Espoir

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Tu es seul. Tu ne sais plus depuis combien de temps. Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Tu l'ignores complètement. Tu es enfermé dans une pièce et depuis bien longtemps tu n'as pas vu la lumière du jour. Ça sent l'humidité et, la nuit - si c'est bien la nuit - , tu dors  à  même le sol. Tu n'as aucune notion du temps. Tu as arrêté de compter les jours, car c'était impossible. De façon irrégulière, on te donne des repas composés de pain et d'eau. Même après cette maigre ration de nourriture, tu as encore faim. 

Mais, malgré tout cela, au fond de toi, tu espères. Peut-être qu'un jour, on te ressortira d'ici et tu pourras vivre une vie normale, comme avant. Mais tu sais que même si tu sors de cet endroit sale et humide, jamais ta vie de redeviendra comme avant. Normale. Parce que tu auras vécu ce que tu es en train de vivre. Et ça, ça ne s'oublie pas. Jamais. Mais tu as quand même en toi cette petite lumière qui te fait survivre. Sans elle, tu serais mort dans ce lieu rempli de rats. A cause d'eux, tu as plein de petites morsures. "Pas grave", te dirait-on. Mais tu le sais, sans même les voir, que ces blessures sont infectées. Tu ne peux pas les soigner. Tu survis quand même, grâce à cette lueur au creux de ton cœur.

Tu n'as aucun contact humain depuis... Trop longtemps. Tu ne sais pas vraiment. Tu ne te souviens de plus grand chose, en fait. Des flash, des images d'une autre vie te viennent en tête, parfois. Toi, plus jeune. Heureux. Et pourtant, tu n'as pas l'impression de devenir fou. Seul cet espoir d'être sauvé un jour te laisse sain d'esprit.

Cette lumière devient un peu plus sombre, chaque jour. C'est trop long. Personne ne viendra. Tu est recroquevillé sur le sol en pierre, tentant de pleurer. Mais tu ne peux pas. Tu n'as pas assez d'énergie. Cet espoir, au fond de toi, clignote, près à s'éteindre. Tu trembles. Tu es seul et tu le seras toujours. Tu le sais. Jamais on ne viendra te sortir d'ici.

Doucement, tu meurs. Les seules images grisâtres que tu arrives à percevoir d'habitude autour de toi te semblent de plus en plus sombres. Tu ne sens plus l'odeur de l'humidité, on dirait qu'elle s'atténue. Tu ne sens plus le sol dur sous ton corps en position fœtale.

Soudain, une lumière. Une lumière blanche qui t'agresse les yeux. C'est la porte qui s'est ouverte. Pour la première fois. La première fois depuis que tu es enfermé là. Et tu vois une personne qui entre. La lumière est trop forte pour que tu vois qui c'est. 

C'est la dernière image que tu vois. Une personne qui entre. Pour te sauver. 

Te sortir de là. 

Ta dernière pensée est "Enfin !..."

Et tu rends ton dernier souffle.


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