Un cri strident perça l'air tranquille. Ce genre de cri, je le connaissais bien, je l'avais entendu de nombreuses fois. Mon père était médecin et aidait régulièrement des patients malades, mais ce cri-là... il était différent. Plus aigu, plus désespéré, presque effrayant. Un autre cri, encore plus perçant, suivit le premier. Celui-ci m'électrisa, et un frisson me parcourut l'échine.
Mon père n'était pas du genre à se laisser perturber. Il était calme, toujours concentré, même dans les moments les plus tendus, c'est pourquoi il avait la réputation de meilleur médecin du village. Mais cette fois, j'avais perçu une tension inhabituelle dans son regard. Il avait l'air préoccupé.
Je n'avais jamais été témoin d'une maladie aussi dramatique. Tout d'un coup, la situation sembla bien plus grave que d'habitude. Sans réfléchir, je me ruai dans les escaliers, les descendant en trombe, le bois résonnant sous chacun de mes pas.
-Ah, te voilà, Kuyogio ! s'exclama mon père, me voyant à présent dans la pièce. J'ai besoin de toi. Va dans la forêt de Grêlasses, et rapporte-moi des orties, de la mélisse et de la valériane. Il faut que j'aie ces herbes rapidement.
-D'accord, p'pa, répondis-je, sans hésiter. Je vais chercher ça tout de suite !
Je partis sans perdre une seconde, mon esprit envahi par l'urgence de la situation. Je montais les escaliers deux à deux, pris ma parka et attrapais mon cabas. Il était grand et pratique, avec des poignées solides, idéal pour transporter des plantes.
Je redescendis les marches en courant, bousculant presque ma mère dans le hall, qui me lança un regard inquiet. Avant de partir, je m'arrêtais un instant pour embrasser mon père. Il me serra dans ses bras, me murmurant « aerly » et de faire attention à qui je croiserais sur le chemin. Ses paroles, pleines de gravité, me laissèrent un étrange sentiment d'inquiétude. Ne savant pas ce que voulais dire « Aerly ».
Je partis à toute vitesse, mes jambes bougeant sans réfléchir. La forêt n'était qu'à une dizaine de minutes de marche, mais chaque seconde semblait cruciale. Je devais revenir vite.
En arrivant aux bords de la forêt de Grêlasses, je me faufilai entre les arbres épais, me dirigeant vers les endroits où je savais que ces plantes médicinales prospéraient.
L'air était frais, l'odeur humide de la terre me saisissait les narines. Quelques pas plus loin, je trouvai des orties.
Je les cueillis avec précaution, me méfiant de leurs piquants. Un peu plus loin, je repérais la mélisse, dont les feuilles dégageaient un parfum citronné. Je me sentais soulagée de savoir que j'étais sur la bonne voie.
Mais pour la valériane, il me faudrait m'aventurer un peu plus loin dans la forêt.
Je m'enfonçai plus profondément, le silence de la forêt me pesant presque. Puis, soudainement, un bruit brisa le silence des lieux. Une branche craqua, violemment.
YOU ARE READING
La Prophétie
FantasyDans le royaume de Grêlasses, une ancienne prophétie dicte chaque destinée. Depuis des générations, tout y est écrit... sauf la suite. Kuyogio disparaît au cœur de la forêt après avoir entendu un cri étrange et se reveille dans un palais inconnu po...
