Cherifa
-Elle est déjà là ! ?
J'avalais les dernières gorgées de mon café en me précipitant vers la réception, sentant une légère panique monter. Je savais à quel point Mademoiselle Berthé avait horreur du retard.
Ce n'était pas une de ses faiblesses, mais une de ses exigences professionnelles les plus strictes : le temps, pour elle, était la seule ressource non renouvelable. Je nettoyai fébrilement les quelques miettes de brioche qui avaient osé atterrir sur ma tenue, vérifiant la tension de mon blazer et la justesse de mon maquillage.
L'ascenseur s'ouvrit sur un *ding* discret, révélant ma patronne.
- Bonjour, Mademoiselle Berthé
Elle est si belle. Du haut de ses Vingt-cinq Ans, elle avait conservé la finesse des traits de ses vingt ans, cette beauté presque adolescente rehaussée par la maturité et la détermination.
Son corps, cependant, avait mûri. Les années d'épreuves, la maternité et le travail acharné l'avaient affiné et sculpté. Elle dégageait désormais une assurance tranquille, une puissance qui dépassait la simple esthétique.
Elle faisait partie intégrante de la Jet Set africaine, non pas par naissance, mais par son talent brut et son succès fulgurant. Elle était la représentante en Afrique de l'Ouest de la célèbre Archivoire, sa partenaire. Elle était également à la tête de sa propre entreprise, La Berthé Compagnie, et la propriétaire et créatrice en chef de sa marque de vêtements, NWAR .
une jeune femme si incroyablement talentueuse. Si mystérieuse, aussi.
-Chérifa ?
Sa voix, douce mais autoritaire, m'interpella, me faisant sortir brutalement de mes pensées. Je réalisai que j'étais restée figée à la porte de l'ascenseur.
-Chérifa, tu t'égares vite dans tes pensées, hein.
Il n'y avait pas de jugement, juste un constat, mais la remarque me fit rougir.
- Excusez-moi, patronne. C'est l'admiration qui fait oh.
Elle esquissa un léger sourire, le genre rare qui n'atteignait jamais tout à fait ses yeux, toujours un peu trop graves.
-Allons à mon bureau.
Je la suivis, guidée par le sillage de son parfum à la lavande, qui évoquait une fraîcheur printanière mais aussi une complexité olfactive. Le contraste entre cette odeur et la froideur de son ton quand elle parlait d'elle-même était toujours frappant.
Nous entrâmes dans son immense bureau. L'espace était une merveille d'épure, reflétant l'architecte qu'elle était : lignes minimalistes, bois blond, métal brossé, le tout baigné par la lumière généreuse de la lagune d'Abidjan. Elle s'installa dans le petit salon d'angle.
- Comment vas-tu aujourd'hui, Chérifa ?
demanda-t-elle, son ton s'adoucissant de nouveau.
-Bien, Madame, merci. Je vous apporte votre café ?
- Non, ce n'est pas la peine. Je suis déjà sous tension, je n'ai pas besoin d'une surcharge.
Elle écartait toujours les petites attentions personnelles, concentrée sur l'efficacité.
-Alors, avant que vous n'arriviez, l'entreprise d'événementiel a appelé.
« Vous avez réussi à fixer une date pour le lancement de la nouvelle collection NWARr ? Plus important encore pour la fête ?
- Non. Ils ne peuvent nous donner d'engagement ferme. Mais je me suis débrouillée autrement. J'ai un cousin qui travaille dans l'événementiel, il est une sommité dans le milieu ici. J'ai pris rendez-vous pour la semaine prochaine, il va nous débloquer une date prioritaire.
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L'INSOUMISE 2
Romance(𝐋𝐢𝐫𝐞 𝐋𝐞 𝐓𝐨𝐦𝐞1 𝐞𝐭 1.5) Les années ont passé, lissant les visages mais creusant les blessures que l'on croyait scellées. Sur ses terres d'origine, en Côte d'Ivoire, Neïsha s'est bâtie une forteresse de labeur et de silence, portée par l'...
