Bonjour ! Petit contexte :
J'ai participé il y a un mois à un concours de fanfictions. N'ayant pas été sélectionnée, et plutôt que de laisser ladite fanfic prendre la poussière, je la poste ici.
Elle est courte, car le format m'y obligeait (moins de 700 mots), d'où la rapidité des évènements. C'était un exercice assez difficile pour moi de condenser, j'ai l'habitude de prendre un peu plus mon temps.
C'est un peu différent de ce dont j'ai l'habitude de poster (une fanfic de moins de 40 chapitres 😱), mais j'espère que ça vous plaira !
(La couverture est, comme d'habitude, de moi et très largement inspirée de Pirates des Caraïbes).
Bonne lecture !
***
Les océans murmuraient mon nom comme une malédiction. Vi, la pirate recherchée d'un continent à l'autre. Je fendais les mers depuis des années avec un seul cap : retrouver Powder. Certains l'appelaient Jinx, fléau des flottes marchandes, pour moi, elle restait ma petite sœur.
Ce jour-là, pourtant, ce ne furent ni des cartes ni des rumeurs que mes filets ramenèrent. Lorsque l'équipage les hissa sur le pont, une queue d'écailles bleu nuit s'y débattit avec violence. Les mailles emprisonnaient une sirène. Ses longs cheveux sombres, détrempés, collaient à sa peau pâle tandis que ses nageoires frappaient les planches dans un bruit sec. Son regard azur oscillait entre une peur farouche et une détermination inébranlable. Elle était prête à vendre chèrement sa vie.
Autour de moi, les lames quittèrent leurs fourreaux. Les anciens crachaient les mêmes histoires : les sirènes attiraient les marins vers leur tombe, elles étaient des démons. Je levai une main pour faire taire l'équipage et m'agenouillai devant elle. Mon couteau scintilla sous le soleil. La sirène se raidit, ses pupilles plantées dans les miennes sans jamais les fuir. Je restai suspendue à ce regard, incapable d'y trouver le moindre monstre, seulement un être qui refusait de plier.
La lame glissa, les cordes cédèrent. Un instant plus tard, elle disparut dans les profondeurs sans un bruit, ne laissant derrière elle qu'une flaque salée sur le bois du pont. Je ne revis plus ses yeux. Jusqu'à cette nuit.
Le ciel éclatait sous les éclairs. Les navires de Piltover nous encerclaient, toujours plus nombreux. On repoussa leurs assauts jusqu'à l'épuisement, mais les renforts continuaient de nous acculer. Inévitablement, notre coque finit par céder dans un grondement terrible et la mer m'avala toute entière.
Je me débattis, cherchant la surface. Des poutres, des débris et des corps m'entraînèrent toujours plus bas. Mes poumons brûlaient. Chaque mouvement semblait plus vain que le précédent. Alors que mes espoirs coulaient en même temps que mon corps, une main saisit la mienne. A travers l'obscurité liquide, j'entrevis une longue queue irisée et puis... plus rien.
Lorsque j'ouvris les yeux, la pluie tombait encore. J'étais allongée dans quelques centimètres d'eau, sur une langue de sable perdue entre les rochers. Mon souffle revint difficilement tandis que je me redressais. J'écartai des mèches roses qui me barraient la vue.
Elle était là, à moins d'un mètre. A moitié immergée, elle respirait avec peine, comme si me ramener jusqu'ici lui avait coûté toutes ses forces. Ses écailles, d'un indigo profond mêlé d'or, capturaient les éclairs qui traversaient le ciel. Une nageoire translucide frémissait derrière elle. Quelques mèches bleu nuit encadraient un visage aux traits délicats, mais c'était surtout ses yeux qui me retenaient. Je les aurais reconnus entre mille.
Je m'approchai lentement, à quatre pattes, refusant le moindre geste brusque. Elle ne recula pas. Je tendis simplement la main. Elle l'observa un long moment avant d'y déposer la sienne avec une infinie précaution. Ses longs doigts étaient plus frais que l'eau. Ils effleurèrent les miens avant de s'y glisser, les entrelaçant un à un avec une douceur inattendue. Nos mains finirent naturellement nouées l'une à l'autre.
Lorsqu'elle releva les yeux vers moi, je découvris que mon souffle s'était raccourci. Un sourire presque imperceptible éclaira son visage. Elle tira doucement sur ma main. Son corps glissa hors des vagues avec une grâce irréelle pour venir se lover entre mes jambes. Sa longue queue s'enroula lentement autour de mes mollets, tièdes malgré la pluie. Je posai instinctivement une main à sa taille, sentant sous mes doigts le passage subtil des écailles vers la douceur de sa peau. Elle leva l'autre main jusqu'à ma joue, où elle caressa de son pouce mon tatouage "Vi". Ses doigts glissèrent ensuite jusqu'à ma nuque et jouèrent distraitement avec quelques mèches de mes cheveux. Son regard fit des allers-retours entre mes yeux et ma bouche, comme demandant une permission. Alors pour toute réponse, je collai mon front au sien et ainsi nos souffles se mêlèrent.
Autour de nous, l'orage semblait déjà s'éloigner. Je fermai les yeux. Ses lèvres rencontrèrent les miennes avec une infinie délicatesse, pareilles à une vague venant mourir sur le rivage après avoir défié toute une mer.
***
Est-ce que ça m'a donné envie d'en faire une fanfic de 40 chapitres ? Bien évidemment 🤭
À bientôt !
![D'Ecume et d'Acier [CaitVi OS]](https://img.wattpad.com/cover/414706508-64-k75868.jpg)