le joueur 374 respirait péniblement à l'extrémité du terrain. Une main pressée contre son flanc, il essayait encore de maintenir sa garde. Face à lui, le joueur 210 ne semblait tenir que par habitude.
Baek Hae-joon avait trente-deux ans.
Son survêtement vert était déchiré à l'épaule. Du sang coulait depuis son arcade jusque sur sa joue, mais il ne faisait plus la différence entre celui-ci et la pluie. Ses doigts tremblaient autour du couteau qu'on leur avait remis avant la dernière épreuve.
Autour d'eux, les gardes attendaient.
Immobiles.
Silencieux.
Comme si les deux hommes se trouvaient déjà seuls au monde.
Dans la salle de surveillance, le Front Man observait le joueur 210 sur l'écran principal.
Depuis le début des Jeux, Hae-joon n'avait jamais été le plus fort ni le plus cruel. Il avait survécu en étudiant les autres. Il mémorisait leurs habitudes, repérait leurs mensonges et comprenait leur peur avant qu'ils ne l'expriment.
Mais il avait surtout commis une erreur que le Front Man connaissait parfaitement.
Il s'était attaché.
Le joueur 374 avait été son allié pendant trois épreuves.
À présent, l'un d'eux devait tuer l'autre.
— Relève-toi, souffla Hae-joon.
Le joueur 374 laissa échapper un rire sans joie.
— Pour quoi faire ?
— Nous pouvons encore demander l'arrêt.
— Et partager quoi ? Rien ?
— Nous resterons en vie.
Le visage du joueur 374 se contracta.
— Toi, peut-être que ça te suffit.
La phrase atteignit Hae-joon plus violemment qu'un coup.
L'autre homme le savait.
Il savait que personne ne l'attendait à l'extérieur. Il savait que la petite fille dont Hae-joon avait parlé une seule fois n'était plus en vie. Il savait que toutes les dettes qui l'avaient conduit jusqu'ici étaient liées à des traitements arrivés trop tard.
— J'ai un fils, continua le joueur 374. Il m'attend.
Hae-joon baissa lentement son couteau.
— Alors arrêtons.
— Tu ne comprends pas.
— Si.
— Non. Tu n'as plus rien à perdre.
Pendant un instant, aucun des deux ne bougea.
Puis le joueur 374 se précipita.
Hae-joon esquiva par réflexe. Une première lame passa près de sa gorge. La seconde lui entailla l'avant-bras. Ils chutèrent ensemble dans la boue, chacun essayant de retenir le poignet de l'autre.
Ce ne fut ni élégant ni héroïque.
Seulement deux hommes épuisés qui refusaient de mourir.
Hae-joon parvint à prendre le dessus. Son genou écrasa le bras de son adversaire. Il leva son couteau, mais s'immobilisa lorsqu'il croisa son regard.
Le joueur 374 ne le supplia pas.
Il paraissait presque soulagé.
— Fais-le.
Hae-joon jeta le couteau loin de lui.
— Non.
Il se releva puis tendit sa main.
— On arrête.
Le joueur 374 observa cette main pendant plusieurs secondes.
Son visage se brisa.
Il aurait pu l'accepter.
Un bref instant, Hae-joon crut réellement qu'il allait le faire.
Puis l'homme attrapa le second couteau dissimulé sous sa jambe et se jeta sur lui.
Hae-joon recula brutalement.
Son épaule heurta celle du joueur 374. Il le repoussa pour empêcher la lame d'atteindre sa poitrine.
Un simple mouvement.
Un geste de survie.
Mais le pied de son adversaire franchit entièrement la ligne extérieure du calamar.
Une détonation éclata.
Le corps du joueur 374 se raidit contre lui.
Hae-joon le retint avant qu'il ne touche le sol.
Il resta agenouillé dans la boue, l'homme mourant contre sa poitrine, incapable de comprendre ce qui venait de se produire.
— Non... Non, reste avec moi.
Le joueur 374 ouvrit difficilement les yeux.
— Min-jae...
— Quoi ?
— Mon nom.
Ses lèvres tremblèrent.
— Park Min-jae.
Hae-joon resserra ses bras autour de lui.
— Min-jae.
L'homme expira une dernière fois.
Une voix artificielle résonna au-dessus du terrain :
« Le joueur 374 a été éliminé. Le joueur 210 remporte les Jeux. »
Les lumières changèrent.
Une musique triomphale envahit l'arène.
Hae-joon ne leva même pas la tête.
Derrière son masque noir, le Front Man continua de l'observer.
Hae-joon n'avait pas regardé la cagnotte.
Il n'avait pas demandé combien il venait de gagner.
Il avait demandé le nom du mort.
Le vainqueur
On lui retira ses vêtements dans une pièce entièrement blanche.
On nettoya ses plaies. On recousit son arcade. On lui donna une chemise propre et un pantalon sombre. Plusieurs gardes s'affairèrent autour de lui sans jamais lui adresser directement la parole.
Hae-joon ne résistait pas.
Il ne les aidait pas non plus.
Il se laissait manipuler comme s'ils s'occupaient déjà d'un corps vide.
Lorsqu'ils eurent terminé, les gardes quittèrent la pièce.
La porte se referma.
Hae-joon resta seul sur la table d'examen, les mains posées entre ses genoux.
Quelques instants plus tard, la porte s'ouvrit de nouveau.
L'homme au masque noir entra.
Hae-joon ne releva pas immédiatement les yeux.
— Félicitations, joueur 210.
Aucune réponse.
Le Front Man s'arrêta face à lui.
— Vous êtes le vainqueur.
Cette fois, Hae-joon leva la tête.
— Non.
— Pardon ?
— Je suis le dernier.
Le silence qui suivit fut long.
Le Front Man aurait pu corriger cette insolence. Il aurait pu partir ou ordonner qu'on endorme immédiatement le survivant.
Au lieu de cela, il resta.
Hae-joon observa son masque.
— Vous connaissez leurs noms ?
— De qui parlez-vous ?
— Des quatre cent cinquante-cinq autres.
— Oui.
— Vous vous en souvenez ?
Le Front Man ne répondit pas.
— Vous connaissez au moins le sien, reprit Hae-joon. Le joueur 374.
— Park Min-jae.
Les doigts d'Hae-joon se crispèrent.
— Il avait un fils.
— Je sais.
— Quel âge ?
— Neuf ans.
Hae-joon ferma les yeux.
Cette information lui fit plus de mal que la lame reçue quelques heures auparavant.
— Pourquoi me le dire ?
— Parce que vous auriez continué à le demander.
— Vous pensez me connaître ?
— Je vous observe depuis six jours.
— Alors vous ne connaissez que le joueur 210.
Le Front Man inclina légèrement la tête.
— Peut-être.
Hae-joon le fixa à travers les cavités noires du masque.
— Et maintenant ?
— Maintenant, vous rentrez chez vous.
Un rire étouffé s'échappa d'Hae-joon.
— Chez moi...
Le Front Man ne réagit pas.
— L'argent sera versé sur un compte à votre nom. Personne ne vous demandera d'où il vient. Vous êtes libre d'en disposer comme vous le souhaitez.
— Libre ?
Hae-joon descendit lentement de la table.
Ses jambes faillirent céder, mais il refusa de s'appuyer contre le mur.
— Si j'étais libre, je pourrais retourner sur ce terrain et ramener Min-jae.
— Non.
— Je pourrais rendre leurs enfants à tous ceux que vous avez tués.
— Non.
— Je pourrais oublier leurs visages.
Le Front Man resta parfaitement immobile.
— Non, répéta-t-il.
Cette dernière réponse était différente.
Moins froide.
Presque personnelle.
Hae-joon le remarqua.
— Vous avez gagné, vous aussi.
Ce n'était pas une question.
Pendant quelques secondes, seul le bourdonnement des néons occupa la pièce.
— Préparez-vous à partir, répondit finalement le Front Man.
Il se détourna.
— Quel était votre numéro ?
L'homme au masque noir s'arrêta près de la porte.
Mais il ne se retourna pas.
— Cela n'a plus d'importance.
— Alors pourquoi le mien en aurait encore ?
La porte se referma sans réponse.
Le retour
Hae-joon se réveilla sur un trottoir avant l'aube.
Ses chaussures étaient propres. Ses blessures étaient couvertes. Une carte bancaire reposait dans la poche intérieure de sa veste.
Pendant plusieurs minutes, il resta allongé sur le béton humide, observant les premières lumières apparaître aux fenêtres des immeubles.
Des gens partaient travailler.
Un bus s'arrêta.
Une femme pressée le contourna sans le regarder.
Le monde avait continué.
Hae-joon se rendit à un distributeur automatique. Lorsqu'il consulta son compte, le nombre affiché fut si important qu'il dut le lire plusieurs fois.
Il ne ressentit rien.
Il reprit la carte puis marcha jusqu'à la gare.
Il aurait pu appeler quelqu'un.
Il n'avait personne à appeler.
Son appartement se trouvait exactement dans l'état où il l'avait laissé. Une tasse dans l'évier. Une facture impayée sur la table. Un manteau accroché près de l'entrée.
Sur une étagère reposait une photographie encadrée.
Une petite fille souriait à l'objectif, les deux mains accrochées au bras d'un Hae-joon beaucoup plus jeune. Elle portait un chapeau jaune trop grand pour elle. Lui riait franchement, la tête tournée vers son visage plutôt que vers l'appareil.
Baek Na-ri.
Sa fille.
Hae-joon prit la photographie puis s'assit contre le mur.
Lorsque Na-ri était née, il n'avait que seize ans. Tout le monde lui avait répété qu'il était trop jeune pour devenir père. Pourtant, elle avait été la seule chose de sa vie qu'il n'avait jamais regrettée.
Elle était morte à dix ans.
Les opérations, les emprunts et les intérêts avaient survécu à sa place.
Hae-joon observa son sourire derrière la vitre.
— J'ai gagné, Na-ri.
Sa voix se brisa sur le dernier mot.
— Tu aurais seize ans maintenant.
La somme déposée sur son compte aurait pu payer des centaines de fois les traitements qu'il n'avait pas réussi à lui offrir suffisamment tôt.
Elle arrivait six années trop tard.
Pour la première fois depuis la fin du jeu, Hae-joon pleura.
Pas longtemps.
Quelques larmes silencieuses, presque honteuses, qu'il essuya avant de retourner le cadre contre l'étagère.
Ensuite, il resta assis dans l'obscurité jusqu'au lendemain.
Les noms
Pendant les semaines qui suivirent, Hae-joon ne toucha presque pas à l'argent.
Il régla ses dettes. Rendit les clés de son appartement. Loua une chambre impersonnelle dans laquelle aucun souvenir ne pouvait l'attendre.
Puis il commença à chercher.
Park Min-jae.
Il consulta les avis de décès, les registres d'entreprises, les anciens réseaux sociaux. Il trouva plusieurs hommes portant ce nom, mais aucun ne correspondait avec certitude au visage du joueur 374.
Les autres participants étaient encore plus difficiles à retrouver.
Des numéros sans noms.
Des morts sans corps.
Une nuit, en rentrant dans sa chambre, Hae-joon découvrit une enveloppe glissée sous sa porte.
À l'intérieur se trouvait une seule feuille.
PARK JOON-SEO — 9 ANS
Une adresse était inscrite en dessous.
Au bas de la page, une phrase avait été ajoutée :
La dette familiale a été intégralement remboursée ce matin.
Aucune signature.
Hae-joon relut le message plusieurs fois.
Le lendemain, il se rendit à l'adresse.
Il resta de l'autre côté de la rue.
Un petit garçon sortit de l'immeuble en tenant la main d'une femme âgée. Il portait un cartable bleu. Avant de monter dans un véhicule, l'enfant se retourna comme s'il avait senti qu'on l'observait.
Hae-joon recula dans l'ombre.
Il ne traversa pas.
Lorsqu'il revint à son hôtel, un homme l'attendait dans le couloir.
Long manteau noir. Mains nues. Visage découvert.
Hae-joon ne l'avait jamais vu auparavant.
Pourtant, il reconnut immédiatement sa voix.
— Vous vouliez savoir ce qu'il adviendrait de son fils.
Hae-joon s'immobilisa.
— Front Man.
L'homme ne confirma pas.
Il n'en avait pas besoin.
Sans le masque, il paraissait presque ordinaire. Plus âgé qu'Hae-joon, le visage marqué par une fatigue parfaitement maîtrisée. Son regard, en revanche, était exactement le même.
Celui qui l'avait observé mourir sans mourir.
— C'est vous qui avez payé la dette ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce que vous l'auriez fait dès que vous l'auriez retrouvé.
— Ce n'est pas une réponse.
L'homme en noir soutint son regard.
— Vous avez demandé son nom avant de demander votre récompense. Je voulais savoir ce que vous en feriez.
— De son nom ?
— De votre culpabilité.
Hae-joon s'approcha brusquement.
— Vous n'avez aucun droit de prononcer ce mot.
— Probablement pas.
L'absence de défense le déstabilisa davantage qu'une menace.
— Vous avez fait tuer quatre cent cinquante-cinq personnes.
— Je n'ai jamais prétendu le contraire.
— Et vous croyez qu'en payant la dette d'un enfant, cela change quelque chose ?
— Non.
— Alors pourquoi l'avoir fait ?
Le regard de l'homme se détourna brièvement vers la fenêtre située au bout du couloir.
— Parce que son père avait tenu parole jusqu'à la dernière épreuve. Et parce que vous n'auriez pas cessé de le chercher.
Hae-joon comprit alors quelque chose.
— Vous m'avez suivi.
— Je me suis assuré que le gagnant était toujours en vie.
— Pourquoi cela vous intéresse-t-il ?
L'homme en noir revint vers lui.
— Parce que je sais ce qui arrive lorsqu'un vainqueur rentre chez lui et découvre que l'argent ne peut plus sauver la personne pour laquelle il en avait besoin.
La colère d'Hae-joon disparut brusquement.
Pas entièrement.
Mais suffisamment pour laisser place à autre chose.
Une reconnaissance douloureuse.
— Qui avez-vous perdu ?
Le visage d'In-ho se referma.
— Cela ne vous concerne pas.
— Mais vous avez participé.
Silence.
— Vous portiez un numéro, vous aussi.
L'homme en noir ne détourna pas les yeux.
— Oui.
C'était la première vérité qu'il lui offrait.
Un seul mot.
Mais Hae-joon entendit tout ce qu'il ne disait pas avec.
— Et après avoir survécu, vous êtes retourné auprès d'eux.
— Oui.
— Pourquoi ?
— Parce qu'à l'extérieur, je n'avais plus de place. Ici, ils m'en ont donné une.
— En échange de quoi ?
— De ce qu'il restait de moi.
Hae-joon sentit un frisson lui parcourir la nuque.
Il aurait voulu détester cet homme sans réserve.
Mais pour la première fois depuis son retour, quelqu'un se tenait devant lui sans essayer de lui dire qu'il avait de la chance, qu'il devait profiter de son argent ou oublier ce qui s'était passé.
In-ho savait.
Et c'était précisément ce qui le rendait si dangereux.
— Qu'est-ce que vous voulez ?
— Vous proposer un choix.
Hae-joon eut un rire amer.
— Vous aimez beaucoup ce mot.
— Les Jeux continueront avec ou sans vous.
— Je pourrais aller voir la police.
— Vous pourriez.
— Tout raconter.
— Vous pourriez essayer.
La certitude tranquille de sa réponse fit comprendre à Hae-joon que d'autres avaient probablement tenté avant lui.
In-ho sortit une carte de sa poche.
Elle était entièrement blanche.
Aucun numéro de téléphone n'apparaissait dessus. Seulement une adresse et une date.
— J'ai besoin de quelqu'un capable de regarder les écrans sans oublier qu'il observe des êtres humains.
Hae-joon ne prit pas la carte.
— Vous cherchez une conscience ?
— Non.
In-ho marqua une pause.
— Je cherche quelqu'un qui remarquera lorsque la mienne se tait.
Cette fois, Hae-joon ne parvint pas à dissimuler sa surprise.
— Pourquoi moi ?
— Parce que vous avez survécu sans prendre plaisir à la mort des autres. Parce que vous avez essayé d'arrêter la dernière épreuve alors que vous pouviez gagner. Et parce que, malgré tout ce qu'ils vous ont fait, vous cherchez encore leurs noms.
— Vous voulez me placer à vos côtés pour vous sentir moins seul.
In-ho ne répondit pas immédiatement.
Puis, avec une honnêteté presque brutale :
— Peut-être.
Ce seul mot fut plus intime que toutes les confessions qu'il aurait pu lui faire.
Hae-joon regarda la carte blanche.
— Et si je refuse ?
— Je partirai.
— Vous me laisserez vraiment tranquille ?
— Non.
Un très léger changement passa dans les yeux d'In-ho.
— Mais je ne vous forcerai pas à venir.
— Quelle différence ?
— Celle que personne ne nous a accordée.
In-ho déposa la carte sur le meuble près de la porte.
Puis il passa devant lui.
— Je ne travaillerai jamais pour vous, déclara Hae-joon.
In-ho s'arrêta sans se retourner.
— Je pensais la même chose.
Il reprit sa marche.
— In-ho.
C'était la première fois qu'Hae-joon prononçait son nom. Il l'avait lu sur la carte, inscrit discrètement sous l'adresse.
L'homme en noir s'immobilisa.
— Pourquoi avoir retiré votre masque ?
— Parce que je ne demandais pas au joueur 210 de me suivre.
In-ho tourna légèrement la tête.
— Je le demandais à Baek Hae-joon.
Puis il disparut dans l'escalier.
La carte blanche
Hae-joon ne se rendit pas au rendez-vous.
Il brûla presque la carte.
Il la plaça au-dessus de la flamme d'un briquet, regardant le bord du papier commencer à noircir.
Puis il pensa à Park Joon-seo.
À la dette remboursée.
Aux quatre cent cinquante-quatre autres familles dont il ne connaissait pas les noms.
Il éteignit la flamme.
Trois jours après la date indiquée, il appela le numéro inscrit au dos, révélé par la chaleur.
Une voix répondit immédiatement.
— Vous êtes en retard, monsieur Baek.
— Je n'ai pas dit que j'acceptais.
— Non.
La voix d'In-ho paraissait presque amusée avant de poursuivre.
— Mais vous avez appelé.

L'homme en blancHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora