Pdv de Sabah El Nass
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L'été était lourd sur Culiacán. Même au crépuscule, la ville semblait retenir sa respiration, comme si elle savait que la nuit porterait des secrets qu'il valait mieux ne pas murmurer. J'avais passé l'après-midi à étudier, plongée dans mes livres de criminologie appliquée, fascinée par les mystères du comportement humain et les mécanismes de la violence. Mais tout ça paraissait si lointain maintenant. Ce qui me pesait... ce secret que je gardais au fond de moi, personne ne devait le savoir. Pas encore. Peut-être jamais. Et pourtant, il me rongeait.
Quand la chaleur commença à s'adoucir, je quittai la maison. Mes frères et sœurs couraient encore dans le jardin, ma mère m'aperçut juste à temps pour m'avertir :
_Ne traîne pas trop loin... réplique t-elle d'un ton inquiet.
_Je vais juste à la plage, maman , répondis-je avec un sourire automatique. Mais à l'intérieur, mon cœur était lourd, engourdi par ce poids invisible.
Je marchais sur le sable tiède de la plage de Las Hamacas, les vagues déferlaient doucement, et l'ombre de la nuit s'étendait, profonde et dense. Je me laissai porter par mes pensées, encore et encore, jusqu'à perdre le fil du temps. Je me posais des questions que je n'avais pas envie de répondre, des questions qui faisaient que mon estomac se nouait et que mes mains tremblaient presque. Est-ce que je pourrais continuer à garder ce secret ? Est-ce que ça finirait par me détruire ? Pourquoi est-ce que tout me semble toujours si compliqué, si lourd... même quand la mer est calme ?
C'est là, quelque part dans mon champ de vision, que je croisai une silhouette sombre. Je ne l'avais même pas vraiment regardée. Juste un passant, un détail parmi d'autres. Il ne m'importait pas. Je ne lui prêtais aucune attention, et je ne savais même pas si lui avait remarqué ma présence. Rien ne le différenciait d'un autre passant, si ce n'était l'aura étrange qu'il dégageait. Elle avait quelque chose de... inquiétant, presque effrayant, mais curieusement, cela ne m'atteignait pas. Je continuai ma route, laissant cette sensation glisser sur moi, comme un frisson que la nuit seule pouvait comprendre.
Je continuai à marcher, mes pas crissant sur le sable, tandis que mon esprit tournait encore et encore autour de ce secret. Je me sentais fatiguée, étouffée par moi-même. Pourquoi est-ce que je ne pouvais pas simplement être normale, heureuse, ou du moins tranquille ? Mais la ville, le silence, et ce secret qui me consumait rendaient tout impossible.
Je restai un long moment sur le vieux quai du Malecón Viejo, assise à laisser mes jambes se balancer au-dessus de l'eau noire. Le ciel était devenu sombre, presque violet, et la lune commençait à apparaître timidement. Je restai là, immobile, à écouter le clapotis des vagues, à regarder les reflets tremblants sur l'eau, laissant mes pensées tourner en rond.
Puis je me levai. Il était près de 21h, et j'avais une envie irrésistible de quelque chose à grignoter. Je décidai de passer par le centre, direction le Mercado Garmendia, à quelques rues de là. Le parfum des tacos de carne asada flottait déjà dans l'air. Je savais exactement ce que je voulais : un elote, le maïs grillé mexicain, chargé de mayonnaise, de fromage, de chili et de jus de citron, chaud et épicé. C'est un délice ce plat j'en raffolerai toute ma vie!!
Je marchai à travers les rues presque vides, éclairées seulement par quelques lampadaires et les néons des petits magasins. Je passai par la Plazuela Álvaro Obregón, silencieuse à cette heure, les bancs vides et les palmiers projetant des ombres longues et inquiétantes. Les maisons colorées semblaient dormir, et pourtant chaque coin, chaque ruelle me rappelait que Culiacán n'était jamais vraiment tranquille.
J'arrivai enfin à la petite baraque du marché où l'on vendait les elotes, et je commandai le mien en silence. Le vendeur me sourit, trop tôt pour que je réponde, perdue dans mes pensées et en attendant que l'ont me sert mon plat. Je me sentis un instant suspendue entre la nuit, mon secret et le parfum épicé qui venait titiller mes narines.
Je payai et repris ma marche, mon elote à la main, mes yeux absorbant les rues endormies de la ville, passant par des endroits comme Parque Las Riberas ou la Avenida Álvaro Obregón, où les lampadaires éclairaient à peine les trottoirs. Tout était calme et pourtant... quelque chose dans la nuit me rappelait que je n'étais jamais vraiment seule.
Coucou les filles et les garçons !!!
C'est ma première dark romance et j'espère que vous aimeriez.
N'hésitez surtout pas à me dire ce qui ne va pas et ce que vous aimeriez que je rajoute.
En tout cas moi j'ai pris du plaisir à écrire ça et on se retrouve bientôt pour la suite Bisouss 💕💕
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Falling for the Devil's Heir
RomanceJeune australienne marocaine installée à Culiacán, au Mexique, une ville dominée par le cartel le plus puissant du monde, elle menait pourtant une vie paisible auprès de sa famille tout en poursuivant ses études. Mais lorsque ses parents font failli...
