Le panneau « Bienvenue à Arkadia » défile dans mon rétroviseur alors que je ralentis.
Même les routes n'ont pas changé. Les mêmes virages bordés de pins, les mêmes stations-service défraîchies où je m'arrêtais pour acheter des chewing-gums avant les cours. C'est étrange de revenir ici, comme si une autre version de moi-même m'attendait sur le pas de chaque porte, dans chaque recoin.
Les souvenirs s'invitent sans y être conviés. Je passe devant l'ancienne patinoire, aujourd'hui désaffectée. Combien de fois je suis tombée là-bas ? Je revois Harper, Raven, moi, riant à en perdre haleine. Une autre époque.
Mais ce n'est pas à elles que je pense. Pas en premier.
Je serre le volant un peu plus fort. Mon père est mourant. Cancer du foie. Stade avancé.
Je me répète ces mots comme une formule médicale vide de sens. Mais ils restent coincés dans ma gorge. Comme un poison lent. Comme la culpabilité de ne pas être venue plus tôt.
Ça fait quelques mois que je suis au courant mais même si évidemment j'appelais mes parents de temps à autres, je n'ai jamais pris le temps de passer les voir.
Je gare la voiture devant la maison. Rien n'a changé. Toujours ce petit porche en bois que mon père avait réparé lui-même. Toujours les volets bleu pâle, délavés par les années. Une bulle de souvenirs prête à exploser.
La porte s'ouvre avant même que j'aie eu le temps de frapper.
— Clarke...
Ma mère. Le visage fatigué, tiré. Elle me serre contre elle avec une force que je ne soupçonnais plus. L'odeur de lavande et de sucre flotte autour d'elle. Mais ses bras sont tremblants.
— Tu es là, souffle-t-elle. Dieu merci. J'ai eu si peur que tu ne puisses pas venir.
— Bien sûr que si. Je suis là maintenant.
Je ne dis pas que tout ira bien. Parce que ce serait mentir.
On entre. Tout est identique. Même disposition. Même tapis. Même photo de mes parents accrochée au mur du salon, prise lors d'un gala de charité où j'avais dû porter une robe trop serrée et sourire trop fort.
Sur la table basse : des carnets, des boîtes de médicaments, des papiers d'hôpital. Ma mère a toujours eu besoin de tout organiser. Encore plus depuis qu'elle ne peut pas contrôler la maladie.
Nous parlons vite fait de mon père et prévoyons d'aller lui rendre visite aujourd'hui à l'hôpital.
Au fur et à mesure de la conversation, j'ai de plus en plus de mal à réaliser ce qu'il se passe vraiment et ma mère s'en rend compte donc elle essaye de changer de sujet.
— Alors, ton travail ? Toujours à la galerie ?
— Oui. On monte une nouvelle expo. Des artistes émergents de la côte ouest. J'ai pris un congé.
Elle sourit, distraitement.
— C'est bien, ça. Tu as toujours eu le goût des belles choses. D'ailleurs...
Je le sens venir. Le ton. Le regard. Le piège.
— Tu te souviens de Finn Collins ?
Je fronce les sourcils. Bien sûr que je me souviens de Finn.
— Il est revenu en ville. Il travaille maintenant dans l'immobilier, avec son oncle. Il a repris les affaires de famille. Il a fait fortune dans je ne sais quoi, et devine quoi ? Il est célibataire.
Je soupire.
— Maman...
— Quoi ? C'est un garçon charmant. Sa mère est une amie. Il te trouvait ravissante à l'époque, tu sais ?
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C'est toi que je veux (CLEXA)
FanfictionAlors que Clarke rentre dans sa ville natale pour des raisons familiales, elle ne pensait pas recroiser Lexa, la fille qui avait marqué son adolescence. Après leurs retrouvailles, tout bascule. Entre secrets, aveux, dangers et amour intense, elles v...
