Les Vestiges de la Villa (Italie, 1983)

5 1 0
                                        

(Élio - La Splendeur de la Blessure)

L'été n'était qu'un piège tendu par le soleil,


Où le goût des abricots avait un goût de miel.

Tu as passé le seuil de ma chambre et de ma vie,

Une silhouette immense qui effaçait la nuit.

On s'est cherché dans l'ombre, frôlant l'interdit,

À s'appeler par nos noms dans un monde suspendu,

Où le temps n'osait plus faire le moindre bruit.

Je t'ai donné mon cœur, ma jeunesse, ma peau,

Chaque coin de la villa résonne de ton écho.

​Mais le train a sifflé sur le quai du départ,

Arrachant notre bulle à ton dernier regard.

Et le téléphone a sonné dans le froid de décembre,

Pour réduire en cendres ce qu'il restait de nos membres.

Mon père me dit de souffrir, de ne rien étouffer,

Que la douleur est un don qu'il faut savoir garder.

Alors je reste là, les yeux fixés sur les braises,

Pendant que ma poitrine sous le chagrin s'apaise.

Tu étais mon secret, mon plus beau cataclysme,

Et je pleure notre amour à travers ton absence.

Le dialogue des ombres Stories to obsess over. Discover now