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Introduction !

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Je m'appelle أسيّا, Assia. 
J'ai 18 ans. Je suis mauritanienne 🇲🇷, soninké... et avant tout, Ana mu'mina billāh. Je crois en Allah.

Je ne suis pas ici pour raconter une histoire inventée. 
Ce que tu vas lire, c'est ma réalité. Mon vécu. Mes blessures. Mes silences. Mes combats.

En tant que fille d'Afrique de l'Ouest, certaines comprendront sans que j'aie besoin d'entrer dans les détails. Il y a des choses qu'on ne dit pas, mais qu'on ressent toutes. Ce poids invisible qu'on porte dès le plus jeune âge. Cette pudeur dans les émotions. Cette manière d'encaisser sans forcément parler. Un cœur qui apprend très tôt à se taire... jusqu'au jour où il n'en peut plus, et qu'il se tourne vers Allah.

Mon enfance n'a pas été simple. 
Mon adolescence encore moins.

C'était une vie parfois étouffante. Pas forcément parce qu'il n'y avait pas d'amour... mais parce que cet amour ne ressemblait pas à celui qu'on voit ailleurs. Chez nous, l'amour ne se dit pas toujours. Il se vit, il se montre autrement. Mais quand on est enfant, on ne comprend pas toujours ces formes-là.

J'ai grandi avec des paroles que je n'ai pas entendues. Des besoins émotionnels qui sont restés en suspens. Une santé mentale mise de côté, parce que ce n'était pas un sujet. Parce que dans beaucoup de familles, on avance, peu importe comment on se sent à l'intérieur.

Mais malgré tout ça, je suis restée debout. Fatiguée parfois. Brisée à certains moments. Mais debout.

Je viens d'une très grande famille. 
Nous sommes 13 enfants : 6 garçons et 7 filles.

Une maison remplie de bruit, de vie, de tensions, de rires aussi parfois. Une maison où il fallait trouver sa place, apprendre à exister parmi les autres, à se faire entendre... ou à accepter de rester dans l'ombre.

Chez nous, les liens sont complexes. Mais dans ma tête, dans mon cœur, il n'y a pas de "demi". Ce mot n'a jamais eu de place pour moi. On est frères et sœurs. Point. Peu importe d'où on vient exactement, peu importe les différences, le sang reste le sang... et même parfois, quelque chose de plus fort encore nous relie.

Du côté de ma mère, nous sommes 5 : 2 filles et 3 garçons. Mais la réalité émotionnelle n'est pas toujours logique. Les liens ne suivent pas toujours les règles "normales". Mon cœur a choisi ses refuges là où il se sentait compris, là où il se sentait apaisé. Et parfois, ce n'étaient pas forcément ceux qu'on attendait.

Ma mère... 
C'est une femme forte. Très forte. Une femme dure aussi. Très stricte. Elle a vécu des choses que je ne comprenais pas enfant, mais que je commence à percevoir aujourd'hui. Elle a porté beaucoup. Peut-être trop.

Son amour n'était pas doux, pas tendre comme dans les films. C'était un amour exigeant. Un amour qui corrige, qui encadre, qui protège... parfois de manière dure. En grandissant, j'ai commencé à comprendre que derrière cette dureté, il y avait de la peur. La peur pour ses enfants. La peur du monde. La peur de mal faire.

Mais quand on est une fille, et qu'on grandit avec cette rigueur constante, ça peut devenir lourd. Très lourd.

Mon père... 
Il était là. Physiquement. Présent dans la maison. Mais émotionnellement... c'était plus compliqué. Ce n'était pas quelqu'un qui parlait beaucoup. Pas quelqu'un qui posait des questions profondes. Il était comme une présence silencieuse. Stable, mais distante.

Et parfois, ce silence laisse des vides.

Des vides qu'on essaie de combler ailleurs. 
Ou qu'on apprend simplement à garder en soi.

Ma belle-mère... 
C'est tout l'opposé. Une douceur rare. Une gentillesse presque naturelle. Elle n'avait pas besoin de parler beaucoup pour faire du bien. Sa présence suffisait.

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