Trois hommes en costume m'attendaient dans mon salon. Aucun d'eux ne souriait.
Mon cœur a fait un bond quand j'ai vu ma porte d'entrée, ou ce qu'il en restait. La serrure était cassée, les gonds tordus, et il y avait des traces de pied-de-biche sur le bois blanc que j'avais peint il y a six mois. Mes mains ont commencé à trembler, pas de peur, non. De pure rage. J'avais économisé pendant trois mois pour cette porte.
Les trois hommes se sont tournés vers moi simultanément. Comme un seul organisme. Synchronisés, menaçants, efficaces. Le costard au milieu s'est levé. Il avait les cheveux gris, les yeux froids d'un prédateur, et un accent qui criait « mafieux italien » plus fort qu'une sirène de police.
« Mademoiselle Laurent ? »
« Qui êtes-vous et pourquoi vous avez défoncé ma porte ? »
J'ai posé mon sac sur le comptoir de ma cuisine ouverte, en essayant de garder mon ton neutre. Intérieurement, j'étais en train de calculer : économies sur mon compte chèques (237 euros), argent à rembourser à mon proprio pour les dégâts (certainement plus que mon salaire ce mois-ci), et combien de temps avant que je craque complètement.
« Je suis Vittore Moretti », a dit l'homme gris.
Il n'a pas tendu la main. Personne ne la tend jamais.
« Et vous vous trouvez dans une situation... très délicate, signora. »
Le mot « signora » m'a giflée. Personne ne m'appelle comme ça. Je suis Emma Laurent, étudiante en Master 2 de droit à la Sorbonne, serveuse les week-ends, et je passe mon temps à corriger les essais des autres étudiants pour 15 euros de l'heure. Je ne suis pas une « signora ». Je suis à peine une personne.
Mais Vittore ne semblait pas attendre ma correction.
« Votre père, Vincent Laurent, doit deux millions d'euros à la famille Moretti. »
Il a sorti un dossier de son veston, un vrai dossier, avec des papiers officiels, des signatures, des dates.
« Ses dettes de jeu. Bien documentées. »
Deux millions ? Bordel.
Mon père... mon père avait toujours eu ce sourire malheureux, cette façon de vérifier son téléphone trois fois par minute, cette manière de parler des chevaux et des matchs de foot comme si c'était une religion. Mais je croyais que c'était juste du vice social, pas... ça.
« Mon père n'est pas ici », ai-je dit.
J'ai essayé de paraître forte, souveraine, tout sauf terrorisée.
« Il n'a même pas deux millions d'euros. À part la maison, qui n'est même pas payée. »
« Nous le savons. »
Vittore a feuilleté les papiers lentement, comme si le temps n'existait pas. Comme si deux millions d'euros étaient aussi insignifiants qu'un café.
« C'est pourquoi nous sommes ici. Votre père a disparu il y a deux semaines. Il ne répond plus à son téléphone. Il a quitté son domicile sans préavis. »
Mon estomac s'est noué. Deux semaines ? Papa a disparu il y a deux semaines. Il avait dit qu'il allait à Deauville pour un « week-end d'affaires ». Je l'avais cru parce que j'avais mon Master à finir et un examen de droit constitutionnel à passer, et franchement, je me fichais bien d'où il allait tant qu'il me laissait tranquille.
« Il revient bientôt », ai-je dit, mais ma voix n'était pas convaincante. Même moi je m'en rendais compte.
« Peut-être. Peut-être pas. »
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THE DEVIL'S GAME - An Arrangement That Became Love
RomanceEmma Laurent, 23 ans, étudiante en droit brillante mais fauchée, voit sa vie basculer quand son père disparaît en laissant une dette de 2 millions d'euros à la mafia italienne de Paris. Dante Moretti, 29 ans, impitoyable héritier de la plus puissant...
