La cloche sonne. Il est 8h, c'est le jour de la rentrée. Ma première au lycée. Un mélange d'angoisse et d'excitation se noue dans mon ventre. Je revois des visages que je connais. Mes amies, Enola et Myrtille, que je connais depuis le collège, se ruaient vers moi.
-June, tu es là ! On t'a cherché partout ! s'exclama Enola
-Désolée...mon bus était en retard... répondis-je, le sourire aux lèvres, contente de les retrouver.
On s'approcha des listes. Je jetai un regard à l'une d'elles, la Seconde 5. Je vis nos prénoms : le mien, celui d'Enola et de Myrtille.
-On est ensemble !! hurla Myrtille
Une vague de bonheur m'envahit. Je m'apprêtais à passer une formidable année auprès de mes amies.
Ou en tous cas, c'est ce que je pensais...
Quelques minutes plus tard, nous rencontrons notre prof principale. C'était notre prof de maths, Mme Dupuis.
Elle fit l'appel, nous distribua nos emplois du temps, ainsi que nos cartes de self, également utilisées pour entrer et sortir du lycée par les portiques.
Après 1h30 d'explications sur le fonctionnement du lycée, des règles, une lecture de la charte, nous pûmes enfin sortir.
Nos vrais cours commencent demain.
À peine la sonnerie retentit que nous commencions à débriefer notre emploi du temps.
-On finit à 17h presque tous les jours... quel emploi du temps de merde ! se plaignait Enola
-Mais attends, on finit à 15h30 le vendredi ! Quelle grâce ! m'exclamais-je
-Putain, 2h d'histoire puis on enchaîne avec 2h de français le mercredi, je vais jamais tenir moi ! lança Myrtille
-J'avoue, ça va être chaud... 2h de français le jeudi matin et 2h de maths le jeudi aprem... mais les cours fonctionnent que par bloc de 2h ici ou quoi ?? dis-je, déjà saoulée.
Après de longues minutes à nous plaindre, ce fut l'heure de prendre nos bus pour rentrer.
Le mien, pour une fois, était à l'heure. Je saluai les filles, mis mes écouteurs et m'asseyait à ma place préférée ; tout au fond à gauche, à côté de la fenêtre.
Le bus démarra.
J'observai le paysage défilant sous mes yeux, avec du Radiohead dans les oreilles.
Un de mes moments favoris de la journée.
J'arrivais vite chez moi.
À peine j'ouvris la porte que mon chien me sauta dessus. Un petit westie blanc. Ses griffes s'enfoncèrent un peu sur ma peau, au dessous de mon short, ce qui me faisait grimacer. Mais comment en vouloir à une petite bouille pareille ? Je m'accroupis et le pris dans mes bras.
La fin de journée s'enchaînait vite.
Vers 21h, je me posais sur mon lit. Je continuais d'écrire un des poèmes que j'avais commencé. Mon chien sauta sur mon lit et vint se blottir à mes côtés. Je repensais à cette journée.
« J'espère que je vais bien aimer ma classe, cette année. Heureusement que j'ai mes amies avec moi ! J'espère aussi que les profs seront gentils... j'avoue que j'angoisse un peu pour les prochains jours...» pensais-je.
Vers 22h, j'éteignis la lumière, pensant m'endormir.
C'était sans compter mes pensées qui tournaient en boucle. Une armée de « et si..? » m'empêchait de m'endormir paisiblement. J'essayais tant bien que mal.
Bip bip bip.
Mon réveil sonna, me réveillant en sursaut. Je regardai l'heure sur mon téléphone. 6h30.
Je pris un petit déjeuner vite fait, et jeta un œil à mon emploi du temps : je commençais à 8h par français.
Je m'habillai, mis un simple tee shirt blanc accompagné d'un short et quelques bijoux puis sorti rejoindre mon arrêt de bus.
Je mis mes écouteurs dans mes oreilles, mis en route ma playlist et le bus arriva, presque à l'heure.
Je rejoignis ensuite Myrtille et Enola à la gare, là où nos bus s'arrêtent, puis nous montions au lycée.
-On commence par français, c'est ça ? me demanda Myrtille
-Ouais, j'espère qu'elle va être sympa...
À 8h, toute la classe était là. Nous attendions devant notre salle, la C27. Le brouhaha dans le couloir me faisait mal aux oreilles. Je sentis mes mains devenir moites.
Soudain, une silhouette apparut dans la masse.
Une femme, brune avec un dégradé blond, portant un tee shirt noir et un pantalon large rouge, se dirigea vers nous.
Elle ouvrit la porte de la salle.
Je me mis à côté de la fenêtre, au deuxième rang, comme à mon habitude. Enola se plaça à ma droite et Myrtille devant moi.
La prof se présenta. Elle s'appelait Mme Pavani. Elle commença à nous expliquer le programme de l'année.
Je ne saurais dire pour quoi, mais elle ne dégageait pas la même aura que les autres profs. Elle m'intimidait, et pas qu'un peu...
Elle nous demanda de sortir une feuille où noter nos prénoms, que nous devrons ensuite mettre devant nous, sur notre bureau.
-Pssst, t'as pas une feuille ? me lança une fille derrière moi.
-Heu..si, attends...
-Moi aussi s'il te plaît !! renchérie la fille à sa droite.
Je sortis deux feuilles de ma pochette et les tendis derrière moi.
La prof me vit. Elle s'arrêta dans sa phrase et nous fixa, fronçant les sourcils.
-Qui n'a pas de feuilles là ??
-Heu..nous deux.. mais on savait pas qu'on en aurait besoin... essayait de se défendre l'une des filles.
-DONC VOUS VENEZ EN COURS SANS VOS AFFAIRES ?? C'est le PREMIER jour et vous trouvez déjà le moyen de vous faire remarquer ! criait-elle.
Je ne savais pas que je n'étais pas visée, pourtant, mes mains tremblaient imperceptiblement.
Tout le monde se tût dans la salle.
Puis la prof reprit ce qu'elle était en train de dire.
L'heure passait lentement, même si je passais plus de temps à regarder les oiseaux voler à travers la fenêtre plutôt qu'à écouter.
Nous rencontrions par la suite de la journée nos autres profs. Mais aucun ne m'était resté en tête comme la prof de français.
« Elle m'intimide grave.. mais je l'aime bien. » pensais-je.
Ce jour-là, j'ai rencontré celle qui allait me bouleverser. Et elle ne le savait pas encore...
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Je venais pour apprendre, pas pour survivre
General FictionUne élève sensible, en galère avec sa santé mentale, se réfugie dans les cours de français... et dans le regard d'une prof qui va marquer sa vie plus qu'elle ne l'aurait cru.
