Dans sa cité on la surnomme la petite femeu des réseaux.
C'est drôle, parce que quand elle marche dans les allées entre les immeubles, on dirait presque qu'elle glisse.
Le béton, les tags, les cages d'escaliers qui sentent le tabac froid tout ça disparaît autour d'elle.
Même les lampadaires défectueux semblent éclairer juste pour elle.
On la voit au bras des hommes les plus puissants.
Toujours.
Des grosses voitures qui font du bruit, oui
mais jamais devant chez elle.
Jamais à la cité.
Elle n'est pas folle : elle ne va pas casser son aura de poupée bourgeoise, voyons.
Elle leur donne toujours un point de rendez-vous "à deux pas" mais "à deux pas" :
le trottoir propre devant un hôtel,
le coin discret d'une avenue éclairée,
pas trop loin, pas trop près.
Juste assez pour que personne ne comprenne.
G-Wagon noir, M8 Competition, parfois même une Rolls qui se fait remarquer sur le boulevard.
Elle glisse dedans comme si c'était normal.
Comme si elle avait toujours été destinée à ça.
Tous les samedis, elle fait la fête.
L'Arc, Raspoutine, Matignon.
On la voit sur les photos, les flashs des téléphones attrapent à peine la brillance de sa robe.
Toujours maquillée à la perfection, parfum ambré, vanille chaude qui laisse une trace derrière elle.
En hiver, elle disparaît.
Dubaï, ciel bleu électrique, soirées sur les rooftops, palmiers illuminés.
En été, tu la croises à Mykonos, St Tropez ou Miami, peau bronzée, lunettes noires, cocktails couleur pêche dans les mains.
Elle est presque irréelle.
Sa voix est mielleuse, douce comme du miel chaud.
Sa posture gracieuse, épaules droites, menton levé.
Un regard perçant qui te traverse comme une lame froide.
✦ Un samedi soir comme un autre ✦
Hier soir elle était avec un chirurgien dans un restaurant où tout est beige crème et doré.
Table en marbre, lumière tamisée, le serveur qui verse le vin sans jamais faire un bruit.
Il était fasciné.
Même un bisou il n'a pas eu.
Aujourd'hui, elle était avec un footballeur dans un palace où le sol brille tellement que tu vois ton reflet.
Encore là, même le droit de lui effleurer la peau il ne l'a pas eu.
Un visage de poupée, presque trop parfait pour être vrai.
Et pourtant elle est inapprochable.
La seule façon de l'atteindre, c'est à travers un écran.
Sur ses réseaux.
Aucune de ses copines n'est jamais venue chez elle.
Pourtant des copines, elle en a à foison.
Mais personne ne voit son intimité.
Ni son appart.
Ni ce qu'elle pense vraiment.
Ni ses émotions.
Rien.
Son nom c'est Alaya.
Chapitre 2 à 5 favs.
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Quand tu m'as appris à aimer
RomanceComment ne pas devenir un démon quand on a été élevée par une manipulatrice ? Puis il a fallu que tu entres dans ma vie et que tu me changes à tout jamais. Il a fallu que tu m'apprennes à ressentir, à laisser vibrer en moi ces émotions que tu as rév...
