Chapitre 1

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Chapitre 1

Aiden's POV

Le bruit. Comment autant de gens font pour supporter les dîners de Noël en famille ? Entre les oncles qui boivent comme si leurs vies en dépendaient, les tantes qui crient des choses inutiles et les enfants qui courent partout... Insupportable. Je me vautre sur ma chaise en espérant disparaitre pour éviter aux questions de mon parrain bourré. Trop tard, il est déjà en train de hurler, essayant de faire en sorte que je l'entende.

-Aiden ! Alors, ça se passe comment les amours ? Me crie-t-il depuis l'autre bout de la table en ouvrant une autre bouteille de champagne, bordel, quelle bande d'alcooliques.

Je prends une inspiration avant d'hausser les épaules, ma vie amoureuse est aussi aride qu'un désert depuis la mort de Alex, comment je suis censé lui répondre ?

-Pareil que l'année dernière, je réponds en tournant la tête, voulant échapper à cette conversation le plus vite possible.

-Sérieusement ? Tu pourrais te trouver une petite copine, regarde comment tu es joli, me murmure ma grand-mère.

J'ai juste envie de lui dire qu'elle ne m'aide pas mais je me contente de sourire ironiquement en lui répondant.

-J'adorerais plaire aux filles grâce à mon physique, mamie, mais selon les dernières nouvelles, personne ne veut d'un dépressif.

Elle me lance un regard surpris, elle continue à croire que les gens dans leur vingtaine ne peuvent pas être en dépression. Je tourne la tête, juste pour apercevoir que ma mère en est à son 4ème verre. J'espère ne jamais avoir à toucher à une seule coupe de vin. Alex me manque, je me demande quelle connerie elle aurait lancé pour me redonner le sourire, si elle était encore là. J'attrape mon téléphone en espérant recevoir une urgence qui pourrait me tirer loin de cette baraque. Mais avant que je puisse ouvrir l'application Message, ma tante commence à disposer les assiettes sur la table. J'essaye de trouver une excuse le plus vite possible, mais mes cousins commencent déjà à faire passer les patates. Après que le saladier de salade et de charcuterie est fait un tour de table, le silence tombe et toute ma famille commence à prier. Je fixe le sol, être le seul non-croyant au milieu d'une trentaine de chrétiens est une des choses les plus malaisante dont j'ai fait l'expérience. Après un moment qui me parais interminable, tout le monde ouvre les yeux et on se souhaite un bon appétit. Je regarde autour de moi, m'assurant que me chaque personne mange. Après deux ans d'anorexie, vouloir que ma famille et mon cercle d'amis mangent convenablement est limite devenue une obsession. Je commence à faire chauffer mon fromage et je sens une pression sur mon pull Roland Garros, qui ose toucher ce si beau sweat ? Je baisse la tête vers ma gauche et je vois mon cousin Eden, a peine 6 ans et déjà fringué comme un gentleman. Je n'ai même pas le temps de lui demander ce qu'il veut qu'il me chuchote dans l'oreille d'une voix enjouée.

-Aidennnn~... C'est quoi mon cadeau ?

Son cadeau ? Je n'en sais rien, je n'ai pas le courage d'aller faire les magasins, donc je file de l'argent à ma mère qui achète des cadeaux aux petits de la famille. Tout le monde croit que c'est moi qui aie choisi, et l'affaire est pliée. Mais je me doute bien que je ne peux pas dire ça à Eden, donc je me penche un peu vers lui et lui murmure, comme tous les ans :

-Je ne sais pas, demande au père Noël, mon cher Eden.

Il me répond d'une moue boudeuse et tourne les talons, surement pour aller demander à mon frère. Je jette un coup d'œil à la table, personne ne s'étouffe, personne ne pleure, cette fête m'a l'air d'être correct, si on enlève le fait qu'il y a des bouteilles de whisky sur la table et que dans moins d'une heure, la musique sera à fond. Je fixe mon fromage en train de cuire, et me dis que je devrais commencer à découper ma pomme de terre. 

To bring you backWhere stories live. Discover now