L'appel de l'océan

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L'été s'annonçait parfait. Sur la côte basque, le soleil cognait fort, le sable brûlait sous les pieds et l'air sentait le sel et la liberté. Pour Gauthier, 17 ans, blond aux yeux bleus éclatants, il n'y avait pas de meilleur endroit que l'océan. Son monde se résumait aux vagues, aux marées et aux longues soirées sur la plage avec son groupe d'amis surfeurs.

Ce matin-là, comme chaque jour, il s'élança dans l'eau avec sa planche. Il attendit la bonne vague, pagailla, puis se leva d'un mouvement fluide. Il glissa sur la surface de l'eau avec une aisance naturelle, le regard rivé sur l'horizon.

Lorsqu'il revint sur la plage, essoufflé mais euphorique, son attention fut attirée par une fille assise seule sous un parasol. Elle avait de longs cheveux châtains qui ondulaient sous la brise et un livre posé sur ses genoux. Ses lunettes de soleil masquaient son regard, mais elle dégageait une aura intrigante, comme si elle appartenait à un monde à part.

Curieux, Gauthier s'approcha, sa planche sous le bras.

— Tu lis quoi ? lança-t-il d'un ton léger.

La fille releva la tête, visiblement surprise qu'on l'aborde.

— Les Hauts de Hurlevent, répondit-elle en refermant lentement son livre.

Gauthier haussa un sourcil.

— J'suis pas un expert en bouquins, mais ça a l'air bien
.

Elle sourit.

— Et toi, t'es un expert en quoi ?

Il désigna l'océan derrière lui.

— En vagues.

Elle pencha la tête, intriguée.

— Un surfeur, donc.

— Gauthier, précisa-t-il en tendant la main.

— Léna.

Il observa ses doigts fins serrer brièvement les siens.

— Alors, Léna, qu'est-ce qu'une fille comme toi fait toute seule sur la plage avec un livre aussi dramatique ?

Elle baissa légèrement ses lunettes de soleil et planta son regard noisette dans le sien.

— J'aime observer les gens. Imaginer leurs histoires.

— Et moi, j'ai quoi comme histoire ?

Elle tapota son menton, faussement songeuse.

— Un gars qui passe ses journées dans l'eau parce qu'il fuit quelque chose...

Il éclata de rire.

— Pas mal, mais complètement faux. Je surfe parce que j'aime ça. Pas de drame, juste l'océan et moi.

Elle haussa un sourcil.

— Tout le monde fuit quelque chose.

— Peut-être. Mais au lieu de fuir, tu devrais essayer d'affronter l'océan, toi aussi.

Elle sourit, amusée.

— Tu proposes de m'apprendre ?

— Si tu me parles de ton livre en échange.

— Marché conclu.

VAGUES ET ÉTINCELLES ! Where stories live. Discover now