Amoureuse de son patron fiancé à une héritière parfaite, Ivy Benchman voit sa vie exploser entre burn-out, rosé glacé et catastrophes émotionnelles. Jusqu'à Lucas Johnson : un milliardaire drôle, calme... et beaucoup trop parfait pour elle. Entre sa...
J'ai deux problèmes dans la vie. Le genre de problèmes qui te font te retrouver en terrasse d'un café à 14 h, un mardi, à commander un rosé glacé comme si c'était parfaitement raisonnable.
Spoiler : ça ne l'est pas.
Problème numéro 1 : je suis amoureuse de mon problème. Oui, je sais. Niveau lucidité, on est sur du très haut niveau.
Problème numéro 2 : je viens de déjeuner avec la fiancée de mon problème numéro 1... pour organiser leur mariage.
Voilà. Voilà où j'en suis dans ma vie.
- Oui Ivy, tu as un goût incroyable, c'est évident que ce soit toi.
Tu m'étonnes... même en matière d'hommes, apparemment !
Parlons de ce problème. Christian Davenport. Même son nom est agaçant. Christian. Davenport. On dirait un personnage de roman... sauf que dans mon cas, c'est plutôt une mauvaise décision ambulante.
Je vous explique.
Grand. Brun. Ténébreux. Le genre d'homme qui n'a même pas besoin de parler pour être insupportablement séduisant. Tout droit sorti d'un magazine... ou d'un piège.
Je le connais depuis toujours, ou presque. J'ai commencé à travailler pour ses parents comme nounou pour sa petite sœur. J'avais 17 ans, il en avait 19. L'âge où tu fais encore des choix intelligents. Enfin... en théorie.
De fil en aiguille, sa sœur a grandi. Son père m'a proposé un poste de secrétaire dans leur boîte familiale d'architecture. Classe. Stable. Sérieux.
J'ai accepté.
J'ai continué mes études en parallèle. Je suis devenue le bras droit de Christian sur les projets. Parce qu'en plus d'avoir des goûts douteux en matière d'hommes, je suis compétente dans mon travail. Oui, on ne peut pas être mauvaise partout.
Les soirées à bosser tard au bureau... un verre de vin à la main... puis deux... puis bon, on ne va pas compter... Et, de fil en aiguille - décidément, j'adore cette expression - notre relation a... évolué.
Je ne vous fais pas un dessin : Christian et moi, c'est devenu quelque chose de plus. Toujours caché. Toujours discret. Toujours une mauvaise idée. Mais une très, très bonne mauvaise idée.
Jamais trop. Mais largement assez.
Assez pour que, le mois dernier, je quitte un gala clients par la porte des employés - classe jusqu'au bout - et que je le voie arriver.
Avec elle.
Alors attention. Pas n'importe qui.
Jennifer Jones.
La femme la plus belle que j'aie jamais vue. Le genre de femme qui te fait reconsidérer toute ta vie en trois secondes. Jambes interminables. Sourire parfait. Héritière des Jones. Le couple de l'année selon Forbes. Rien que ça.
Moi, j'étais là. Avec ma robe froissée et mon sens du timing catastrophique.
Ce n'est qu'une semaine plus tard que ce connard - appelons les choses par leur nom - est venu me voir.
Très calme. Très propre sur lui. Très courageux... une semaine après.
Pour me dire que, pour me ménager, il préférait me prévenir lui-même : ils allaient se marier.
Ah. Quel homme.
Et que, bien sûr, entre nous, il fallait mettre de la distance.
Distance.
Mon cul, oui.
Mais évidemment, je n'ai pas dit ça.
J'ai dit :
- D'accord, Christian.
Parce que oui, je suis malléable. Je suis gentille. Je suis compréhensive. Je suis aussi manifestement incapable de lui lancer mon verre à la figure, ce qui est regrettable.
Donc :
- D'accord, Christian.
Argh.
Voilà mon chaos. Et croyez-moi, ça ne s'arrête pas à cette terrasse... ni à ce rosé.
J'ai comme qui dirait tenté de fuir avec dignité. Non. Jamais. C'est surfait, la dignité.
Je suis allée voir son père.
J'avais pourtant précisé que ce serait sans dignité, ok ?
- Bonjour John, je peux te parler ?
- Bien sûr, chérie, qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je pense démissionner de mon poste.
Voilà. Subtil. Élégant. Presque crédible.
Évidemment... il n'a pas accepté.
Enfin, pas pour le moment.
Et soyons honnêtes, je m'y attendais. On est déjà débordés et, grâce à mon putain de professionnalisme - oui, celui qui me ruine actuellement la vie - je fais mes projets de A à Z. Résultat : personne ne peut reprendre mon travail en cours de route.
Personne.
Donc me voilà... coincée. Coincée pour minimum six mois.
Six. Mois.
J'adore ma vie.
Je dois avouer que j'ai un peu envie de pleurer. Bon. Beaucoup.
Mais attendez, ce n'est pas fini. Le meilleur moment ? Celui où Christian est venu me demander pourquoi je voulais démissionner.
Formidable idée.
J'adore son père, vraiment. Mais pour une fois, ça m'aurait arrangé qu'il ferme sa bouche.
Parce que la réponse appropriée - la vraie, la sincère, celle qui vient du cœur - aurait été :
- J'en ai plein le cul de te voir te pavaner avec ta poupée Barbie trop parfaite partout.
Mais attention... plot twist...
Je ne l'ai pas dit.
Non.
À la place, j'ai sorti :
- Parce que, Christian, j'ai envie d'élargir mes compétences... et je voudrais voyager pour ça.
Oui. Moi. Cette phrase. Je mérite un Oscar.
- Depuis quand ?
Oh je ne sais pas... connard. Depuis que j'organise ton putain de mariage, peut-être ?
Mais encore une fois... ce n'est pas ce que j'ai dit.
- Je ne sais pas... j'y réfléchis depuis un petit moment.
Un. Petit. Moment.
Genre... quelques jours, une crise existentielle et deux verres de rosé.
Ma vie, croyez-moi... ce n'est pas incroyable en ce moment.
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