Malgré la merde monstre de ma situation, j'avoue qu'il y a quand même de bonnes choses au milieu de tout ça.
Comme mes balades matinales.
Mon Dieu... Si la moi de 11 ans entendait ça, elle ferait une tête de six pieds de long. Et il y a de quoi ! Mais nous y voilà, alors que l'aube a à peine pointé le bout de son nez.
Mes pas résonnent sur le pavé tandis que j'arpente les alentours du Night Raven College. Mon souffle froid crée des volutes de vapeur autour de moi.
Voilà déjà un bon moment que je suis arrivée. Et pourtant... J'ai toujours l'impression d'être arrivée hier...
À part mes pas, seul le bruit de la nature m'entoure. J'adore ce moment de calme. Il règne à cette heure une atmosphère bien particulière. Enfin, ça me permet surtout de me préparer au reste de la journée et au tintamarre qui s'ensuit.
Non pas que je n'aime pas ma petite bande, mais j'ai besoin de mes petits moments pour me ressourcer.
Un petit sourire glisse sur mes lèvres.
Mon Dieu. Voilà quelque chose que je pensais impossible il y a de cela quelques années à peine.
J'ai des amis.
Des « vrais » amis.
Des Nakamas, comme je dis. Mon Dieu, je crois que One Piece m'a un peu trop influencée.
Un soupir de contentement m'échappe.
Je n'aurais pas pu rêver mieux comme endroit. Pourtant... Je dois bien avouer que ma famille me manque. La douleur n'est plus aussi vive qu'au début, mais elle n'a pas disparu. Elle est juste... plus petite, plus discrète aussi.
— Bonjour à toi, petite Humaine.
Une voix grave résonne brusquement dans mon oreille. Un glapissement m'échappe tandis que je m'écarte brusquement pour découvrir...
— Malleus ! je grommelle.
Le Housewarden de Diasomnia me fait face, un sourire malicieux aux lèvres. Du typique Malleus, tu me diras. Mais de qui tient-il ça ?
Ah... Question bête.
De son père adoptif.
— Eh bien, une petite réunion était prévue aujourd'hui et personne ne m'a prévenue ?
Quand on parle de la chauve-souris.
— Il est où ? je redemande.
Malleus pointe l'arbre au-dessus de nos têtes et, quelques secondes plus tard, le grand petit fae apparaît, un sourire aussi malicieux que son fils.
— Bonjour à toi aussi, Lilia, je réponds.
Ce dernier retombe tel un chat sur ses pattes.
Je plisse les yeux.
J'adorerais faire ça. Mais moi, je finirais aux urgences hospitalières avec les jambes cassées et une énorme hémorragie...
— Tout va bien, petite humaine ? demande-t-il en s'asseyant sur un muret à proximité.
— Si je faisais comme toi, Lilia, il y aurait belle lurette que je serais morte, je répète à voix haute.
— Oh.
Père et fils deviennent silencieux comme des tombes.
Il y a quelques mois en arrière, j'aurais paniqué au possible face à leur réaction. Aujourd'hui, je ne m'en fais même plus tant je suis habituée.
— Au fait, je continue. Qu'est-ce que vous faites dehors de bon matin ? Toi, Malleus, tu ne dors pas à cette heure ? Et toi, Lilia, c'est pas le moment où tu joues à ton jeu du moment ?
Lilia m'offre un grand sourire.
— Dis donc, depuis quand tu connais aussi bien nos routines ?
J'arque un sourcil et réponds d'une voix sarcastique :
— Oh wow, il est si compliqué de vous écouter parler et de retenir vos habitudes !
Les deux échangent un regard.
Oh bon Dieu.
Qu'est-ce qu'ils vont encore me sortir ?
— Quoi ? je demande en croisant les bras.
— Rien, me répond Malleus. Mais tu as changé depuis ton arrivée ici. Pour le mieux, bien sûr. Tu te souviens, Lilia, comment elle était au début ?
— Et comment ! s'esclaffe ce dernier. Je crois que je me souviendrai toujours de sa tête quand elle nous a vus pour la première fois ! On aurait dit que ses yeux allaient sortir de leurs orbites ! C'était très drôle.
Et pour moi, très gênant.
Je réprime ma grimace tandis que le souvenir remonte à la surface comme une bulle de savon.
— Il faut croire que les gens changent, je raille. Vous, vous avez l'air de petits jeunes, alors que vous êtes de vieux papis !
Lilia prend une pose dramatique et l'accompagne d'une fausse inspiration outrée.
— Comment oses-tu ? s'exclame-t-il d'un ton mélodramatique.
— Pour en venir à ta question de départ, le coupe Malleus, nous nous sommes retrouvés au hasard à faire cette marche ensemble. Pour ma part, je n'arrivais plus à dormir.
— Malleus ! je le réprimande. Tu dois faire attention à ta santé ! Et ça passe par le sommeil.
— Et pour moi, continue Lilia, j'ai fini toutes les quêtes du dernier event de mon jeu. Donc il fallait bien qu'on tue le temps. De plus, un peu d'air frais ne fait pas de mal. Pas vrai ?
J'hoche la tête.
— C'est comme ça que nous nous sommes retrouvés à nous balader ensemble, m'explique le Housewarden de Diasomnia. Et puis nous t'avons vue.
— Tu avais l'air toute triste, le coupe Lilia. Alors on est venus te voir. Pour te changer les idées.
Oh.
— Merci, les garçons.
— Il n'y a pas de quoi, réplique Malleus.
— On papote, on papote. Mais le soleil est déjà bien haut. Et si on allait manger ? demande à son tour Lilia.
Je sursaute.
Déjà ?
Je lève le nez pour voir que le soleil est maintenant bien réveillé.
Bon... Eh bien, je n'aurai pas beaucoup marché.
J'hausse les épaules.
— Je vous suis, les garçons.
Après tout, même si ma famille me manque, j'ai de bonnes personnes sur qui m'appuyer.
FIN
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A l'aube
FanfictionUne balade matinale, un peu de mal du pays et deux faes qui ont visiblement décidé qu'elle ne resterait pas triste toute seule. 🌟Les Minis Shots🌟
