Le Colisée de Rome n'était pas seulement un amphithéâtre de marbre blanc ; c'était le cœur battant d'un empire bâti sur la sueur, la poussière et le sang. Ce jour-là, les gradins vibraient sous les acclamations frénétiques de la foule en délire. Dans la loge impériale, drapée de pourpre et d'or, l'empereur Orpheus observait l'arène avec un amusement distrait, habitué au spectacle de la violence romaine.
À ses côtés, sa fille Faenys — une jeune fille aux magnifiques cheveux châtains aux reflets miel et aux grands yeux verts pétillants de vie suivait les combats avec des étoiles dans les yeux. Mais ce qui retenait véritablement toute son attention à cet instant précis, c'était le plateau de douceurs posé sur la table basse devant elle. Faenys adorait par-dessus tout ses gâteaux favoris : de délicieuses pâtisseries dorées au miel et à la cannelle, préparées exclusivement par les cuisines privées du palais. Elle savourait ces gâteaux-là en particulier, fermant un instant les yeux pour apprécier le goût sucré et épicé qui fondait sur sa langue, avant de se replonger dans les clameurs de l'amphithéâtre.
La journée s'écoula ainsi, bercée par les bruits de la cité. Puis vint l'heure du déjeuner à midi.
Attablée dans la salle à manger privée aux côtés de son père, la jeune fille termina son repas en hâte, réclamant une dernière portion de ses gâteaux au miel et à la cannelle qu'elle croqua avec gourmandise. Elle se tourna ensuite vers Orpheus, les yeux brillants d'impatience :
— Dis, Papa... Est-ce que je peux aller jouer dehors dans les jardins ?
Orpheus la regarda avec une infinie tendresse, un sourire bienveillant étirant ses lèvres. Il savait combien sa fille débordait d'énergie.
— C'est d'accord, ma chérie. Mais promets-moi de ne pas sortir des enceintes sécurisées du palais. C'est un ordre strict, d'accord ?
— Promis juré ! s'écria-t-elle en sautant de sa chaise.
Aussitôt, elle quitta la table en trombe. En sortant de la pièce, elle se mit à sautiller gaiement dans les longs couloirs de marbre frais, un léger sourire aux lèvres, direction les jardins royaux. Une fois dehors, baignée par la douce lumière du soleil méditerranéen, elle s'installa dans l'herbe tendre, s'amusant innocemment avec quelques bouts de bois pour imaginer ses propres royaumes.
Soudain, un frémissement dans un buisson touffu tout proche attira son attention. Elle s'arrêta net. Le feuillage bougea de nouveau. Curieuse et intrépide, Faenys se releva souplement et s'approcha à petits pas feutrés. D'un coup sec, une souris affolée jaillit du feuillage et s'enfuit en panique dans les herbes hautes. Poussée par une curiosité irrésistible, la jeune fille écarta les branches basses. Et là, cachée au creux des racines, reposait une forme étrange. Un objet lourd, anormalement chaud, entièrement tapissé d'écailles sombres et iridescentes : un œuf de dragon. N'écoutant que son audace, elle plongea les mains dans les feuilles, souleva la relique lourde contre sa poitrine, et prit la fuite en courant. Elle traversa les couloirs du palais en trombe, haletante, et fit irruption sans frapper dans les appartements de son père.
Le souffle coupé, les yeux verts écarquillés d'émerveillement, elle lui tendit l'objet :
— Regarde, Papa ! J'ai trouvé ça dans les buissons des jardins !
Orpheus posa les yeux sur l'œuf d'écailles sombres, mesurant instantanément le danger mortel et la portée politique de ce secret. Mais face au regard suppliant et émerveillé de sa fille unique, il soupira, esquissa un sourire complice et lui murmura :
— Garde-le. Et que personne d'autre ne l'voie.
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L'empire de Cendres et de Sang
FantasyFaenys menait une vie dorée aux côtés de son père, l'empereur Orpheus, entre les gradins du Colisée et les doux parfums de ses gâteaux a la vanille . Jusqu'à ce jour tragique de ses onze ans où un poison mortel, commandité par le chef de la tribu de...
