13 ans

8 1 0
                                        

Je suis assise, encore une fois. Depuis les deux dernières années je suis assise. Depuis cet accident. Mais aujourd'hui, je suis dans une chaise. Une chaise en bois. Avec un petit coussin de tissu fleuri dessus.

Et si je le veux, je pourrais me lever. Mes jambes ont guéri. Mon cœur et mon âme aussi.

Mes bras ciselés de cicatrices, elles aussi dû au choc, sont posés sur la table devant moi. Entre eux, il y a un gâteau. Un énorme gâteau tellement grand que toutes les personnes dans cette salle ne pourront pas tout manger.

Et sur ce gâteau, brûle des bougies. Il n'y en a pas treize, il y en a trois. Trois bougies retrouvées dans le placard, entre les ustensiles de pâtisserie. Trois bougies utilisées depuis chaque année, chaque anniversaire, chaque événement qui arrive depuis deux ans.

Elles sont toutes fondues, mais je ne sais pas pourquoi, elles sont si belles. Et leur flamme brille d'une couleur orange si forte qui contraste totalement avec mes yeux bleus.

De ces yeux je peux voir les personnes devant moi. Ma mère, elle est si belle elle aussi. Elle a préparé cet énorme gâteau tout l'après midi. Comme à chaque anniversaire et chaque événement, où elle mettra ensuite ces fameuses bougies.

À côté d'elle il y a mon père. Avec son air dur mais chamboulé. Heureux. J'imagine qu'il est heureux de nous voir heureux. Il est heureux de me voir heureuse et en vie.
Je ne pensais pas m'en sortir.

Après cet accident de voiture, j'ai été bloquée à l'hôpital. Je ne pouvais plus bouger. Je ne pouvais plus courir.

Je ne pourrai sûrement plus jamais courir. Plus comme avant.
Cette simple pensée me tue. Je ne sais pas ce que je voudrais faire d'autres. Toute ma vie j'ai couru. Loin de mes responsabilités, pour ne pas être en retard. Et aux compétitions.
J'étais si forte. J'étais si libre. J'avais l'impression de m'envoler.

On m'a coupée les ailes.

J'ai pensé mourir. Je ne voulais pas mourir. Mais je ne voulais pas vivre dans un monde où vivre ne serait pas courir. Je dormais. Et quand je le réveillais je pensais juste à me rendormir.

Puis un jour mon cousin me rendit visite.

Il avait un set de dessin. Je l'ai regardé. Pourquoi il me donnait ça, je ne sais pas dessiner. Il m'a dit que c'était pour que j'aille mieux. Je ne voulais pas lui faire de la peine alors j'ai bien voulu. Mais je ne l'ai pas utilisé. Je dormais, puis je me levais et pensais à me rendormir. Mais un jour, je me levai, avec plus d'énergie que d'habitude. Je ne savais pas quoi faire, alors je pris ce kit. Pourquoi pas essayer. Je l'ouvrit. Il y avait toutes les couleurs de l'arc en ciel.

Comme sur le gâteau. Dessiner m'a sauvé la vie. Puis j'ai trouvé des amies. Des vraies amies qui sont restées même quand je ne pouvais plus courir.

Elles sont là, a côté de mon père, a côté de ma mère et de mon cousin aux idées farfelues. Elles sont là et maintenant je le sais elles le resteront.

" Souffle tes bougies ! Fais un vœu ! "

Je ferma les yeux et pris une grande inspiration. Cette fois je ne fis pas le vœu de pouvoir courir. Je ne fis pas le vœu que mes amies reviennent.

J'avais tout ce dont j'avais besoin.

Certes, je ne pouvais pas courir. Certes, j'ai mis d'amies qu'avant. Et ma vie n'est pas si incroyable.

Mais j'ai retrouvé l'envie de vivre. Le goût et la couleur.

Alors le seul vœu que je fis, c'est le suivant.

" Je veux toujours garder ce soleil en moi. Que ma vie s'améliore ou non, je veux toujours penser au positif de ma vie. Je ne veux jamais oublier ce sentiment que je vis, et que je peux faire ce que je veux. "

Alors j'ouvris mes yeux. Les personnes que j'aime présentent autour de moi.

Et ce magnifique sentiment. D'avoir retrouvé le soleil après l'orage.

C'est tout ce dont j'avais besoin.

--------------------------------------------

Premier one shot j'espère que vous avez aimé (⁠ ⁠◜⁠‿⁠◝⁠ ⁠)⁠♡

13 ans Stories to obsess over. Discover now