Je marchai d'un pas peu confiant, évitant les élèves qui se déversaient dans les couloirs alors que la sonnerie me vrillait les oreilles. Les casiers s'alignaient le long des murs avec régularité, j'aperçus enfin le mien calé entre celui de Sullivan Davis et Amara Smith. Les coins étaient un peu abîmés et les fantômes de dessins semblaient s'être imprégnés dans la peinture. Un petit cadran était collé au-dessus de la serrure.
Jade Rivière, lisais-je.
Au moins, il l'avait bien orthographié.
Je sortis la clé de mon sac et, dans un couinement, la porte s'ouvrit. L'intérieur était plutôt propre si on oubliait les chewing-gums collés au fond.
Je m'en occuperai plus tard...
Je le refermai et observai le cadran de ma montre : 9 h 27, et j'avais rendez-vous à 9 h 35 chez le proviseur pour régler les derniers problèmes que suscitait mon inscription tardive.
J'ouvris la porte de son bureau à 9 h 36 et le regard qu'il me lança me poussa à revérifier l'heure. Je n'avais qu'une minute de retard, pourquoi avais-je l'impression soudaine d'avoir commis un crime ? Si ses yeux pouvaient lancer des couteaux, alors je serais sûrement en train de me vider de mon sang sur le parquet en bois ciré, j'en étais certaine.
Il recula ses lunettes sur son gros nez rougeâtre et m'observa à travers les verres sales.
— Tu es la fille de France ?
Mes joues s'empourprèrent.
Ne pouvait-il pas simplement m'appeler par mon prénom ?
— Oui, c'est bien moi, je suis là pour cette année dans votre établissement, merci encore de m'accueillir.
Il renifla.
— Hm, n'oublie pas que tu es ici grâce à ta bourse, donc essaie de ne pas faire de vagues, d'accord ?
Je baissai le regard sur les motifs du tapis rouge sous mes pieds.
— Oui, monsieur.
Il fit glisser une feuille sur son bureau et me tendit un stylo.
— Signe ça, tu veux ?
Je le survolai du regard.
Un simple document pour l'internat.
La mine crissa sur le papier, ce qui fit un bruit étrangement bruyant dans la pièce à présent silencieuse.
Je lui rendis le crayon et il m'indiqua la sortie.
— En espérant que je ne vous reverrai jamais.
Je le saluai d'un hochement de tête.
— Bien sûr, monsieur.
Je refermai la porte et pus enfin prendre une longue inspiration.
Avant de partir, il m'avait presque lancé mon emploi du temps.
Classe de dernière année n° 7 :
Lundi
9 h : Cours de langue vivante 3.
J'avais choisi l'option Français car ce lycée ne proposait pas de cours d'Espagnol et leur niveau dans les autres langues devait être bien plus élevé que tout ce que j'aurais pu apprendre pendant les vacances d'été.
Je me dirigeai donc vers la classe, la boule au ventre, avec l'appréhension montant un peu plus à chaque pas.
Je toquai trois fois et elle s'ouvrit.
Toutes les têtes convergèrent d'un coup vers moi pour voir qui pouvait bien arriver aussi en retard. Ou peut-être pas, car un garçon qui devait bien mesurer deux mètres de haut me bouscula et entra dans la classe, un sourire fier étalé sur le visage.
— Parker !
Un grand brun lui fit un check et un autre lui tapa dans le dos. Il s'installa derrière eux, sans même s'excuser pour les trois quarts du cours qu'il venait de louper.
Le professeur me lança un regard encourageant et m'amena devant le tableau.
— Tu dois être Jade, (elle n'était pas d'origine française, merveilleux...) présente-toi, vas-y.
Je croisai mes mains devant moi pour couvrir leur tremblement et commençai à arracher les petites peaux autour de mes ongles.
— Bonjour, je m'appelle Jade Rivière, je viens de France...
Ma voix sembla coincée dans ma gorge alors que je vis Parker mimer un béret et une baguette sous les rires de ses copains.
— Heu... Voilà.
Des applaudissements éclatèrent dans la classe comme si je venais d'animer le show de leur vie et je m'installai au fond, à la dernière place libre, tout à gauche, juste à côté de Parker.
Il s'inclina comme un gentleman et prit un accent français des plus douteux.
— Bonjour, mademoiselle Riviiièèère, je suis Liam Parkeeer, vous avez oublié votre béreeet ?
Ses copains éclatèrent de rire et mes joues s'enflammèrent.
— Arrête, mec, c'est pas cool.
Mon sauveur se retourna vers moi, la main tendue.
— Moi, c'est Lucas Davidson, mais tu peux m'appeler par mon prénom.
— Merci...
Je lui serrai la main, ne sachant pas trop comment réagir.
C'est alors qu'un des potes de Parker lança :
— Waouh, Davidson le dragueur est de retour !
Mais dans quel lycée j'étais encore tombée ?
La sonnerie résonna pour annoncer la récré sous un tonnerre de cris.
L'année allait être longue.
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Une année pour ne pas te détester.
عاطفيّةROWAN LEWIS EST LE MEC PARFAIT. Capitaine de l'équipe de basket, intelligent, gentil... Mais le problème, le voilà : il est sympa avec tout le monde, sauf avec Jade. Pourquoi ? Personne ne le sait. Ou du moins... personne ne s'en souvient. Mais quel...
