Je n'ai jamais été très sûre de moi, mais pour mes sentiments envers toi, ça, je savais que j'en étais sûre.
Maman me disait sans cesse :
« On s'en moque des autres Emma. Ce qui compte, c'est comment tu te sens et ce que tu veux vraiment ! »
Oui maman...mais si on ne sait pas ce qu'on veut ? Qu'est ce qu'on fait ?
Je me prépare, assise sur les gradins froids, j'écoute les bruits des volants tapants contre les raquettes et les professeurs qui discutent des compétitions à venir pendant que je serre ma raquette entre mes mains moites...Je mets mes chaussures dans lesquelles je suis à l'étroit, et j'attends, sans me soucier des plus jeunes qui jouent avant mon groupe.
Je veux essayer le badminton ! Je vais sûrement commencer nulle, certes, mais il y a bien un début à tout, j'imagine..?
Et puis je connais déjà du monde dans mon groupe : il y a Léna, Samuel, Lorik et un certain Léo, qui est dans le même collège que nous tous, mais plus âgé. Pourtant, il a l'air de super bien s'entendre avec les autres même avec deux ans de différence.
L'entraînement commence. Je stresse. Je ne sais pas pourquoi, il n'y a pas lieu.
Notre professeur annonce les échauffements à faire, puis les matchs, Le temps passe plus vite que je ne l'espérais.
Arrivée à mon dernier match en simple, je me retrouve en face du fameux Léo.
Je me rends vite compte qu'il a un très bon niveau de badminton comparé au mien, mais je réussi quand même à marquer des minuscules points. Comme si ça ne suffisait pas, je suis tellement concentrée sur le volant que les pieds s'emmêlent et je me retrouve par terre.
Je ne m'étonne pas.
Étonnamment, Léo ne me juge pas et m'a demandé si je vais bien. Il traverse le terrain en trottinant et tend légèrement sa main vers moi avec un sourire nerveux, comme s'il hésite à rire mais ne veut surtout pas me mettre mal à l'aise...
Le match s'arrête et un sourire s'échange entre nous. Je ne me suis jamais sentie aussi à l'aise, comme s'il n'y avait plus que nous deux.
La séance se termine. On monte dans les gradins, on parle des matchs (d'ailleurs Léo évoque ma chute), puis nous sortons de la salle pour rentrer chez nous, tout cela en échangeant des rires.
Les jours passent et le mois de mars commence. Les séances de badminton portent leurs fruits : je progresse, mes déplacements sont meilleurs et une certaine relation s'améliore également.
Je ne m'en suis pas vraiment rendu compte, mais mes sentiments grandissent eux aussi de jour en jour.
Les discussions avec mes parents devient souvent à propos de ce brun.
Pourtant, je n'ai que douze ans. Comme dit maman : « Ce n'est qu'un amour de jeunesse. »
Je verrai bien avec le temps.
J'arrive au collège alors que le printemps commence à se faire ressentir : le parfum des fleurs, les gens qui finissent en tee-shirt l'après-midi, les reflets roux qui ressortent dans les cheveux, les fenêtres des salles restent ouvertes et les voix venant de la cour montent jusqu'aux étages.
Dans les couloirs, je crois souvent Léo. Quand il n'est pas loin de moi, mon regard est irrésistiblement attiré par lui et lui seul. Le soleil tape contre les murs du collège et éclaire ses cheveux bruns quand il passe dans le couloir.
Ses beaux cheveux bruns, son nez bossu —certes, il prend toute la place— mais sans lui, Léo n'aurait aucun charme.
C'est à ce moment-là que je réalise que j'aimerais aller plus loin, que Léo et moi soyons plus proches que de simples connaissances pratiquant le même sport.
Je ne réfléchis pas et marche rapidement vers lui. Devant lui, je perds le sens de mes mots. Il me regarde sans rien dire, d'un air étonné.
« — Je sais qu'on prend le même chemin pour rentrer du collège...Hum, on pourrait rentrer ensemble ?
— Ouais... Je n'arrivais pas à te le proposer » lâche-t-il avec un petit rire gêné.
Mon cœur bat à la chamade. Je sens la chaleur monter aussi vite qu'un jour de grande chaleur.
A la dernière heure de cours, je repense à ce que j'ai fait deux heures plus tôt. Affalée sur la table au fond de la salle, je me rends compte que je stresse moins et un sourire se dessine sur mon visage.
J'ai envie que l'heure d'anglais passé plus vite que tout les autres jours.
pourtant, l'anglais est mon cours préféré et, d'habitude, j'aimerais qu'il dure éternellement.
La sonnerie retentit.
Je range mes affaires. Arrivée devant le portail, je l'attends...et il n'arrive pas. Les groupes d'amis disparaissent peur à peu autour de moi. Les voix s'éloignent et je reste là, debout avec mon sac contre moi, à regarder chaque silhouette en espérant que ça soit lui.
Je me sens bizarre, mais bon...il ne fallait pas que je m'attende à grand-chose.
Déçue, je commence mon chemin jusqu'à chez moi. La tête baissée, je regarde les pas, je réfléchis tellement que je me retrouve dans une bulle de silence sans vraiment d'émotions.
Mais Léo, lui, est bien là dans mon esprit.
D'un coup, je sens quelqu'un me toucher l'épaule. Je me retourne et...
Il est là
C'est bien lui. Il est essoufflé.
Il m'a couru après ?
« — Je suis désolé de t'avoir fait attendre. Le professeur d'histoire nous a retenus longtemps. »m'avoue-t-il.
Je ne sais pas quoi répondre alors je le prends dans mes bras.
Je n'ai pas réfléchi, mais lui aussi me serre contre lui.
Je ne comprends plus rien.
Qu'est-ce que ça signifie ?
Mon cœur va-t-il exploser ?
Léo et moi nous reprenons. Je brise le silence ; nos regards en disent déjà long...
— J'aimerais qu'on soit plus proches.
— Oui, je suis d'accord... enfin, j'aimerais énormément.
Nous rentrons ensemble comme prévu et nous nous racontons nos journées. Les discussions sont tellement fluides que l'écart d'âge ne veut finalement rien dire. Je me suis inquiétée pour rien.
La nuit, j'ai du mal à dormir.
Je suis tellement heureuse. Tout paraît plus clair, plus coloré quand je suis réveillée.
Si c'est ça, l'amour, alors je ne veux jamais arrêter d'être amoureuse.
En allant au collège, je marche vite. Je suis tellement impatiente de le voir.
Je souris rien qu'en le voyant, que ce soit dans les couloirs, dans la cour ou même simplement dans mes pensées.
Pendant la journée, je te cherche du regard, Léo, et quand nos yeux se croisent, ils parlent pour nous deux.
Je crois bien que mon cœur va exploser.
J'attends une seule chose : qu'on soit enfin tous les deux.
Le moment que j'attendais tant est enfin là. Rien que lui et moi, même si ce n'est que pour vingt minutes...
Je sors de l'établissement et il est devant le portail. Il m'attend.
Nous sommes à mi-chemin. Le temps passe si vite, et pourtant, on se connaît à peine. Quand on se regarde, on se comprend.
Puis, avant que tout commence vraiment, je m'arrête devant lui.
Il me regarde avec ses grands yeux bruns.
Ses yeux... c'est de ça que je suis tombée amoureuse.
« — Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
— Léo, j'ai besoin que tu saches quelque chose... Avant que tout commence, je dois te dire que je me sens mal dans ma peau et que, pour essayer de faire disparaître ce mal-être... je me fais du mal. »
Un grand silence s'installe.
Je regarde le sol, les larmes aux yeux.
Est-ce que je viens de tout gâcher ? Possible.
Toutes mes pensées sont là ; elles se chevauchent, se piétinent, s'écrasent.
« — Emma... hum... je ne te jugerai pas. Mais maintenant, il faut que tu arrêtes ça. Je suis là pour toi. Je peux essayer de comprendre et même de t'aider, même si je dois y laisser mon âme. »
Je relève la tête.
Je n'ai même pas le temps de verser une larme ou de répondre quoi que ce soit qu'il me prend déjà dans ses bras.
À ce moment précis, je sais déjà que je ne veux plus jamais le lâcher.
Depuis, le mois de mars, le chiffre huit et l'année 2022 ont pris une place particulière dans mon cœur.
Chaque jour devient meilleur. J'arrive à m'aimer, j'arrive à sourire et surtout à vivre sans mauvaises pensées et sans rester sur mon téléphone. Tout s'est amélioré depuis que Léo est entré dans ma vie.
À la fin du mois de mars, Léo et moi avions déjà échangé plus de mille messages, au moins ! Nous avions nos habitudes, comme nous retrouver au parc situé entre nos deux quartiers. J'arrive souvent en avance, histoire de profiter un maximum de lui ; les heures et les minutes passées à ses côtés sont si précieuses.
Pendant ces moments-là, je n'ouvre presque jamais mon téléphone. Les discussions sont tellement fluides, on se couvre de bisous, je joue avec ses mains... Toutes ces petites attentions me font comprendre à quel point je l'aime.
Évidemment, il n'y a pas que le contact physique, même si je trouve que ça compte énormément. Souvent, quand j'ouvre mon sac de cours pendant la journée ou le soir en rentrant chez moi, je découvre une feuille à carreaux pliée en six avec quelques mots doux ou même un poème.
Et moi ? Je glisse des petits papiers marqués « je t'aime » dans sa trousse ou dans la petite poche avant de son sac.
Je ne fais pas vraiment d'autres attentions, à part ça... et le regarder.
Je n'ai jamais connu quelqu'un d'aussi doux que lui.
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Après les tempêtes
No FicciónOn m'avait toujours dit que le calme venait après la tempête. Personne ne m'avait prévenue que certaines tempêtes nous changent à jamais. Je m'appelle Emma. Je n'ai jamais cherché à vivre plusieurs histoires d'amour. Je voulais simplement être aimée...
