Grand frere

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Mon cher frère,

Toi qui chaque jour me fais rire, sourire, même quand au fond de moi j'ai parfois juste envie de m'écrouler.

Toi qui as toujours essayé de me protéger, même quand tu avais toi-même besoin d'être protégé.

Tu ne liras probablement jamais ce que j'écris aujourd'hui. Et peut-être que c'est mieux comme ça, parce que je ne sais même pas si j'aurais le courage de te dire tout ça en face. Mais sache une chose : ça me détruit de te voir comme ça.

De voir que tu ne souris plus comme avant.
De voir que tu doutes de toi, de tes capacités.
De voir que tu te poses mille questions.
De voir que tu vas mal et que, malgré tout, tu essaies de faire comme si tout allait bien.

Tout à l'heure, quand tu racontais tes problèmes, peut-être que je disais n'importe quoi pour essayer de te faire rire.

(Spoiler alert : ça n'a pas marché.)

Mais derrière mes blagues, derrière mes sourires, derrière mes « mais arrête de penser à ça », je me sentais tellement mal.

Parce que je te voyais parler et je me disais que j'aurais aimé pouvoir prendre tout ce que tu ressens et le porter à ta place, juste pour que tu puisses respirer un peu.

J'aurais aimé trouver les bons mots.

J'aurais aimé savoir quoi te dire.

J'aurais aimé pouvoir te réparer comme toi, tu as essayé de me réparer tellement de fois.

Et c'est peut-être ça qui me fait le plus mal.

J'ai pas été la meilleure sœur. Pas du tout.

Tu me répètes sans cesse que tu voudrais être enfant unique, et même si parfois je fais semblant de m'en foutre, ça me touche plus que tu ne le penses.

Parce que malgré toutes nos disputes, malgré toutes les fois où on s'est énervés l'un contre l'autre, malgré toutes les fois où on s'est dit des choses qu'on ne pensait sûrement pas vraiment...

Sache que je t'aime.

Et je suis reconnaissante envers Allah de m'avoir donné toi comme frère, et pas un autre.

Oui, on a eu des bas.

Mais on a aussi eu tellement de hauts.

Et quand je repense à notre enfance, je me rends compte qu'il y a énormément de souvenirs dans lesquels tu es là.

Quand j'étais à l'hôpital, tu étais là.

Quand j'avais peur pour maman, tu me réconfortais alors que toi aussi, tu avais peur.

Quand je pleurais, tu essayais de me faire rire.

Quand papa voulait me frapper, tu te mettais entre nous.

Quand je me suis fait embêter, tu m'as protégée.

Quand maman et papa se disputaient, tu étais là pour me rassurer.

Quand j'avais peur, tu essayais de faire disparaître cette peur.

Et même quand toi tu avais peur, tu trouvais quand même la force de me rassurer.

Tu as fait tellement de choses pour moi.

Et finalement, j'ai l'impression de n'avoir rien fait pour toi.

Et je sais que ce n'est probablement pas vrai.

Je sais que j'ai peut-être été là à ma manière, même si je ne l'ai pas toujours montré.

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⏰ Última actualización: Aug 21 ⏰

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