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Introduction

Elikya
En lingala, cela signifie espoir.

L'espoir... ce petit fil invisible qui nous tient debout quand tout semble perdu.
Ce souffle qui nous pousse à continuer quand la vie devient lourde, quand la faim, la peur et la douleur nous écrasent.

Sans l'espoir, il n'y a pas de survie.
Sans l'espoir, il n'y a pas de lumière dans l'obscurité.

Cette histoire raconte comment, même dans les moments les plus sombres, l'espoir peut nous sauver.
Elle raconte comment tenir, avancer, et aimer, même quand le monde semble contre nous.

Bienvenue dans ELYKIA


- S'il te plait , Idriss arrête pleure

j'essayais de bouger dans tout le sens en espérant qu'il arrêterait mais en vain.

Idriss - Arrête de bouger sinon je te ferais encore plus mal

Cela ne servait strictement à rien que je me débatte , car ce n'était pas la première et au fond de moi je savais que cela ne sera surement pas la dernière fois.

Je me réveille en sursaut.

Les cris de mon bébé déchirent le silence.
Elle est allongée au sol, juste à côté de moi.

Encore un cauchemar.
Encore lui.
Encore cette peur qui ne me quitte jamais.

Ça ne s'arrêtera donc jamais...

Cela fait environ un mois que je vis dans la rue avec ma fille.

Un mois à survivre.
Un mois à compter les heures, le froid, la faim.

Je dors dans un parking.
Enfin... c'est plutôt là que je m'allonge quand la nuit tombe.
Je préfère ça plutôt que de voir ma princesse mourir.

- chut...ca va aller mon bébé

Ezra pleure, sa petite voix tremble.

— Oh... tu veux le sein ? Viens... tiens.

Je la prends contre moi et je lui donne le sein.
Mais mon corps est épuisé.
Je n'ai plus de forces.
Cela fait deux jours que je n'ai rien mangé et je sens que je n'arrive plus à tenir.

Mon ventre me fait mal, ma tête tourne, mais je dois rester debout.
Pour ma fille.

Il y a un supermarché pas loin.
Je vais voir ce que je peux voler.

Je sais que ce n'est pas bien.
Mais parfois, dans la vie, on n'a pas le choix.
Parfois, survivre devient plus important que la morale.

Une fois qu'Ezra a fini de téter, je la mets doucement dans sa poussette.
Je me brosse les dents comme je peux, puis je passe un peu d'eau sur mon visage.

Quand j'en ai l'occasion, je me lave dans les douches publiques, pas très loin.
Ce n'est pas grand-chose... Mais vaut mieux ça que rien.

Je pousse la porte du supermarché et j'entre.

Je fais semblant de regarder les rayons, comme si je pouvais encore me permettre de choisir.
Mais la vérité, c'est que je ne peux rien acheter.
Il m'a tout pris.
Je n'ai plus rien.

Vous vous demandez sûrement comment j'ai tenu un mois.
Avec quelques pièces, à peine.
Juste assez pour des couches et un peu de nourriture pour Ezra.

Rien pour une chambre.
Rien pour un toit.

Il m'a tout pris.
Même la dignité.

Je prends quelques paquets de chips, une boisson.
Mes mains tremblent.
Le magasin est presque vide.
Quand le caissier s'approche, mon cœur se met à battre trop vite.

Caissier - Vous allez bien, madame ?

— Euh... oui...

Il me regarde.

Caissier - Vous voulez manger ?

Je baisse les yeux.

— Oui... si possible.

Caissier - Les gâteaux, ça ne cale pas , J'ai une pizza. Je peux vous en donner.

Je reste figée.

- Je... euh...

Caissier - Je vous promets, elle n'est pas empoisonnée.

Il sourit.
Un vrai sourire pour une fois

Il disparaît quelques secondes, puis revient avec la pizza.
Il ajoute des chips, des gâteaux, une boisson.

Caissier - Faut pas qu'on nous voie... sinon je suis mort, rire.

— Merci... vraiment.

Ma voix tremble.
Je lui adresse un petit sourire, fragile, puis je m'en vais.

Je marche jusqu'à un parc, pas très loin.
Je m'assois sur un banc, Ezra contre moi.

Je ferme les yeux.

Je fais une petite prière.
Pas compliquée.
Juste un merci.

Je mange la pizza.
Elle est froide, mais elle me réchauffe de l'intérieur.

Je respire un peu mieux.
Mon ventre se calme.

Je jouais avec Ezra.
Elle rigolait dans sa poussette.
Qu'est-ce qu'elle est belle, ma princesse d'amour.

- Tu ressembles à maman, hein ? sourire

Ezra rit et gigote dans sa poussette.
Pendant un instant, je me sens bien.

Puis je sens un regard.
De loin.

C'était un homme.
C'est pas la première fois que je le vois d'ailleurs.
Il traîne souvent aux alentours.
Il ne me regardait pas forcément directement, mais j'ai eu peur.

Alors je suis partie immédiatement.

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ELIKYA Where stories live. Discover now