Chapitre 1 : Le calme avant l'ombre

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Elena , ouvrit les yeux sur la lumière douce du matin madrilène, filtrée par les rideaux clairs de son appartement. Le bruit lointain des voitures et des cloches d'une église voisine se mêlait au chant des oiseaux, offrant un contraste étrange avec le sentiment de malaise qui lui nouait la poitrine depuis quelques jours. Elle s'étira lentement, ses longs cheveux noirs glissant sur ses épaules, et se leva pour rejoindre la cuisine où son frère jumeau, Kyle, préparait le petit-déjeuner.

- Toujours à traîner au lit ? lança-t-il en posant une assiette fumante sur la table.

- Et toi toujours à faire du bruit comme une sirène ? répondit Elena, en esquissant un sourire fatigué mais sincère.

Ils rirent doucement, savourant ce petit moment de normalité. Pour Elena, ces instants avec Kyle étaient précieux : malgré les responsabilités et les affaires parfois sombres de leur famille, elle pouvait respirer, même un peu. Kyle, toujours attentif, savait quand elle avait besoin d'être rassurée ou encouragée, et il n'hésitait jamais à intervenir pour la protéger.

Après le petit-déjeuner, Kyle proposa une balade matinale :

- Je vais courir un peu, ça te dit de venir ?

- Non... je vais rester ici et finir mon livre.

- Fais au moins attention à toi alors, dit Kyle en haussant les épaules.

Elena acquiesça, sentant que quelque chose l'inquiétait sans qu'elle puisse le définir. Elle avait appris à faire confiance à ses instincts, mais cette sensation, lourde et sourde, était différente.

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Quelques heures plus tard, Elena se dirigea vers le café où elle avait rendez-vous avec sa meilleure amie, Anya Romanov. Dès qu'elle entra, la chaleur et l'odeur du café et des viennoiseries lui firent oublier un instant son pressentiment.

- ¡Elena ! s'écria Anya en bondissant de sa chaise. Tu es enfin là ! J'ai cru que tu avais disparu dans Madrid !

- Jamais... répondit Elena, soulagée de voir son amie.

Elles s'installèrent près de la fenêtre, observant la rue qui s'éveillait doucement. Leurs discussions étaient légères, ponctuées de rires et de confidences : les cours, les amis, les petits secrets qu'on ne dit qu'aux proches. Elena appréciait ces instants, où la vie semblait simple, loin des tensions que pouvait créer sa famille.

- Tu sembles préoccupée, dit Anya en la regardant attentivement. Quelque chose ne va pas ?

Elena baissa les yeux, jouant nerveusement avec sa cuillère.

- Non... juste fatiguée, beaucoup de projets... dit-elle avec un sourire forcé.

Mais Anya ne la croyait pas. Elle connaissait Elena depuis trop longtemps pour ignorer les signes de malaise, le léger tremblement de ses mains, le froncement presque imperceptible de ses sourcils.

- Écoute... je ne sais pas ce que tu caches, mais fais attention à toi, murmura Anya, la voix basse, presque inquiète.

Elena acquiesça, consciente que quelque chose dans son esprit lui criait d'être sur ses gardes. Elle secoua la tête pour chasser cette pensée, tentant de profiter de l'instant présent.

En sortant du café, Elena sentit une étrange sensation, comme si quelqu'un l'observait. Les passants marchaient sans se soucier d'elle, mais un frisson parcourut son dos. Elle accéléra le pas, son cœur battant un peu plus vite.

- Je deviens paranoïaque... murmura-t-elle.

Malgré tout, elle continua sa route, profitant du soleil qui réchauffait légèrement la ville. Mais le sentiment d'être suivie persistait, insistant. Chaque fenêtre qu'elle croisait semblait cacher un regard, chaque ombre devenait suspecte. Elle tenta de raisonner son esprit : « Tu exagères, c'est juste ton imagination. » Mais la sensation ne la quittait pas.

Le soir venu, Elena rentra chez elle. Kyle l'attendait avec un sourire rassurant et un dîner léger.

- Alors, tu as passé une bonne journée avec Anya ? demanda-t-il.

- Oui... mais je ne sais pas, j'ai eu un pressentiment étrange toute la journée, avoua Elena.

Kyle fronça les sourcils, inquiet.

- Tu veux que je reste avec toi ce soir ?

Elena secoua la tête, essayant de paraître courageuse.

- Non... ça va aller. Mais merci.

Alors qu'elle s'installait dans son lit, une partie d'elle continuait à ressentir cette présence invisible, un avertissement silencieux. Elle ignorait encore que ce pressentiment n'était que le premier signe d'un danger imminent, que sa vie allait basculer dans un monde d'obsession, de captivité et de tension psychologique.

Dark Obsession Where stories live. Discover now