Le vent soufflait comme un avertissement alors qu'Ariane marchait seule sur les ruines anciennes, guidée par un appel qu'elle ne comprenait pas. Depuis qu'elle avait senti la première fois cette présence, quelque chose en elle brûlait d'un désir qu'elle ne pouvait réprimer. Elle savait que ce n'était pas de l'amour ordinaire. C'était plus ancien, plus profond, plus interdit.
Et puis il apparut.
Son corps semblait à la fois solide et impossible, comme façonné par la nuit elle-même. Ses yeux brûlaient d'une intensité qui fit trembler Ariane, et ses ailes sombres, plissées derrière lui, exhalaient une chaleur presque douloureuse.
— Tu m'as cherchée... et je t'ai trouvée, murmura-t-il, sa voix une caresse qui fit frissonner sa peau.
Elle ne pouvait détourner le regard. La peur se mêlait à l'envie, et chaque battement de son cœur était un tambour appelant l'interdit. Il s'approcha lentement, et elle sentit l'air se charger autour d'eux, vibrant d'une tension que seule la magie noire pouvait provoquer.
— Chaque souffle près de moi te change, dit-il, frôlant sa main du bout de ses doigts brûlants.
Ariane ne recula pas. Elle voulait ressentir cette chaleur, ce danger. Elle voulait se perdre dans cet éclat sombre. Quand il posa ses mains sur sa taille, ce ne fut pas un geste violent, mais suffisant pour éveiller chaque fibre de son corps, chaque frisson qu'elle n'avait jamais cru possible.
Leurs regards se croisèrent, et dans ce silence, ils se parlèrent plus fort que n'importe quel mot : désir, possession, passion, mais aussi tendresse fragile. Le démon s'inclina jusqu'à ce que leurs fronts se touchent, et Ariane sentit la magie vibrer entre eux, comme si leurs âmes elles-mêmes s'attiraient et se fondaient.
— Tu brûles avec moi, murmura-t-il contre son oreille.
— Et je ne veux pas m'éteindre, souffla-t-elle.
Les flammes autour d'eux dansaient, vivantes, reflétant le feu qui s'était emparé de leur lien. Chaque geste, chaque souffle, chaque frôlement rapprochait leurs mondes opposés, l'ombre et la chair, l'éternité et l'instant.
Ariane sentit son cœur chavirer. Être près de lui, c'était accepter le danger, la tentation, le vertige d'un monde qu'elle n'aurait jamais cru habiter. Mais elle ne pouvait pas se défaire de lui. Elle voulait ce frisson, cette passion interdite qui lui donnait vie.
— Reste avec moi dans la nuit, murmura-t-il enfin, la voix basse, brûlante.
— Je ne partirai pas, répondit-elle, pressant sa main contre son torse où la chaleur de son corps et la magie se mêlaient.
Et dans l'obscurité, entre les ruines et les flammes invisibles, leur désir ne fut plus seulement physique. Il devint une danse d'ombres et de lumière, une collision de mondes, une passion torride que rien ne pouvait contenir. L'amour interdit n'avait jamais été aussi vivant.
