We've updated our Content Guidelines.
Review the latest guidelines to keep sharing stories safely.

Chapitre 1 : La maison des disparus

16 2 1
                                        


Camille Marchand venait tout juste d'intégrer La Tribune, un journal local réputé pour ses enquêtes fouillées. Mais pour l'instant, elle n'était rien d'autre qu'une novice, une apprentie encore invisible aux yeux de ses supérieurs. On lui confiait les tâches ingrates, les dossiers « sans intérêt », et surtout les terrains les plus risqués où personne ne voulait s'aventurer.

Ce matin-là, dans le bureau exigu où elle travaillait, le rédacteur en chef la convoqua avec un mélange de lassitude et de défi. « Camille, j'ai une enquête pour toi. Une vraie, cette fois. »
Il lui tendit un dossier à l'aspect poussiéreux, comme si on l'avait oublié sur une étagère depuis des mois.
« Une maison abandonnée, à la périphérie de la ville. Trois personnes ont disparu là-bas, sans aucune trace. Pas un mot dans la presse, personne n'ose s'approcher. C'est dangereux, et je compte sur toi. »

Camille sentit une pointe d'excitation mêlée à de l'appréhension. Elle avait hâte de prouver sa valeur.

Quelques heures plus tard, la pluie fine de début d'automne ruisselait sur son imperméable alors qu'elle s'approchait de la maison. Une bâtisse isolée, entourée d'arbres noirs aux branches noueuses, comme une silhouette figée dans le temps. Contrairement à ce qu'elle imaginait, la porte d'entrée s'ouvrit sans résistance, grinçant doucement.

Elle pénétra dans un hall étonnamment propre, presque soigné. Pas une trace de poussière, pas un meuble renversé. L'air avait ce parfum ancien, mêlé à une odeur plus subtile, comme un mélange de bois ciré et de fleurs fanées.

Camille avança, l'œil vif, son carnet prêt à noter le moindre détail. Les rumeurs semblaient fausses, ou alors quelqu'un vivait là, malgré tout.

Un bruit soudain la fit sursauter. Des pas, légers, venant de l'escalier. Son cœur battait plus vite. Elle ne voulait pas être prise au piège.

Sans réfléchir, elle se précipita dans la pièce la plus proche : une vaste bibliothèque où les livres s'alignaient parfaitement, sans poussière sur les tranches. Instinctivement, elle se plaqua contre l'étagère, espérant se cacher.

Mais à ce moment précis, un craquement sourd retentit. L'étagère vacilla puis bascula brusquement vers elle.

Dans un réflexe salvateur, une main ferme la rattrapa par le bras, tandis qu'une silhouette masculine se plaçait devant elle, retenant de toutes ses forces le poids de la bibliothèque.

Camille leva les yeux et découvrit un homme d'une beauté saisissante : grand, cheveux noirs légèrement ondulés, yeux d'un bleu profond, presque hypnotiques. Son expression mêlait urgence et calme absolu.

« Ça va ? » demanda-t-il, sa voix grave vibrante de sincérité.

Tétanisée par la surprise et la peur, Camille ne répondit pas. Sans attendre, elle se dégagea et courut vers la sortie, le souffle court.

Mais alors qu'elle traversait le couloir, elle heurta violemment trois autres hommes. Ils étaient là, immobiles comme des statues, et tout aussi beaux, avec ce même regard intense et fascinant.

Pris de panique, Camille sentit le sol se dérober sous ses pieds. Sa vision se brouilla, les sons s'éloignèrent, et elle s'effondra, inconsciente.

Les roses de la nuit éternelleStories to obsess over. Discover now