Le début du voyage

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Je déambule dans l'aéroport sans but concret, juste pour m'occuper avant l'embarquement de mon avion. Je passe devant toutes sortes de magasins, des supérettes, des fast food, des magasins de vêtements, de parfum ou encore de maquillage. En somme, rien de bien intéressant. Mais alors que je repars vers le couloir d'embarquement, je tombe sur une papeterie. Dedans, il y a une majorité de journaux, et livres pour enfants, avec seulement une petite étagère pour les romans. Je décide d'y jeter un coups d'œil n'ayant rien pris pour m'occuper dans l'avion. Mon regard se pose sur de nombreux livres qui se ressemblent tous. Des histoires bien différentes mais aucune des couvertures ne faisait envie. Cependant, quand mon regard arriva au dernier étage, je fut très surprise d'y trouver un vieux livre. Je ne savais ni de quoi il parlait, ni de qui il avait été écrit, mais intriguée, je le pris.

Une fois dans l'avion, je le sortit de mon sac et regarda s' il y avait une quelconque information marquée sur le livre qui pourrait m'indiquer de quoi parlait il. Tout ce qu'il y avait était la peinture d'un temps sur la couverture et le titre de celui-ci.

잉크가 기억이 되는 곳

Là où l'encre devient souvenir

Je l'ouvris, plus que curieuse de savoir de quoi il parlait. je me mis alors à le lire. Il parlait de la calligraphie et de la peinture dans l'art Coréen.

La calligraphie coréenne est l'art de la belle écriture, tandis que la peinture coréenne est un art visuel qui représente surtout la nature, les paysages et la vie quotidienne. Ces deux formes artistiques sont étroitement liées, car elles utilisent les mêmes outils : le pinceau, l'encre et le papier. Elles permettent toutes deux d'exprimer les émotions, la personnalité et la sensibilité de l'artiste.

À l'origine, ces arts sont influencés par la Chine. La calligraphie apparaît en Corée vers le IIe-IIIe siècle avec l'utilisation des caractères chinois, tandis que la peinture se développe fortement durant la dynastie Joseon (1392-1910). Même après l'invention du hangeul en 1447, les caractères chinois restent utilisés pendant longtemps. Avec le temps, la Corée développe cependant son propre style artistique.

Ces arts sont utilisés pour exprimer les émotions et la personnalité de l'artiste, représenter la nature et l'harmonie entre l'homme et son environnement, et transmettre des valeurs culturelles et philosophiques comme le respect, la simplicité et l'équilibre. La calligraphie sert également à montrer le niveau d'éducation et la discipline des lettrés, tandis que la peinture peut être décorative, symbolique ou protectrice, comme dans le cas des peintures populaires minhwa.

Mais alors que j'eu fini l'introduction du livre, je fus prise d'une envie pressante. Je me dirigeai rapidement aux toilettes, le livre toujours en main. Dès que la porte fut fermée, des turbulences assez fortes apparurent, me faisant lâcher le livre et passer d'un côté à l'autre de la cabine. Mais d'un coups, sans que je ne sache pourquoi, je ne sentit plus les murs de la cabine. j'étais en train de tomber dans le vide. Je fus rattrapée par des arbres, peu confortable mais cela à au moins eu le mérite de ne pas m'écraser au sol directement.

Une fois au sol, je me relevai et regardai autour de moi. D'un côté des collines peu garnies de verdure et de l'autre une forêt dont la majorité des arbres avaient perdu leur feuilles.

"On dirait que nous sommes en Automne" me dis-je à moi même.

Je regardai instinctivement dans mes poches et seul mon téléphone s'y trouvait. Celui ne me serait malheureusement d'aucune utilité, je ne captais aucun réseau, donc pas de 4G et pas non plus de wifi ou autre. Mon deuxième réflexe fut de regarder sur le sol autour de moi et je n'y trouvai que le livre que j'avais acheté peu de temps avant.

Je rassemblais les quelques affaires qui me restaient et commença à marcher vers la forêt.

Alors que je tentais de trouver mon chemin, des flèches se mirent à foncer en ma direction. Je me mise à courir le plus vite possible quand soudain, une main me tira derrière un arbre. A peine ai-je eu le temps de tourner mon regard vers la personne, que celle-ci me fit me baisser. Je regarda alors la personne avec attention, ne remarquant pas que les personnes qui m'avaient tirée dessus étaient parties.

"Tout va bien?" me dit-il en se tournant enfin vers moi.

Je resta muette, détaillant à la place tous ses traits. Il avait des traits étonnamment harmonieux, presque irréels. Ses cheveux noirs étaient attachés en chignon à l'arrière, quelques mèches retombant sur son front, trop courtes pour tenir attachée. Ses yeux sombres avaient ce regard calme et profond, un regard qui ferait craquer n'importe que femme, sans pour autant par-être comme un playboy. Sa peau claire, lisse, sans aucune imperfection et contrastait avec ses vêtements simples aux couleurs sobres et légèrement abimés. Il avait une présence discrète mais marquante, le genre de personne qu'on remarque immédiatement dans une foule sans vraiment savoir pourquoi, mais qui pour autant, savait se faire discret et s'effacer pour ne pas non plus attirer trop l'attention des gens.

Au bout de quelques secondes de silence, il reprit la parole.

"낭자 ?"
(Nangja : terme poli utilisé durant la période Joseon pour désigner une jeune femme inconnue. Comparable à « demoiselle »)

"Oh oui désolé, vous disiez?" lui répondis-je enfin.

"Vous allez bien? Que (vous) voulaient les gardes du Palais?"

"Les quoi? Je ne sais pas mais y aurait-il un village tout près où je pourrais recharger mon téléphone?"

"Votre quoi?"

"Bah mon téléphone." lui dis-je en lui montrant mon téléphone

"Qu'est-ce donc que cette boite noir étrange? "

"Vous ne savez pas! Attendez mais pourquoi êtes-vous habillez comme cela!"

Il portait une version simplifiée du Hanbok traditionnel. Sa tenue était composée d'un jeogori, veste courte attachée sur le ventre, et d'un baji, pantalon ample et confortable. Ses vêtements étaient fait de chanvre et semblaient un peu rêches. Ses chaussures étaient des sandales tressées en paille, dans la période joseon, ces chaussures étaient très courantes chez les gens modestes et les voyageurs. Ces chaussures s'appelaient des Jipsin et étaient légères mais s'usaient malheureusement très vite.

"Je vous retourne la question. C'est plutôt vous qui êtes dans un accoutrement des plus étranges."

C'est alors que tout s'assembla dans ma tête. Le changement soudain de saison, mon téléphone qui ne captait aucun réseau, des gardes qui me lançaient des flèches et cet homme qui parlait avec des mots longtemps oubliés et qui était vêtu de vêtements que nous ne portions que dans des versions plus nobles et uniquement pour de grands événements.

"En quelle année sommes-nous?" demandais-je en panique.

Il me regarda avec incompréhension mais finit par me répondre.

"중종 25년" me dit-il toujours un peu confus par ma question.

À sa réponse, mon cœur ne fis qu'un bon. Il venait de me dire que nous étions à la 25e année du règne du roi Jungjong, autrement dit, en 1530. Par je ne sais quel moyen, je m'étais retrouvée à l'air Joseon.

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