Lorsque je me réveillai, je saisis mon téléphone, mes idées aussitôt éclaircies. Comme tous les matins depuis deux ans et demi, j’envoyais un message à mon copain. Cela faisait deux ans et demi que nous étions en couple et nous vivions un amour idyllique. Je lui demandais s’il avait bien dormi, sachant qu’il ne répondrait pas tout de suite : il commençait plus tard.
Je devais partir manger, alors j’abandonnai mon téléphone sur mon lit. Après avoir mangé en compagnie de ma sœur et de mes parents, je partis me préparer, n’ayant toujours reçu aucun message de mon copain. Je choisis une tenue simple et partis me maquiller. Le son à fond dans mes écouteurs, je chantais du Lady Gaga, un pinceau dans la main en guise de micro.
C’était une bonne journée. J’étais heureuse et il faisait beau. Je tournais sur moi-même, mes cheveux blonds volant autour de moi. Ma mère cassa ma bulle en me criant de me dépêcher, sinon je serais en retard pour le bus du lycée. Aussitôt, je me dépêchai, attrapant au vol mon sac et mon téléphone.
Dans le bus, je m’assis seule, car mes amies habitaient plus près du lycée et n’avaient pas besoin de le prendre tous les jours. Une fois installée, je remarquai que la photo de profil de mon copain avait disparu. Nous l’avions en commun, alors j’étais surprise : cela faisait deux ans qu’il ne l’avait pas changée, nous avions la même. Je lui renvoyai un message, un peu inquiète, lui demandant s’il allait bien et pourquoi il avait supprimé sa photo.
J’éteignis mon téléphone, essayant de ne penser à rien d’autre qu’à la musique qui vibrait dans mes écouteurs. Je regardais le paysage défiler jusqu’à l’arrivée au lycée.
J’étais en Première 2, avec quelques amis, mais la plupart étaient en Terminale, comme mon copain. Je les connaissais depuis la quatrième et j’étais très heureuse. Nous étions un petit groupe, avec des gens qui allaient et venaient. Nous n’étions pas le groupe populaire et hypocrite, mais plutôt celui des geeks — et moi, j’adorais ça.
Je connaissais beaucoup de monde car j’étais très sociable et j’engageais facilement la discussion. J’étais déléguée de ma classe et faisais partie des très bons élèves. Dans ma vie, je n’avais aucun problème : un super groupe d’amis, d’autres amies en dehors du lycée, j’étais appréciée, j’avais un copain avec qui j’imaginais toute ma vie. J’avais 16 de moyenne en Première, je n’étais pas trop stressée pour le bac de maths et de français, je m’entendais bien avec mes parents qui me faisaient confiance. Je jouais souvent avec ma sœur, qui était en quatrième. J’avais 16 ans et j’en aurais 17 prochainement.
J’arrivai enfin en classe, saluant mes amis et connaissances. Comme à peu près à chaque cours, j’étais au milieu du deuxième rang. J’étais bavarde mais je savais me taire. Avide de connaissances et très curieuse, les professeures m’aimaient bien.
Malgré tout, j’avais hâte que la récréation arrive : j’avais hâte de revoir Alexei. Les maths et la physique passèrent lentement. Je n’avais jamais vraiment aimé les sciences ; j’avais eu beaucoup de difficultés, mais aujourd’hui j’y arrivais un peu mieux, car les professeures étaient très compétentes.
Quand enfin la sonnerie retentit, je rangeai mes affaires rapidement et sortis rejoindre le coin de la cour que nous occupions toujours. Les meilleurs amis de mon copain étaient là, ainsi que tous nos autres amis. J’arrivai, enjouée et heureuse de les retrouver.
Voyant que mon copain n’était pas là, je leur demandai où il était. Ewen, son meilleur ami, me dit qu’il n’était pas venu en cours ce matin. Assez inquiète, je lui renvoyai un message.
Sasha, une de mes amies les plus proches, essaya de me changer les idées en me racontant une histoire à propos de sa copine.
— Et le gars, il nous a craché aux pieds en nous traitant de gouines ! Cassidy était furieuse et moi aussi. Sérieux, pour qui il se prend, cet homophobe de merde ?! Leïa, tu m’écoutes ?
— Je… quoi ? Oui pardon, c’est juste que ça me fait peur. Alexei ne répond pas et il n’est pas venu. J’ai peur qu’il lui soit arrivé quelque chose.
— Mais non, t’inquiète. Il a peut-être loupé son réveil ou il est malade et dort encore.
— Oui mais… d’habitude il…
— Arrête d’y penser, me coupa-t-elle. Tu n’arriveras pas à te concentrer sinon.
J’acquiesçai alors que la sonnerie retentissait. Je me dirigeai en cours, l’esprit torturé. Ayant pris une option, j’avais deux heures d’histoire-géo en anglais, mais je n’arrivais pas à me concentrer.
— Could Mademoiselle Sillet please do us the honor of concentrating on our course instead of daydreaming?
— Sorry, miss.
J’essayais de me concentrer, mais Alexei hantait mes pensées. Je vérifiais discrètement mon téléphone toutes les deux minutes. Que se passait-il ? Pourquoi ne recevais-je aucun message ? Il ne m’avait pas prévenue non plus qu’il ne serait pas là…
Quand les deux heures interminables d’histoire se terminèrent, je me dépêchai de retrouver mes amis. Tous mes espoirs disparurent quand je vis qu’Alexei n’était toujours pas là.
Sasha me prit par la main et essaya de me convaincre :
— Allez, viens, on sort manger. On a chacune trois heures. On sort juste une heure et demie et on va manger dehors. Allez, viens, c’est moi qui paye !
— Mais…
— Bon, je ne te laisse pas le choix. Viens avec moi.
Elle attrapa ma main et se dirigea vers les portails de sortie. Nous passâmes nos cartes et sortîmes. Elle sautait de joie en m’emmenant dans le tramway.
Arrivées au centre, elle me tira vers un petit restaurant tout mignon à emporter. Nous prîmes des sandwichs et les mangeâmes en terrasse, appréciant le soleil.
Pendant deux heures, je discutai avec Sasha de tout et de rien et réussis à oublier Alexei. Elle me changea les idées, me parlant de sa copine, de ses chats, de ses parents, me posant des questions sur ma vie et me racontant des anecdotes de cours très drôles.
— Et du coup, tu sais que Parcoursup arrive bientôt. Même si ça ne te concerne pas encore, tu voudrais faire quoi plus tard ?
— Avocate. En pénal. Depuis mon stage de troisième, j’ai vraiment adoré et c’est ce que je veux faire. L’année prochaine, je vais prendre l’option droit et histoire, littérature et philo. Franchement, j’ai trop hâte. Je dois faire trois ans de licence en fac de droit, puis deux ans de master. Ensuite, je passerai le concours d’entrée à l’école des avocats, ferai un an et demi là-bas, puis le concours de sortie. Ça va être long, mais c’est ce que je veux faire. Et toi ?
— Personnellement, je pars en sciences criminelles, donc franchement je suis grave contente. Comme je veux devenir criminologue, je devrai faire du droit pénal et un master en sciences criminelles. Au final, on se retrouvera peut-être dans la même fac, qui sait ? ria-t-elle.
C’est quand j’allumai mon téléphone pour regarder l’heure que je paniquai. Nous devions être en cours dans quinze minutes et nous étions à vingt minutes du lycée.
— SASHA, JE VAIS TE TUER, ON VA ÊTRE EN RETARD !
— Oups...
Nous nous mimes a courir, alors que je pestai en riant. Nous devions ressembler a des folles. Nous arrivâmes juste à temps et courir dans nos salles respectives. Pile a temps pour une heure d'SES. Le cours passa lentement tandis que mes pensées revenaient vers celui qui faisait battre mon cœur mais qui en cet instant me faisait terriblement peur par son absence. Je decidais finalement qu'à la récré j'écrirai un message à sa mère et sa sœur pour avoir des nouvelles. Quand la sonnerie retentit je me précipitais dans la cour pour envoyer un message aux deux. Leur photos de profil aussi avait disparu alors je ne comprends rien. D'habitude quand la photo de profil ont disparu ça veut dire qu'on a été bloqué mais enfin... Pourquoi me bloquerait-elle ? Alors que je sortais du lycée la journée terminée mais personne s'arrêtait plus. « ai-je fait quelque chose de mal ? » « Alexei m'en veux ?» « mon téléphone bug » « il ne veut plus de moi ? » je paniqueais. Après mes 15 minutes de bus habituel je rentre chez moi et m'écroula en pleurant dans ma chambre. Je ne comprenais rien. Je laissais mon sac par terre et continuais de pleurer, rouler en boule son t-shirt serré contre ma poitrine. Je scrutais mon téléphone toute la soirée, espérant recevoir un message. J'étais torturé. Etais-il punis ? Que se passait-il ? Je décidais de venir jusqu'à sa maison le lendemain soir si je n'avais pas eu de nouvelles. Nous commençons à la même heure au lendemain alors je me couchais, en larmes espérant qu'il m'enverrait un message ou qu'il serait là. Je passais une nuit terrible, peuplée de cauchemars avec ma plus grande peur : me retrouver seule, abandonnée de tous. En me réveillant le lendemain matin, je regardais encore et encore mon téléphone sans avoir de notification ou de réponse de sa famille ou de lui. Je ne mange pas, l'appétit perdu. J'allais à l'arrêt de bus avec une dizaine de minutes d'avance en espérant qu'il soit dans le bus. Les mains tremblante je montais dans le bus espérant le voir. Larmes aux yeux je ne voyais pas. Les yeux rougis et bouffi d'avoir pleuré toute la nuit je devais ressembler un fantôme. Arrivé au lycée j'ai cru que j'allais m'effondrer. Où était-il ? J'aurais jamais mes amis près du coin habituel mais je ne voyais pas. Dans le bus, je ne vais pas croiser non plus. Ils commençaient plus tard ? Sans doute un changement dans leur emploi du temps. J'allais dans ma classe et affrontais les cours. Je subissais les cours perdus dans mes pensées. Je finis c'est tôt à cause de l'absence d'un prof alors je ne mangeais pas à la cantine. Arrivé chez moi j'ai remarqué un message de ma meilleure amie.
« Ça va ? J'ai appris de la part d'Alex que ce qui s'était passé. Tu veux venir à la maison ? On pourrait se faire une soirée à toi avec Laura. Bises, Lana »
Aussitôt j'essaierai de comprendre. Que s'est-il passé ? Je suis pas mal les messages de questions, inquiète. Quand enfin elle me répondit je tombais des nues point Alexa y avait envoyé un message à tous nos amis et leur expliquer qu'il avait des emménagé dans un autre pays et avait coupé les ponts avec tout le monde. Je m'effondrai au sol en pleurant. Il était parti point m'avait bloqué. Il ne voulait plus de moi point sur les ai encore et encore le message que Lana m'avait transféré de Sacha ou Alexa il leur expliquait tout.
«Coucou tout le monde, comme vous le savez sans doute cela fait deux jours que je ne suis pas venu au lycée et que je n'ai répondu à aucun message. Il y a une raison. Il y a 3 jours j'ai déménagé là où je suis actuellement, c'est-à-dire dans mon pays natal, donc en Russie. J'en ai parlé à personne car les adieux seraient plus douloureux encore. Oubliez-moi car on se reverra plus jamais et je vais bloquer tous vos numéros après ça. Je vais recommencer une nouvelle vie alors faites pareil et oublie-moi. Merci d'avoir fait partie de ma vie. Concernant Leïa elle n'est pas sur ce groupe mais je sais que vous l'informerez de la situation. Je ne veux plus la voir, je ne veux plus d'elle elle est stupide, horrible et une relation à distance je n'en veux pas point je la quitte point donc je l'ai bloqué et j'ai bloqué son numéro de chaque membre de ma famille afin qu'elle puisse plus jamais me recontacter. Je veux me libérer de sa toxicité. Bref, ton nouveau départ il y a jamais.
Alexei Hardford »
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Le temps d'un proces
RomanceLeïa, jeune avocate, est devenue la référence dans son domaine. Tout le monde parle d'elle et elle enchaîne les gros proces. Mais cependant, la requête d'un homme, la demande comme avocate pour défendre un meurtre va bouleverser sa vie. Alexei Hardf...
