A la découverte de Maurelle

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Je ne suis pas née différente. C'est le regard des autres qui m'a appris que je l'étais.

Je m'appelle Maurelle. J'ai 20 ans et je vis dans un quartier populaire de la ville de Douala, au Cameroun. J'étudie la comptabilité dans une université située non loin de chez moi. Ce n'est pas l'établissement le plus prestigieux, mais c'est celui que les moyens de ma famille nous permettent d'envisager.

Je suis issue d'une famille modeste. Je refuse d'utiliser le mot « pauvre », car, contrairement à beaucoup, nous avons toujours eu l'essentiel : un toit, une famille unie, de quoi manger et l'espoir de jours meilleurs.

Je suis originaire de l'Ouest du Cameroun, aussi bien du côté paternel que maternel, même si les villages de mes parents sont différents.

Je suis la dernière d'une fratrie de quatre enfants : deux grands frères, une grande sœur, Sonia, avec qui j'ai toujours eu un lien particulier, et moi. Nous avons grandi dans une maison simple, composée de trois chambres, d'un salon, d'une cuisine, d'un petit magasin, d'une douche et d'une véranda. Pour certains, ce n'est qu'une maison ordinaire. Pour moi, c'est là que tout a commencé.

Ma mère, Nicole, est une femme dont on dit souvent que je suis le portrait craché. Mon père, Paul, est tout l'opposé : un homme discret, presque invisible aux yeux du quartier. Beaucoup de mes amis ignorent même que j'ai un père tant on le voit rarement. Il se contente d'aller au travail, de rentrer à la maison et préfère garder ses distances avec le voisinage.

Je vis dans ce quartier depuis ma naissance, tout comme mes frères et ma sœur. Au fil des années, je m'y suis construit une bande d'amis venus d'ici et d'ailleurs. Aujourd'hui, ils sont bien plus que des amis : ils sont une famille de cœur. Pour une personne aussi hypersensible que moi, leur présence est l'un des plus beaux cadeaux que la vie m'ait offerts.

Si je devais me décrire, je dirais que je suis un mélange de contradictions.

Je suis hypersensible. Je ressens les émotions avec une intensité qui me dépasse parfois. Je suis généreuse avec les personnes que j'aime, mais aussi très possessive. Je n'aime pas partager ceux qui comptent pour moi. Certains appellent cela de la jalousie, moi, j'y vois simplement une façon maladroite d'aimer.

Je suis également très curieuse. J'ai toujours eu soif d'apprendre et de comprendre. Je me pose des questions sur tout, parfois même sur des choses auxquelles personne ne semble prêter attention. Cette curiosité me pousse constamment à découvrir, à lire et à explorer de nouveaux horizons.

J'aime cuisiner. J'aime me perdre dans les séries, surtout celles qui racontent les joies et les blessures de l'adolescence. J'aime lire, découvrir de nouvelles cultures et comprendre le monde qui m'entoure.

Quand on me demande ce que je veux devenir plus tard, je reste souvent sans réponse. Je fais des études de comptabilité, alors beaucoup s'attendent à me voir devenir comptable ou fiscaliste. Mais la vérité est que je me cherche encore. J'ai parfois l'impression de chercher ma place dans un pays où les rêves semblent souvent plus grands que les opportunités. Une chose, en revanche, est certaine : je veux construire une vie meilleure, pour moi, pour ceux que j'aime et même pour des personnes que je ne connais pas encore.

Je ne suis pas parfaite. Loin de là. Je suis impulsive. Il m'arrive de parler ou d'agir avant de réfléchir, et ma franchise peut parfois blesser. Beaucoup disent que je suis différente. Pas parce que je fais exprès de l'être, mais parce que je refuse de penser comme tout le monde. Je regarde les situations sous un autre angle, je pose des questions là où d'autres se contentent de suivre le courant.

Aujourd'hui, mes journées sont simples. Entre les études, l'aide que j'apporte à ma mère au marché, la vente de mes produits cosmétiques et les tâches de la maison, je fais de mon mieux pour avancer.

Les relations humaines ont toujours été compliquées pour moi. J'aime profondément les gens, mais j'ai du mal à entretenir les liens. Je peux disparaître pendant des jours sans donner de nouvelles, non par manque d'affection, mais parce que je suis ainsi. Et, curieusement, je me suis souvent sentie plus à l'aise en compagnie des hommes que des femmes.

À cette époque, je me trouvais belle. Pas par arrogance, mais parce que je m'aimais telle que j'étais. Je disais souvent que j'étais « un sucre ». Un jour, après la prise d'une photo, Éric me surnomma simplement Peyi sucre. Le surnom est resté.

Au début, il me faisait simplement sourire. Je ne savais pas encore qu'il finirait par devenir une partie de mon identité aux yeux de mes proches.

Peu à peu, la fille intello est aussi devenue, aux yeux de beaucoup, une jeune femme plus féminine. Les cahiers et les livres n'avaient pas disparu, mais ils partageaient désormais leur place avec une autre facette de ma personnalité.

Je m'appelais Maurelle. Sans vraiment m'en rendre compte, je venais de devenir Peyi sucre.

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⏰ آخر تحديث: Jul 30 ⏰

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