La maison de Victoire se trouvait au bout d'une petite rue calme, avec un jardin toujours bien entretenu par son père. De l'extérieur, tout semblait parfait : des fleurs aux fenêtres, une porte d'entrée bleue dont Maéline, la mère, était très fière, et un grand cerisier derrière la maison qui donnait de l'ombre lors des étés chauds.
Mais pour Victoire, tout cela n'était qu'un décor. Une façade.
À l'intérieur, la maison étouffait.
Elle avait quinze ans, un âge où on est censé rêver, rire, découvrir le monde.
Elle, elle apprenait surtout à se faire petite.
Nolan, son grand frère de dix-sept ans, avait changé depuis un moment déjà. Il n'était plus le garçon avec qui elle jouait au foot dans le jardin, celui qui lui montrait ses jeux vidéo ou qui riait de son rire timide.
Non.
Maintenant, son regard était dur.
Toujours sur elle.
Prêt à la piquer, à la blesser, à exploser.
Tout avait commencé doucement : quelques remarques, quelques colères, un ton trop agressif.
Puis ça s'était amplifié.
Nolan la suivait dans le couloir, la bousculait « sans faire exprès ».
Il lui prenait ses affaires, les jetait à travers sa chambre, lui claquait la porte au nez.
Il lui disait qu'elle ne valait rien, qu'elle n'avait pas sa place, qu'elle n'était qu'un poids pour la famille.
Chaque mot plantait une aiguille dans son cœur.
Mais les mots étaient encore supportables.
Les gestes, beaucoup moins.
Pendant que Jean lisait son journal et que Maéline préparait le dîner, Nolan trouvait toujours un moyen de s'approcher de sa sœur pour lui murmurer quelque chose d'horrible à l'oreille, ou pour lui donner un coup discret, un pincement fort, une pression sur le bras qui lui laissait des marques.
- « T'es qu'une faible, Victoire. Tu diras rien. Personne te croirait. »
Et le pire, c'est qu'elle le croyait.
Dans la maison, chaque pièce avait une ombre.
Le salon résonnait de disputes étouffées.
L'escalier devenait un piège où Nolan pouvait la coincer.
Même sa chambre, normalement un refuge, était un endroit où elle sursautait au moindre bruit.
Victoire se recroquevillait de plus en plus dans son lit, les genoux contre la poitrine. Elle essayait de se convaincre que ce n'était qu'une mauvaise phase, que son frère redeviendrait celui d'avant.
Mais au fond d'elle, elle savait que quelque chose s'était brisé.
Le soir, quand elle descendait pour dîner, elle sentait l'air peser sur ses épaules. Jean parlait de son travail, Maéline parlait du voisin, Nolan jouait avec sa fourchette, comme si de rien n'était.
Victoire avait peur de croiser son regard.
Parce que dans ses yeux, il n'y avait plus rien d'un frère.
Rien qu'un danger.
Elle se disait souvent :
« Pourquoi il me déteste ? Qu'est-ce que j'ai fait ? »
Mais la vérité, c'est qu'elle n'y était pour rien.
Elle le savait.
Et pourtant... on finit toujours par s'accuser soi-même quand personne d'autre ne te protège.
Ce soir-là, alors que la famille dînait en silence, Nolan fit tomber exprès son verre sur Victoire.
Le liquide froid se répandit sur son pantalon.
- « Mais t'es vraiment débile, fais attention ! », lança-t-il en la regardant comme si c'était de sa faute.
Jean fronça les sourcils mais ne dit rien.
Maéline soupira comme si elle en avait assez.
Et Victoire, les mains tremblantes, ramassa les éclats de verre sans rien dire.
Sous la table, Nolan lui donna un coup de pied.
Un coup sec, violent, rapide.
Elle ne pleura pas.
Elle ne cria pas.
Elle se contenta de se recroqueviller un peu plus.
Cette maison-là, pourtant si jolie vue de l'extérieur, devenait son étau.
Et Victoire n'était plus qu'une ombre qui tentait de respirer entre ses murs.
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une âme sombre à 15 ans
Novela Juvenilc l'histoire de victoire une jeune fille de 15 ans qui vie dans les coup et injures de sont frere Nolan elle fini par sombrer sans l'aide de personne
