Chapitre 1 : Sous son regard

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Cette fille nommée Sarah 18 ans, elle se souvenait encore du jour où elle avait posé ses valises dans cette ville. Le ciel était gris, l’air lourd, et les rues trop calmes pour être rassurantes. Ses parents disaient que c’était normal, qu’il fallait du temps pour s’habituer. Elle hochait la tête, sans jamais leur dire que dès la première nuit, quelque chose avait changé.

La maison était grande. Trop grande pour elle seule. Les murs encore vides résonnaient au moindre bruit. Quand elle marchait, ses pas semblaient la suivre, comme un écho qui n’était jamais tout à fait le sien. Elle passait souvent devant les fenêtres, vérifiant qu’elles étaient bien fermées, même en plein jour. Un réflexe qu’elle ne comprenait pas elle-même.

Les premiers jours, elle avait essayé de se convaincre que c’était juste le stress. Nouvelle ville, nouveaux visages, nouvelles habitudes. Pourtant, chaque fois qu’elle sortait, elle sentait ce regard invisible peser sur sa nuque. Dans la rue, elle se retournait souvent sans raison, persuadée que quelqu’un marchait derrière elle. Mais il n’y avait jamais personne. Juste des passants pressés, indifférents.

Les nuits étaient les pires.
Dans sa chambre, l’obscurité semblait plus dense qu’ailleurs. Elle éteignait la lumière mais ne trouvait pas le sommeil tout de suite. Elle écoutait. Le tic-tac de l’horloge. Le bruit lointain d’une voiture. Le vent contre les volets. Parfois, elle croyait entendre un souffle, presque imperceptible, comme si quelqu’un se tenait trop près. Alors elle retenait sa respiration, le cœur battant, jusqu’à ce que le silence reprenne ses droits.

Elle se levait souvent pour vérifier la porte. Puis les fenêtres. Puis la porte, encore.

Toujours fermées. Toujours verrouillées.
Un soir, en allant chercher de l’eau dans la cuisine, elle avait eu la sensation très nette de ne pas être seule. La lumière du couloir clignotait légèrement. Elle s’était arrêtée net, la main crispée sur l’interrupteur. Pendant une seconde, elle avait cru voir une ombre au bout du couloir. Quand elle avait cligné des yeux, il n’y avait plus rien. Juste ses propres peurs, se disait-elle.
Mais ce sentiment ne la quittait pas.
Même quand elle souriait, même quand elle riait, même quand elle faisait semblant d’aller bien. Elle avait appris à vivre avec cette présence invisible, à l’ignorer sans jamais l’oublier. Comme si quelqu’un connaissait déjà ses habitudes. Ses heures de sortie. Ses silences. Ses failles.

Parfois, elle avait l’impression que la maison l’observait elle aussi. Les murs. Les coins sombres. Les pièces où elle n’allait jamais. Certaines portes lui inspiraient un malaise inexplicable, sans qu’elle sache pourquoi. Elle évitait de les regarder trop longtemps.

Elle n’imaginait pas encore que ce regard n’était pas nouveau.
Qu’il la suivait depuis plus longtemps qu’elle ne le pensait.
Et surtout, qu’il faisait déjà partie de son avenir.


Désolé si c'est trop long...

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⏰ Última atualização: Feb 03 ⏰

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