Le silence n'est pas l'esprit qui abandonne,
ni l'esprit qui échoue.
Le silence est l'esprit qui choisit de renoncer
parce qu'il sait ce que vaut le renoncement.
Il renonce parce qu'il entend.
Parce qu'il comprend qu'il existe
une éloquence du silence.
Le silence met en lumière ce qui vient d'être dit.
Il prolonge l'émotion née des mots,
il lui offre un espace pour respirer.
Parfois, il précède la parole,
l'annonce, la prépare,
dans une dramaturgie singulière.
Car le silence est une dramaturgie.
Et s'il fallait donner un conseil
aux jeunes orateurs que vous êtes,
ce serait celui-ci : pratiquez le don de la parole,
mais découvrez aussi le bonheur, éloquent,
du silence.
En rhétorique, on l'appelle l'aposiopèse.
En littérature, on l'appelle la ponctuation.
Les trois petits points de Céline, par exemple,
ne sont pas de simples signes typographiques.
Ils sont ce qui n'est pas dit,
et qui devient visible précisément
parce qu'il ne l'est pas.
Le silence,
c'est ce que les lèvres retiennent.
Une pudeur, parfois.
Mais souvent plus sonore
que tout ce que les lèvres prononcent.
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L'ÉLOQUENCE DU SILENCE
PoesíaMes poèmes explorent ce qui se joue entre les mots. Ils interrogent le silence non comme un vide, mais comme une matière vivante, une tension, une respiration essentielle à la parole. J'écris là où la voix hésite, là où le non-dit devient plus expre...
