Flashback*
00h00
Francisco Garcia (mon père) m'avait annoncé la mort de ma mère. Crée, d'après lui, par Los Malvados, le gang ennemi de mon père, mais aussi le gang de mon meilleur ami Juan. Le père de Juan, étant à la tête du gang, avait donc tout orchestré pour tuer la femme du gang adverse, Los Cuervos, le gang de Francisco.
Dès que je fus mise au courant, je sortis par la fenêtre de ma cave. Francisco m'enfermait dedans, car pour lui je n'avais pas le droit à un lit. Alors soit je dormais dehors, soit je dormais sur ce sol sec et froid. Mais mon option préférée était d'aller rejoindre Juan, sur cette falaise, loin de tout problème, comme chaque soir.
Il était là, assis à regarder l'horizon. Il était tout ce que j'avais, mon seul espoir de vivre une vie paisible. Il avait 16 ans à ce moment, et j'en avais 13. Il était beau, un brun aux yeux d'un bleu glacial qui vous aspire votre âme dès qu'il vous regarde. Il était doté, en plus de ça, d'un corps d'athlète, avec deux tatouages : l'un qu'on avait en commun, un dahlia rose, et l'autre, un anneau en hommage à sa mère, morte d'un cancer. Et son sourire, accompagné d'une fossette, pouvait me tuer à tout instant.
Je m'approchai, et il se tourna pour me regarder avec son sourire. Je m'assis près de lui, il me prit dans ses bras, je me mis à pleurer.
— Qu'est-ce qu'il y a ? dit-il en prenant ma tête entre ses mains, le regard inquiet.
— Francisco m'a annoncé la mort de ma mère... en me ramenant à son corps brû... brû... brûlé... dis-je, essayant de rester calme. Et... et...
— Et quoi, Lys ? me demanda-t-il, l'air inquiet.
— Et il m'a dit que c'était ton père qui l'avait tuée, lui dis-je en le regardant droit dans les yeux, mes larmes coulant de plus en plus.
Il me regarda, l'air troublé. Pendant un moment, il fut dans ses pensées. Puis il se reconnecta à la réalité en me regardant. Me serrant fort dans ses bras, il me dit :
— Il ne pourrait jamais faire ça. Il ne tue pas les femmes. Et encore moins ta mère. Mais j'irai le lui en parler.
— Non, surtout pas. Mon père ne doit pas savoir que je te parle, sinon... lui dis-je, la voix tremblante. Jure-moi que tu n'iras pas lui dire. Je vais régler le problème, il me faut juste du temps pour digérer l'info, c'est tout.
Restants pensif il me dit
— Je te le jure, je ne lui dirai pas. Mais en attendant, préviens-moi d'une quelconque guerre à venir.
Je lui souris, puis posai ma tête sur son épaule, et on resta des heures comme ça, jusqu'à ce qu'il soit l'heure de rentrer chez « nous ».
⸻
Trois semaines plus tard*
Je marchais vers la falaise, la tête baissée, n'ayant pas le temps de pleurer ma mère, trop occupée à être le toutou de Francisco. J'allais retrouver Juan, mais à mon arrivée, il n'était toujours pas là, ce qui m'étonna, car en règle générale, il est toujours là avant moi. Je m'assis en attendant son arrivée, quand j'entendis du bruit au loin. Des pas.
— Te voilà ! Tu sais ce que j'ai appris ? Que ton père et le mien so—
Je fus coupée par un tissu sur ma bouche, m'étouffant, et la personne me souleva jusqu'à une voiture. Petit à petit, je perdais connaissance.
Et puis, d'un coup, plus rien.
Noir.
Quelques instants plus tard*
Je me réveillai, ayant une douleur horrible au crâne. J'essayai de me tenir la tête pour alléger mes souffrances, mais j'avais les mains et les pieds liés, assise sur une chaise. Je regardais autour de moi. J'étais dans une espèce de cave — ironique —, en face de moi une porte, et autour, des murs, une petite fenêtre montrant la lune au loin. J'essayai de me défaire, mais en vain.
— Arghhh ! criai-je de frustration.
La porte de cette cave s'ouvrit sur Juan, un pistolet en main, les yeux cernés, et ses traits tiraillés. C'est à peine s'il était là. Il ne me regardait même pas.
— Tu as fait l'erreur de venir me parler. Tu t'es condamnée à finir comme ta mère, un dommage collatéral. Ce n'est pas contre toi, mais mon père n'a jamais tué ta mère. Ton père a menti. Et pour ça, il doit payer.
— Pourquoi toute cette mascarade alors ? Tu aurais bien pu me tuer sur cette falaise sans rien craindre. Mais tu es tellement lâche que tu ne peux même pas me regarder dans les yeux et assumer que tu es la marionnette de ton père.
Mon père se fout de ce qui peut m'arriver, et tu le sais, lui dis-je calmement.
Je le regardais dans les yeux, mais lui fuyait les miens, trop honteux pour le faire.
— Vas-y, tire.J'espère que mon visage te hantera jusqu'à ta mort.
Allez, vas-y. TIR—
Une balle.
Deux balles.
Puis plus rien.
Noir.
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Revenge
Teen FictionIl croyait avoir mis fin à l'histoire. Il n'a fait qu'écrire le prologue. Elle avait 13 ans, lui 16. Deux âmes perdues, unies par l'espoir d'échapper à la violence de leurs pères. Jusqu'au jour où sa mère fut tuée... et qu'elle apprenne que c'était...
